‹ Vingt-sept ans d'histoire des études orientales;Chapitre 25 sur 112 · Paris, chez Didol. 1840. In-8o · texte numérisé non relu

Paris, chez Didol. 1840. In-8o

(ludion du récit d'Ibn Khaldoun, et raccompagne de notes rirées surtout de Nowa!ri et d'Ibn ai-Athir. Les Aglabitej, après avoir gouverné la partie orientale de la côte de Barbarie pendant tout le m" siècle, furent dépossédés par la dynastie des Fatimites, qui occupa à son tour, pendant près de trois siècles, la plus grande partie du Maghreb. M. Nicbolson a publié, à Tûbingen', la traduction anglaise de l'histoire de l'établissement de cette dynastie, tirée d'un manuscrit de la bibliothèque de Gotha, faussement attribué à Masoudi. L'ouvrage de l'auteur inconnu parait avoir servi de base au récit tant de Nowairi que d'Ibn Khaldoun, et il entre dans plus de détails que ces deux auteurs n'en ont donné sur ce grand événement de l'histoire du Khalifat ; événement qui a menacé Texistence de l'empire arabe, et auquel l'Europe est peutêtre redevable d'avoir échappé à une conquête musulmane.

Le gouvernement français a bien senti l'importance de 1 histoire du nord de l'Afrique, et a fait, depuis plusieurs années , des efforts pour se procurer tous les moyens de l'éclaircîr. Il a attaché, avec raison, beaucoup de prix à la partie du grand ouvrage d'Ibn Khaldoun qui traite, sous le titre de THistoire des Berbers, de tout ce qui regarde le Maghreb dans le moyen âge. Il a chargé M. de Slane de la publication de ce travail important, qui sera imprimé à Alger et formera deux gros volumes contenant le texte d'Ibn Khaldoun, une traduction française et un commentaire historique. L'éditeur a réussi à rassembler un nombre suffisant de manuscrits, et la complaisance inépuisable de M. Weijers a mis à sa disposition les manuscrits de la bibliothèque de Leyde. L'impression de l'ouvrage est commencée, et tout fait espérer que cette belle entreprise sera menée à fin aussi rapidement que possible.

M. Cureton, conservateur des manuscrits du Musée britan-

1. An Account of the eMtàblùhment of the Fatimiie dynastie in A fric by John Nichobon. Tubingen and BriBiol, 1840. In-S».

pique, a commencé Timpression de THistoire des religions, par Scharistani, écrite au commencement, du vi* siècle de rhégire. Les travaux de Pococke et de Hyde avaient depuis longtemps rendu célèbre cet ouvrage, qui traite successivement des sectes musulmanes orthodoxes et hérétiques, des écoles philosophiques, des sectes persanes et des Sabéens, des superstitions des anciens Arabes, et qui contient surtout, sur ces derniers sujets, une foule de faits que Ton chercherait en vain autre part. C'est un des ouvrages arabes qui dans notre temps, où rhistoire des religions est devenue l'objet de tant de travaux, excitera le plus vivement l'intérêt du public, et l'on ne peut que féliciter la Société pour l'impression des textes orientaux, aux frais de laquelle cette édition se fait, d'avoir si bien choisi le commencement de ses publications. L'intention de M. Cureton n'est pas de donner une traduction, mais il se trouve heureusement que M. Schmœlder de Bonn s'est occupé, depuis quelques années, de préparer, d'après les manuscrits de Paris, une édition et une traduction du même ouvrage. Il est possible que l'entreprise de M. Cureton le détermine à renoncer à l'impression du texte, mais elle lui fournira, en revanche, de nouvelles facilités pour la traduction. M. Schmœlder est particulièrement préparé à un travail de cette espèce par les études quMl a faites sur la philosophie arabe, dont il a donné une première preuve dans ses Docunienla philosophiœ Arabum, Bonn, 1836. Il nous promet un nouvel ouvrage du même genre, qui doit contenir quelques mémoires sur la philosophie des Arabes, précédés par un traité de Ghazali. Ce travail a reçu l'approbation de l'Académie des inscriptions, qui l'a recommandé à M. le ministre de l'instruction publique, pour être compris parmi les ouvrages encouragés par le Gouvernement français.

M. Dernburg prépare une édition du Tarifât de Djordjani, qu'il accompagnera d'une traduction française et d'un commentaire. Le Tarifât est un dictionnaire de termes techniques de grammaire, de philosophie et de théologie, et vous savez

ANNÉE ISIO-imt. 17

lûus combien H. de Sacy faisait cas de cet ouvrage. M. Dernkrg prend pour base de la rédaction du texte Tédition de CoRstantiDople collationnée avec les manuscrits de Paris. Je devrais encore vous parler de Touvrage d'Ibn al-Beithar sur la médecine arabe, que M. de Sontheimer traduit en allemand, et dont le premier volume a paru à Stuttgart; mais ce livre important n'est pas encore arrivé à Paris.

Les dialectes sémitiques ont fourni, cette année, un sujet k oouvelles et curieuses études. Tout le monde sait que, quand on monte du golfe de Suez au mont Sinal, on peut wre plusieurs vallées collatérales qui coupenf le pied de la nioQtagne et qui toutes portent, sur les parois des rochers qu'elles traversent, des inscriptions qui n'avaient pas encore été déchiffrées. Une de ces vallées en est tellement remplie, quelle a reçu le nom de tvadi mokatteb, « la vallée couverte d'écritures >. Un grand nombre de ces inscriptions ont été publiées dans différents ouvrages, et M. Béer, à Leipzig, qui s'éuit déjà distingué dans d'autres branches de paléographie orientale, a entrepris de les déchiffer. Il vient de faire imprimer i«i première partie de ce travail, qui forme le troisième cahier de ses Siudia asiatica \ et les résultats auxquels il est arrivé sont que ces inscriptions datent du iv* siècle, qu'elles sont écrites dans un alphabet et dans un dialecte sémitiques, et qu^elles sont l'œuvre des Nabatéens.

Quant à la littérature persane, il n'est venu à ma connaissiuice qu'un seul ouvrage qui lui appartienne. C*est une tra* duction allemande du Gulistan de Sadi, que M. Wolff' vient de publiera Stuttgart et dans laquelle il a rendu ce gracieux livre d'une manière élégante et fidèle. D'autres ouvrages sont

1. Studié êiiaiica. edid. Becr. fasc. III. LcipkÎK, i^HO, In-4". {Les doux i'n'niiers cahiers de Touvragc n*ont pas paru, et fauteur est nfialheureuse- 'A^nlmori depuis la publication de ce travail, qui n'est pas achevé.)

S. SadCg Rasengarteny Ubersetzt durch Dr. Ph. ^olff, Stuttgart, 1841»

Ml

commencés ou annoncés. Votre confrère M. Troyer a mis sous presse une traduction anglaise d'un ouvrage qui excite depuis longtemps la curiosité des savants, le Dabistan. C'est une histoire des religions, écrite du temps d'Akbar par un guèbre converti à Tislamisme et nommé Mobed Schah. L'intention de l'auteur parait avoir été de fournira Âkbar une base prétendue historique pour la religion que cet empereur avait inventée et qu'il voulait introduire. C'est pourquoi l'auteur commence par un chapitre très-long, qui traite de la religion des Mahabadiens et qui n'est qu'un tissu de fables incohérentes. Ensuite il entre sérieusement dans son sujet et traite des religions*persane, indienne, juive, chrétienne et musulmane; des illuminés, des sofis et de quelques autres sectes. On ne peut se servir de cet ouvrage qu'avec une certaine méfiance, mais il contient, sur des sectes obscures, une infinif*'* de détails qui serviront un jour à compléter l'histoire des religions. Sir William Jones a été, je crois, le premier qui en ait parlé; Gladwin a publié dans le New Asiatic MisceUany, le premier chapitre de l'ouvrage avec une traduction; Leydeii a traduit, dans le neuvième volume des Recherches asiatiques, le chapitre qui traite des illuminés, et le texte de l'ouvrage entier a été publié à Calcutta en 1809. Le comité des traductions avait chargé H. Shea de le traduire; mais, le traducteur étant mort avant d'avoir fait beaucoup de progrès dans ce travail, M. Troyer a entrepris de l'achever et de le publier.

La Société anglaise pour la publication des textes orientaux annonce trois ouvrages persans dont elle fait préparer de^ éditions. Le premier est le Kharnseki-Nizami, c'est-à-dire là collection des cinq poèmes, moitié épiques, moitié romanes^ ques de Nizami dont, jusqu'à présent, un seul, le Sekander^ Namehy a été imprimé. Le second est le Youssouf et ZauleiÀ kha de Firdousi, que M. Morley va publier. C'est le dernier ouvrage de Firdousi, composé par lui pendant sa fuite. C€ livre passait pour perdu et n'a été retrouvé qu'il y a peu d'années par M. Macan. Le troisième est l'Histoire de l'Indej

ANNÊK 18M-I84I. 19

(|oi fait partie du grand ouvrage de Rasebid*eddin. Vous sa- Tfz qoe Rascbid-eddin avait fait déposer dans un certain nombre de bibliothèques des exemplaires de son ouvrage ; ï. Moriey a eu le bonbeur de découvrir un de ces exemplaires authentiques. Il se propose d'en publier la partie qui traite de l'histoire de l'Inde, et qui est une de celles qui manquent dans les manuscrits de Raschid-eddin qui se trouvent dans les bibliothèques du continent.

Ctsi peut-être ici l'occasion la plus naturelle de faire mention d'un ouvrage remarquable qui doit ce qu'il contient *ie plus neuf et de plus important aux historiens persans que l'auteur a mis à contribution : c'est l'Histoire de 1a Horde 'l'or'parM. HammerdePurgstall. On sait que la Horde d'or a dominé en Russie pendant plus de deux siècles et qu'elle a exercé l'influence la plus grande sur la formation et le sort de l'empire russe; mais on manquait jusqu'à présent d'une histoire détaillée et particulière de cette branche importante de l'empire mongol. H. de Hammer a rempli cette lacune par un ouvrage où il a déployé toute l'étendue de son savoir et dans lequel, non content de suivre l'histoire de la Horde d'or 'depuis son origine jusqu'à la destruction de l'empire qu'elle avait fondé, il a trouvé moyen d'ajouter, sur l'histoire générale des Mongols et sur l'administration de leur empire, de nouvelles et importantes données, parmi lesquelles le lecteur distinguera certainement le tableau de l'organisation de la cour mongole, qui remplit le livre y, et la collection des lettres-patentes adressées à un nombre considérable d'officiers <^rils et militaires mongols. L'auteur se propose de poursuivre ce sujet et de publier prochainement une histoire des Mongols de Perse, pour laquelle il a depuis longtemps amassé des malêfiaux. *

^e ne puis quitter la littérature musulmane sans dire un mot

1- Geschichte der goldenen Horde in Kiptschakdas i$t der MongoUn in ^Vikni, Ton Hammer Purgstall. Pestli, 1840, in-S*.

20 YliNGT-SEPT ANS D'HISTOIRE DES ÉTUDES ORIENTALES.

du Dictionnaire français-turc que le prince Handjeri publie à Saint-Pétersbourg, et dont le premier volume a paru. (L'ouvrage entier se composera de trois volumes grand in-i*.) Les personnes les plus versées dans la langue turque s'accordent à reconnaître le grand mérite de ce beau travail, qui forme la traduction complète du Dictionnaire de l'Académie française. Cet ouvrage est destiné plus particulièrement aux Turcs qui étudient le français, tandis que le Dictionnaire français-turc que M. Bianchi publie à Paris, et dont l'impression sera achevée avant peu, parait composé surtout pour les besoins des Européens qui apprennent à parler et à écrire le turc.

En nou^ tournant vers l'Inde, nous trouvons le quatrième volume du McJiabharatf qui était annoncé l'année dernière, et qui est, depuis ce temps, arrivé en France. Il contient la fin du texte du Mahabharat même et la continuation de cette grande épopée qui est connue sous le titre de Harivansa, Cette édition restera comme un des plus beaux souvenirs de la libéralité de M. Prinsep, sans lequel elle n'aurait pas pu paraître. Il faut espérer que la Société asiatique de Calcutta n'a pas renoncé au projet de compléter son œuvre par un index onomastique, qui rendrait facile l'usage de cet immense dépôt de traditions indiennes.

Les Yédas, que l'on ne connaît aujourd'hui que bien imparfaitement par le mémoire de Colebrooke et parle premier volume du Rig Véda de Rosen, sont dans ce moment, de tous les côtés, l'objet des travaux des indianistes. Le comité des traductions a accepté l'offre, que lui a faite M. Stevenson de Bombay, de publier une traduction du Sama Véda qui, dans les cérémonies brahmaniques, parait occuper à peu près la place qne le missel occupe dans le culte catholique. H. W ilson prépare pour la Société des textes, une édition des hymnes du Rig Véda, et M. Mill publie, pour la même Société, le texte des prières et des hymnes du Yadjur Véda. Ces hymnes forment le véritable corps des Védas ; ils sont, pouc

ANNÉE f840-lftil. SI

ainsidire^de formation primitive et offrent les premiers germes des idées par lesquelles la race indienne a exercé, depuis ce temps, ane si grande influence sur le développement de Tesprit humain. Plus tard on a ^attaché à chacun des Védas un certain nombre d'UpaniêchadSj qui sont des appendices contenant, tantôt des commentaires aux hymnes, tantM une exposition dogmatique des doctrines des Védas; c'est le premier résultat du besoin que l'esprit éprouve de réduire en système la tradition religieuse. Vous tovez que M. Poley a commencé, à Paris, il y a quelques années, une édition lithographiée des Upanischads, que son départ pour Londres l'empêcha d'achever; il s'est déterminé à refondre son travail et annonce maintenant une édition du Vrikadaranyaka, qui est un des Upanischads du Yadjur Véda. L'impression .de cet ouvrage est commencée et se fait aussi aux frais de la Société des textes.

Les drames indiens, sur lesquels les travaux de Jones et de Chézj, et surtout ceux de M. Wilson, ont appelé si vivement l'attention, ont donné lieu à diverses publications. Il a paru à Calcutta une nouvelle édition de Sacuntala par les soins de Prêma Tchandra, professeur de rhétorique au collège sanscrit de Calcutta ; elle ne contient d'autres additions au texte que la tradnclion sanscrite des passages écrits en prakrit, et parait élr.' destinée aux indigènes du Bengale, à en juger par l'cm* ploi du caractère bengali. M. Bœhtiingk, à Bonn, promet, de son côté, une nouvelle édition du même drame d'après les manuscrits de Londres, qui diffèrent considérablement, et dans des passages importants, du texte de Chézy. Cette édition doit être accompagnée d'une traduction latine et de notes. Un autre drame, qu'on attribue, probablement à tort, comme tant d'autres poèmes, à Kalidasa, auteur de Sacuntala, vient d'être publié à Bonn par H. Tullberg ; c'est le Malavica et Agnimitra ^ H. Tullberg n'a fait paraître, jusqu'à présent, que le

1. Malavica et Agnimitra edidit Fr. 0. Tullberg. Fasciculus prier textum unscrilam tencns. Bonn, 18iO, in-i«.

n VINGT-SEPT ANS D'HISTOIRE DES ÉTUDES ORIENTALES.

texte et les variantes; ii promet une traduction latine et des notes. Un troisième ouvrage, attribué à Kalidasa, le Meghaduta, dont H. Wilson avait déjà publié une édition et une traduction anglaise fort élégante, a été réimprimé à Bonn par M. Gildemeister, qui a ajouté, dans le même volume, un petit poème erotique intitulé Sringari-Tilaka. Ces deux textes sont suivis d'un lexique complet. Raja Kalikrishna annonce à Calcutta une édition et une traduction anglaise du Maha-Nataka^ c'est-à-dire, du grand dranie. C'est un récit semi-dramatique des événements racontés dans le Ramayana, qui n'est, jusqu'à présent, connu en Europe que par une courte analyse de M. Wilson. Ce poème jouit dans l'Inded'une grande popularité et passe pour être l'œuvre du singe Hanoumau. H. Hœfer a publié à Leipzig un petit volume renfermant une première série de traductions de poèmes indiens, dont il imite le mètre en allemand. Au reste toutes les pièces de ce recueil étaient déjà connues par des traductions en prose.

La grammaire indienne a été l'occasion de plusieurs travaux, dont le plus considérable est le second volume de l'édition de Panini S par M. Bœhtiingk, que des tables rédigées par l'éditeur rendront d'un usage commode. M. Ilœfer a publié une Dissertation sur l'infinitif en sanscrit', considéré à la fois sous le point de vue de la grammaire comparative et sous celui de la syntaxe. M. Westergaard a fait paraître la seconde partie de ses Racines sanscrites^ : les progrès que la littérature indienne a faits depuis l'impression des Radiées de Rosen ont permis à M. Westergaard d'étendre le plan et de remplir plus complètement le cadre tracé par Rosen. Enfin M. Johnson a publié à Londres le premier livre de rHitopadesa, suivi d'un index

1. Panini, acht Bûcher grammatischer Regeltit lierausgegeben von Dr. BœhUingk. 2 vol. In-8o, Bonn, 1840.

2. Vom infinitiv besimderi im San^arit, von Dr. A. Hœfer. Beriin, t&iO, in-8-.

3. Radiceê linguœ iittucritœ defimvit Mie. L. Weslernard. Bonn, fait, in-4*.

ANN&E 1840-1841. t3

gramuiaiical de tous les mois. Ce IWre est destiné auxcommen-

(aots.

Les controverses religieuses qui, de tout temps, ont été agitées dans Flnde, et qui, par le contact avec les Européens, ont recommencé, surtout à Bombay, avec une nçuvelle ardeur, ont donné lieu à des publications curieuses; mais il n'y en a que deux sur lesquelles je puis offrir quelques indications. La première est un ancien traité sanscrit intitulé Wajra Sontchi^f composé par un bouddhiste nommé Aswa Goscha, qui y attaque l'institution des castes brahmaniques. M. Wilkinson, agent politique dans le Bhopal, le découvrit et voulut le faire imprimer pour battre en brèche les castes ; mais le pandit Soubaji Bapou, qu'il employa pour cela, le supplia tant, qu'il lui permit d'y ajouter une réfutation intitulée Tanka^ écrite aussi en sanscrit ; et c'est ainsi que ce petit volume a |»ru à Bombay. La seconde publication Ihéologique est le Ta'limi Zerdouschty par un mobed parsi nommé Dosabhaî. Cet ouvrage est composé en guzzarati et imprimé à Bombay; il contient une défense des doctrines de Zoroastre contre les attaques des missionnaires américains, et une réfutation du christianisme, dans laquelle le mobed s'appuie sur les arguments de Voltaire contre les doctrines catholiques.

Il est assez rare, lorsque les progrès d'une science sont très-rapides, qu'il se trouve un savant qui veuille publier un ouvrage général représentant l'état de cette science au moment où il s'en occupe. Cette répugnance est assez naturelle, parce qu'on sait que le travail qu'on entreprend sera bientôt dépassé ; mais les ouvrages de ce genre n'en sont pas moins utiles, non-seulement au public en général, mais aux savants eux-mêmes, auxquels ils présentent le compte du passé et

1. The Wi^ra Soochi or Réfutation 0/ the argumenté upon which the Brthnumkal inititution of coite is founded, by the leamed BoodhiH A^hwa Choûnu. Alto the Tunku by Soobiyee Bapoo, being a reply to the Wi^ra Soochi, 1839, in-8*. (Imprimé à Bombay, mais sans nom de lieu.)

rindication des lacunes qui existent et qu'ils sont appelés à remplir. C'est ce service que M. Benfey, à Berlin ^^ a rendu aux études indiennes, en relevant et en combinant les renseignements les plus positifs que Ton possède jusqu'à présent sur la géographie, l'histoire et la littérature de l'Inde ancienne. On remarque dans son travail consciencieux des recherches intéressantes sur l'étude de l'ancienne navigation des Hindous, sur l'importance deTétude du bouddhisme pour l'histoire de l'Inde, etc., et personne ne consultera sans fruit cet ouvrage.

La littérature chinoise n'a pas donné lieu à un grand nombre de publications. M. Pauthier a réuni et publié dans un volume compacte, et sous le titre de Livres sacrés de VOrient^, une collection d'ouvrages sur lesquels sont basées la religion et la législaticm de quelques grandes nations de rOrient. Ce volume contient le Chovrking dans la traduction de Gaubil, revue par l'éditeur d'après le manuscrit de Gaubil même ; les quatre Livres moraux de l'école de Confucius, traduits par M. Pauthier; les Lois de Hanou d'après la traduction de Loiseleur, et enfin le Koran, traduit pat* votre confrère M. Kasimirski de Biberstein. Ce volume est destiné à rendre plus accessibles au public quelques-uns des ouvrages les plus fondamentaux de l'Orient, et il fournit luimême la preuve que Tintérôt se porte de ce côté, car la traduction du Koran de M. Kasimirski, qu'il contient, en est déjà à sa seconde édition depuis un an, et l'impression d'une troisième est commencée. M. Pauthier s'est aussi occupé d'une nouvelle édition de la traduction des Livres moraux des Chinois, qui se trouve dans le volume dont je parle; et il vient, en outre, de publier des Documents statistiques sur l'empire de la Chine, traduits du chinois'. Ils sont tirés de la statis-

1. Indien^ von Th. Benfey. Leipzig, iStl, in-4'. (Tiré à part de TEncyclopédic d'Ersch.et Gruber.)

2. Le« lÀvre» iacré$ de l'Orient, traduits ou revus et publiés par M. Pauthier. Paris, ISiû, in-S».

Page 1