NOTICE SUR JOLES MOHL. \\V
DMnbre d^inscriptions assyriennes, copiées par Flandîn et Coste, étaient publiées en 1844, aux frais du gouvernement français. Nombre d'ouvriers étaient à l'œuvre, sinon pour déchiffrer les inscriptions, du moins pour dresser la liste des caractères, qui, dans l'alphabet assyrien et babylonien, montait à plusieurs centaines au lieu des trente-trois consonnes et voyelles des Perses ; à trouver dans les lignes répétées les lettres qui pouvaiept se remplacer les unes par les autres, à déterminer les caractères qui étaient idéographiques, syllabiques ou' phonétiques, bref à opérer un triage préliminaire et à introduire un certain ordre dans ce chaos de clous et de coins. On sentait que tout assaut serait prématuré tant que l'inscription de Behistun ne serait pas devenue publici juris. On savait que le colonel Rawlinson avait copié quatre cent cinquante lignes de texte perse, contenant probablement dix fois autant de mots que toutes les autres inscriptions perses réunies. Coste et Flandin avaient été sur les lieux, avaient pris avec soin des dessins des sculptures de Behistun, représentant Darius avec les rois captifs devant lui, protégé par Auramazda, le Ahuramazda de l'Avesta, l'Ormazd des Perses. Mais ils avaient laissé, sans en prendre copie, la partie la plus importante du monument, les inscriptions.
L'année suivante, 1845, on apprend que le premier palais complet vient d'être déterré. Botta avait alors sous ses ordres deux cents ouvriers, appartenant principalement à ces malheureux Nestoricns échappés aux
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massacres des Kurdes. Il avait dégagé deux mille mètres de mur, couverts d'inscriptions et de bas-reliefs; Flandin dessinait cent trente bas-reliefs, Botta copiait deux cents inscriptions. Les plus frappants spécimens de la sculpture assyrienne descendaient le Tigre, et étaient déjà arrivés à Bagdad, en route pour Paris. Il ne restait qu'à empaqueter avec soin les deux grands taureaux gigantesques et deux statues d'hommes étranglant un lion dans leurs bras. On attendait Botta à Paris, et tout son musée allait bientôt suivre ^ aussitôt que le cours du Tigre, alors trop bas, le permettrait.
Le meilleur historique de ce qui avait été feit jusqu'en 1845 pour la découverte des antiquités de la Mésopotamie, se trouve dans les « Lettres de M. Botta sur ses découvertes à Khorsabad près de Ninive, publiées par M* Mohl, Paris, 1845. » Nous ajouterons qu'en ce moment Westergaard publiait son premier essai sur les inscriptions médiques^ et que les papiers du colonel Rawlinson, contenant le texte perse de Behistun au complet, un tiers environ du texte médique et le dixième du texte babylonien, étaient dans les mains de M. Norris, l'infatigable secrétaire de la Société royale asiatique de Londres.
En 1846 M. Layard entre en scène. Attiré par la renommée des découvertes de Botta, il se met à l'œuvre à Ninive, dirigeant les fouilles avec cette énergie, cette décision et ce discernement dont il a donné depuis d'autres preuves. Il y avait assez à découvrir pour la France et pour l'Angleterre, plus même qu'il ne fallait pour l'une et