‹ Vingt-sept ans d'histoire des études orientales;Chapitre 26 sur 112 · Paris, 1841, in · texte numérisé non relu

Paris, 1841, in

liquc officielle intitulée Tai-tsing-hoei-tien, et donnent en détail les états de la population et des impôts de chaque province.

M. Bazin annonce la publication prochaine d'un ouvrage fait pour piquer viyement la curiosité du public ; c*est la tra- (laction complète du Pi-pa-ki^ drame en vingt-quatre tableaux, écrit sous la dynastie des Youen, dans le xiv° siècle, par Kao-tong-Kia. Tsaï-yong, le héros du drame, est un personnage historique qui fut président du tribunal des historiens au commencement du m' siècle de notre ère. C'est un de ces lettrés tels que l'histoire de la Chine nous en montre souvent, et qui ont porté Thérolsme civil au plus haut degré, car il mourut de chagrin, dans sa prison, parce que Tempereur ne lui permettait pas d'achever l'histoire de la dynastie des Han. Le Pi'pa-kiy au reste, ne s'occupe pas de celte catastrophe, mais il nous représente Tsaï-yong dans sa jeunesse. Les critiques chinois ne trouvent pas assez de paroles pour vanter Tèlégance et les mérites variés de ce drame, qui, à leurs yeux, a*a d'autre rival que le Si-siang-ki; et ils le placent encore au-dessus de ce dernier ouvrage, parce qu'ils trouvent, dans le Pi'pa-kif à côté de beautés poétiques égales, un but moral plus pur. Quelle que soit la valeur qu'on assignera en Europe au Pi-pa-ki considéré comme ouvrage d'imagination, il est incontestable qu'elle doit être très-grande si on le prend comme un tableau des mœurs des Chinois au xiv® siècle.

Autour des quatre grandes littératures arabe, persane, indienne et chinoise, se groupent les littératures des autres peuples orientaux qui n'ont pas formé eux-mêmes des foyers de civilisation y et ont emprunté leurs idées à une ou à plusieurs de ces grandes nations. On ne peut donc pas s'attendre à trouver, dans ces littératures secondaires, aucun de ces ouvrages fortement empreints d'un esprit original qui font époque dans l'histoire de l'humanité, et on ne peut pas espérer de les vbir cultiver par un grand nombre de savants. Hais il est à désirer

qu'elles lie soient pas tout à fait délaissées, et que les besoins de Tadministration, les rapports commerciaux, l'enthousiasme d'un missionnaire ou le zèle d'un homme de lettres, les tirent peu à peu de leur obscurité et rendent accessibles à l'historien les faits qu'elles peuvent fournir : car presque chacun de ces peuples possède des chroniques plus ou moins importantes, selon le degré d'influence dont il a joui ; la plupart ont une poésie populaire, et leurs ouvrages de théologie et de belleslettres montrent, au moins, jusqu'où s'est étendue l'influence des nations auxquelles ils ont emprunté leurs idées et leurs formes d'art; les grammaires et les dictionnaires de leurs langues sont indispensables pour l'ethnographie et fournissent des faits historiques sur lesquels les chroniques se taisent; enfin, chacune de ces littératures a son importance et remplit un coin dans le tableau général de l'Orient.

Plusieurs de ces langues ont donné lieu à des publications pendant l'année dernière. L'étude de la langue géorgienne, que la Société asiatique a été la première à provoquer, a pris maintenant racine en Russie, où est son terrain naturel, et où elle pourra prospérer sous l'influence des besoins de l'administration. M. Brosset a publié, sous le titre de Matériaux pour sertir à l'histoire de la Géorgie *, une nouvelle rédaction de la traduction de la Chronique géorgienne, dont la première édition a paru, il y a quelques années, aux frais de la Société asiatique.

M. Tchoubinof, employé aux aflaires étrangères, à Saint- Pétersbourg, et Géorgien de naissance, a fait paraître un Dictionnaire géorgien-russe-français *, qui est infiniment plus riche que les vocabulaires qu'on possédait jusqu'à présent. La base de ce dictionnaire est celui de Soulkhan Saba, qui passait en Géorgie pour le meilleur, et il contient, avec les

1. Tiré des Mémoires de TAcadémie de Saint-Péterscourg, 1840, in^*.

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