‹ Vingt-sept ans d'histoire des études orientales;Chapitre 30 sur 112 · VINGT-Î · texte numérisé non relu

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est de pro' l'école de tronomi' reçu le part ('

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^^pSS ORIENTALES.

^fOi^^^y et destiné aux Euro- ^ ^/'^^^te du nord de rAfrique.

gf^'^'^ef'^'^'^iàe Biberstein, a commencé >/''^J^p>^/^ arabe-français* qui conlien-

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et

'^^^■fitii^pi^^ifi-^^ tout ce qui est indispensable

tC^^Ji'^'^J'r^^'^^'^teites arabes anciens et modernes.

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jr^' /'//f^{âi^f^'!„ fiuide français- arabe ', en forme de

^B^^t^^U^^^ '^ explique les mots et les phrases

it^Jf^^ 'T^y^^® ®^ ®^ Égyple- M. Berggren n'est pcut-

i/'^'^^V'^* ^/liJologue pour faire un dictionnaire parfait,

/^^^-•i5 '^^!^ffe donne, néanmoins, plus que n'en promet le

^"^5<;/' ^''.gflt beaucoup de termes techniques et une quan-

'L. /' ^^^jgûements sur les mœurs et la géographie, qu'on

^y/^(/^^jjen vain autre part. Ainsi, on trouve sous le mot

cM^ l2i description de tous les mets arabes ; à propos des

(^^^''■/^f^raireSy Syrie^ désert et autres, il entre dans de long

'Is géographiques ; il ajoute, de plus, à la fin, un droguier

i étendu et que Ton consultera avec fruit en le comparant

f!;elui 4^^ ^* ^^ Sontheimer a inséré à la fin de sa traduction

.f^yjcenue dont je viens de parler. Enfin, il se prépare au

Csiire deux grands ouvrages lexicographiques. L'un est une

réimpression du Kamous; l'édition de ce dictionnaire, publiée

à Calcutta, est devenue extrêmement rare ; celle qu'on dit

avoir été lithographiée A Bombay est à peu près inconnue hors

de rinde, de sorte que la nouvelle édition qu'annonce M. Wal-

mass, au Caire % sera un grand service rendu aux savants

dialectes vulgaires africains <r Alger, de Maroc ^ de Tunis et d* Egypte sont enseignés sans maître^ par J. F. Bled de Braine. Paris, 1844, in-S**. Dondey- Duprd. (Non achevé ; l'ouvrage aura 28 feuiUcs.)

1. Dictionnaire arabe- français, par Kazimirski de Biberstein. Paris, iSiS» in^S". ( Il en a paru 2 livraisons. )

2.^ Guide français-arabe vulgaire des voyageurs et des Francs en Syrie et en Egypte j par J.' Berggren. Upsal, 1844, in-4o. ( 924 p. ).

3. Celle édilion du Kamous sera imprimée à Boulak.el formera un volume in-folio. On peul souscrire chez M. Duprat, libraire à Paris. Le prix de souscription est de 75 francs.

d'Europe. M. Perron, direcleurde l'école de médecine au Caire, et dont TOUS connaissez les travaux sur les anciens Arabes, s*est chargé de la rédaction du texte, et un des plus savants scheikhs du Caire, Mohainmed-el-Tounsy, s*occupera de la révision des épreuves. Le second ouvrage lexicographique entrepris au Caire est un grand trésor de la langue arabe auquel M. Lane travaille depuis quelques années et pour lequel il s'est associé le scheikhIbrahim*al-Deisouki. La parfaite intelligence de la langue, soit ancienne, soit moderne, dont M. Lane a donné tant de preuves, fait concevoir les plus grandes espérances de ce travail.

Il me reste à dire quels sont les travaux qui, pour les autres dialectes sémitiques, ont contribué à enrichir les lettres orientales. H. Dietrich, à Marburg, a publié, sous le litre de : Mémoires surTélymologie des mots sémitiques ^ un volume contenant trois dissertations qui traitent des noms des herbes et des roseaux, des noms des parties du corps, et de ceux des racines anormales. Les principes de l'auteur, en matière d'étymologie, sont trës-sages, et il les applique avec savoir et saga-^ cité.

M. Kaempf, à Halle, a fait imprimer le texte et la traduction allemande des premières Séances du Taschkemouni de Charisi '. C'est un livre curieux sous plusieurs rapports. Jehuda^-ben- Salomo-el-Charisi était un juif espagnol du xiii* siècle, élevé dans les écoles arabes, comme tous les savants de son temps et de sa nation ; profondément imbu du goût et du savoir des Arabes, et, en même temps, jaloux de leur prééminence littéraire, il se proposa de prouver que l'hébreu était une langue aussi riche et aussi capable de se prêter à tous les besoins de la littérature que l'arabe, et il composa, sous le titre de Ta-

1. AbhaiUtlungen fur semitiêche SprachforschunQf von F.-E.-C. Dietrich. Leipiig, 1844, in-K" (350 p.).

i. Die enten Makamen am dem Tadikemoni des Chami, von D' Kaempf. Berlin, 1845, in-8» ( 180 p. ).

i70 VINGT-SEPT ANS D'HISTOIRE DES ÉTUDES ORIENTALES.

chkemouniy un ouvrage par lequel il espérait réveiller le patriolisme littéraire des juifs. Mais il était lui-même tellement SOUS le joug de Tesprit arabe, qu'il n'a su faire de sa protestation qu'un pastiche des Séances de Hariri ; il les imita avec beaucoup de bonheur, employa tous les raffinements de la langue pour égaler son modèle en jeux de mots et en traits d'esprit, et produisit un ouvrage réellement remarquable, mais bien peu propre à émanciper les juifs delà domination savante des Arabes. Le texte hébreu de cet ouvrage a été publié plusieurs fois, mais sans critique et sans commentaire. M. Kaempf donne, d'après d'anciens manuscrits, le texte de l'introduction et des premières séances, accompagné de notes et d'une traduction allemande rimée, et précédé d'une préface dans laquelle il traite de la vie de l'auteur, du genre de poésie qu'il cultivait et de la métrique hébraïque.

C'est peut-être ici que je puis le mieux placer la mention du Dictionnaire berbère ' que le ministère de la guerre fait publier et dont le premier volume a paru. On se rappelle que le gouvernement a nommé, il y a quelques années, une commission à laquelle il adjoignit Sidi-Âhmed, imam de Bougie. Cette commission trouva que les différences entre les dialectes berbères étaient assez grandes pour qu'il fût à désirer de publier un dictionnaire particulier pour chacune des grandes divisions de cette population. Le volume qui a paru contient le dialecte des Berbères de Bougie, d'Alger et de la chaîne de l'Atlas, jusqu'à Médéah. Le volume suivant parait être destiné au dialecte des Berbères de Constantinc. On ne pourra juger si ce système est réellement le meilleur que lorsque plusieurs de ces vocabulaires auront vu le jour.

Avant de quitter la lit/éralure des peuples sémitiques, j'ai à

1. Dictionnaire français-herhére, dialecte écrit et parlé par les Kahàiies de la division d'Algert ouvrage composé par ordre du ininislre de la guerre. Paris, iSU, grand in-S» (656 p. ).

dire quelques mots sar ce qui a été fait pour la publication des inscriptions himyarites de M. Arnaud. Votre conseil a iroQTé nécessaire de faire graver un caractère himyarite, et H. Lebrun, directeur de rimprimerie royale, toujours empressé de favoriser vos études^ a fait exécuter des types qui servent eo ce moment à Timpression des inscriptions. Le voyage de M. Arnaud à Hareb, qui a paru dans votre Journal ^, montre combien le Yémen est encore riche en inscriptions qui pourraient mettre la critique européenne en état de rétablir l'histoire ancienne de ce pays. Les difficultés pour les obtenir sont extrêmement grandes, mais si quelqu'un peut les vaincre, c*esl M. Arnaud, à qui ses habitudes permettent de voyager comme un Arabe, et qui, par ses anciennes relations à Sanna, est assuré d'autant de protection qu'on peut en obtenir dans ce pays presque sauvage, et nous ne pouvons que faire des vœux pour qu'il plaise au gouvernement français de le mettre en état de recommencer son exploration du Yémen. Il s'agit d'un chapitre entier, et d'un chapitre très-important, à ajouter à l'histoire ancienne.

En nous tournant vers l'Orier.t, nous trouvons toutes les questions qui se rattachent aux grands empires de la Mésopotamie et de la Perse soulevées de nouveau à l'aide de matériaux plus abondants. J'ai à peine besoin de vous rendre compte des progrès et de l'achèvement des fouilles de M. Botta ^, qui ont mis au jour tout un palais assyrien. Depuis votre dernière séance générale, les travaux ont marché avec la plus grande rapidité ; des secours plus efficaces, et la présence de M. Flandin, ont permis d'employer jusqu'à deux cents ouvriers, et vous apprendrez avec satisfaction que ces travaux ont nourri pendant une année tout ce qui restait de la tribu nestorienne indépendante que les Kurdes avaient massacrée. Deux mille

1. Voyes te Voyage de M. Arnaud, dans le Journal asiatique^ année 1815, mois de mars et d'avril.

î. Lettres de M, Botta sur ses découvertes à Khorsabad, près de Ninive^ publiées par M. HohL Paris, 1845. in-S*. (xi, 72 p. et 55 pi.)

178 VINGT-SEPT ANS D*H1jST01RE D£S ÉTUDES ORIENTALES.

mètres de murs couverts d'inscriptions et de sculptures ont été déblayés, cent trente bas-reliefs dessinés par H. Flandin,deux cents inscriptions copiées par H. Botta, et les sculptures les mieux conservées ont été embarquées par lui sur des radeaux pour descendre le Tigre jus(|u'à Bassora, où elles seront prises par une gabare de la marine royale et amenées à Paris. D*après les dernières lettres de H. Botta, tous les radeaux étaient arrivés heureusement à Baghdad, et il ne restait plus à expédier que deux taureaux et deux statues d'hommes étouffant des lions dans leurs bras. Il est à craindre que Téliagedu Tigre soit trop bas en été pour qu'on puisse embarquer avant le printemps prochain ces monolithes énormes. H. Botta va arrivera Paris, où il rédigera la description de sa découverte; les dessins des sculptures et les copies des inscriptions seront gravés et fourniront à l'étude des savants des matériaux aussi riches qu'inespérés. On ne lit pas encore les inscriptions assyriennes, mais il est permis d'espérer qu'on y parviendra à l'aide des inscriptions bilingues et trilingues de Persépolis.

Il paraît probable aujourd'hui que récriture cunéiforme a été inventée à Babylone, transportée de là à Ninive et appliquée à la langue assyrienne, puis portée, plus tard, à Ecbatane et appliquée à la langue médique, et enfin adaptée au persan, à Persépolis. Dans chacune de ces applications, cette écriture, originairement syllabique et très -compliquée, paraît s'être simplifiée petit à petit jusqu'à ce qu'elle soit devenue alphabétique à Persépolis. La nature des choses indique que, pour arriver à la déchiffrer, nous devons remonter en sens inverse, et aller du caractère le plus simple au plus compliqué. C'est cette marche qui a déjà été suivie. Depuis que M. Burnouf a rendu accessible l'ancienne langue persane, lui et M. Lassen l'ont appliquée à la lecture du caractère persépolitain, et cette branche d'études vient de recevoir de grands développements, et est sur le point d'en recevoir de plus grands encore. H. Lassen a publié les inscriptions persépolitaines ^ que M. Westergaard

i. Die altperstschen Keilinschrif ten.y on loasen. Bonn, 18i4, in-8*(188 p.)t

a rapportées de son voyage, et il les a commentées avec son savoir et sa sagacité ordinaires. Sa publication a été soumise à nne critique rigoureuse de la part de H. Hoitzmann % à Carlsnihe; malheureusement, ce travail, qui n'est pas sans mérite, est écrit avec une acrimonie qu'on ne peut voir sans regret.

On ne possède jusqu'à présent qu'une vingtaine d'inscriplions en caractères cunéiformes persépoIUains, et elles sont, en partie, frustes ou très-courtes. G*est trop peu pour pouvoir résoodre avec sécurité toutes les difficultés que présente leur (iéchiffreroent ; mais nous allons avoir prochainement l'immense inscription de Bisitoun, qui à elle seule contient, dans quatre cent cinquante lignes, autant de matière que toutes les autres réunies. M. Rawlinson, grâce à des circonstances favorables, a pu copier, il y quelques années, cette inscription, qui est ^*un accès extrêmement difficile. Il en a envoyé une copie, accompagnée d'une traduction, à Londres, où la Société asiatique se propose de la publier. Elle est l'œuvre de Darius Hystaspes, qui l'a fait graver avant son expédition contre les Scrthes, et qui y a consigné la généalogie des Achseménides, I*énamération des provinces et des mers de son empire, la liste ^t les noms des rois qu'il avait vaincus et dont on voit les figures sur le bas-relief qui surmonte l'inscription. Quelque Ki^nde que soit Timportance de ce monument pour l'histoire et la langue de la Perse antique, on pouvait espérer qu'il nous rendrait un Inimense service de plus en offrant une large base pour le déchiffremeut des autres systèmes d'écritures cunéiformes; car il se compose de trois colonnes qui contiennent le même texte en persan, en médique et en babylonien. Malheureusement, ces deux dernières ont beaucoup souffert, et M. Rawlinson n'a pu copier que le tiers de la colonne médique

Ce ménnoire forme le premier cahier du volume du Journal intitulé : ZeiU<^fift ptr die Kunde du MargenUmds.

1. Beitrwffe %ur BrUàrung der peniichen Keéliruchriflen, von A. HoitzjBMm, Cah. I. Carlsnihe» 1845, in-S* (152 p.).

elle dixième de la colonne babylonienne. Néanmoins, les cent cinquante lignes qui restent de la seconde colonne offrent encore des matériaux considérables pour le déchiffrement du caractère médique, et M. Rawlinson en a tiré un alphabet qu'il ne publie pas encore, parce qu'il n'en est pas entièrement satisfait, mais qui fournira certainement des éléments considérables pour la lecture de ce système cunéiforme. M. Westergaard imprime dans ce moment, à Bonn, un traité sur le même sujet, basé sur les inscriptions médiques qu'il a rapportées de ses voyages. Chaque pas qu^on fera dans celte direction rapprochera le moment où l'on pourra aborder la lecture du caractère assyrien; c'est un problème des plus difficiles à résoudre, et qui défiera peut-être encore longtemps la sagacité des savants, mais qui est d'un intérêt extrême à cause de l'antiquité et de la quantité des inscriptions assyriennes que nous devons à Schulz et à H. Botta.

L'étude du zend a fait quelques progrès. La Société asiatique de Bombay a continué son édition duZend^Avestaen caractères guzarati, et nous en a envoyé trois nouveaux volumes contenant l'izeschné ^ et le Vispered ^ H. Windischraann, à Munich, a publié un travail sur le Homa % et M. Burnouf, avec des matériaux plus amples, a traité le même sujet dans une série d'articles qui paraissent dans le Journal asiatique^, et dont l'ensemble formera la continuation de son commentaire sur le Yaçna. Le /foma est effectivement une des parties les plus curieuses de la doctrine de Zoroastre, par ce que c'est une de

1 . The Yaçna of the Parsis in the mni language but gujarati characler with a gt^jarati translation, paraphrase and comment; according to iht traditional interprétation of the ZoroastrianSj by the late Framji Aspandiarji and other Dastur8:)ilhographed for the Bombay branch of the Royal ÂsiaUc Society, by Appa Rama. 2 vol. in-So, 1843 (t. I, 500 p.; t. II. 4S5 p.)

2. The Vispard of the Parsis in the zand language but gujarati character etc. Bombay, 1843, in-8« (137 p.).

3. Ueber den Soma-CuUusder Arier^ von D' F. Windischmann. Munich, 1841, in-l"* (18 p.)- Tiré des Mémoires de l'Académie de Munich.

4. U dieu fJoma (articles de M. Burnouf, dans le Journal naiatique (li> 1844 et 45).

ANNÉE 184l-18tô. 181

celles qui nous pentietlent de saisir le plus clairement les rapports entre les Védas et le Zend-Avesta, de fixer le point où la doctrine persane s*est séparée de celle des Yédas, et de suivre les phases de la transformation que les prédécesseurs de Zoroastre lui-même lui ont fait subir.

Le pehlewi n'a été l'objet que d'une seule dissertation de M. Môller'y à Munich; mais elle est d'un grand intérêt. L'auteur y examine, d'après les liTres pehlewis, le point principal delà théologie zoroastrienne, c'est-à-dire, le rapport entre Ormozd et le temps infini. Ânquelil avait cru que le temps i'iait regardé, par les Persans, comme l'Unité absolue dont procédaient, d'un côté, Ormuzd, de l'autre Abriman; mais M. Huiler prouve que, dans la doctrine officielle de l'époque des Sassanides, Ormuzd était regardé comme le maître suprême, et le temps comme un élément de la création des êtres. Il est à regretter que le manque de caractères pehiewis ait empêché jusqu'à présent M. Mûller de publier l'édition du Bundehesch qu'il a préparée, que personne aujourd'hui ne pourrait exécuter aussi bien que lui, et qui relèverait l'étude du pehlewi. [1 est assez probable qu'on aura besoin de cette langue pour Tétode des inscriptions cunéiformes ; car il est difficile de croire qu aucun des trois ou quatre idiomes encore cachés sous le toile des différents systèmes de cette écriture, n'appartienne pa5 â cet antique mélange des langues sémitiques et ariennes.

La littérature persane proprement dite s'est enrichie de quelques travaux. M. Defrémery a fait paraître le texte et la traduction de l'histoire de la dynastie des Samanides par Mirkhond*. M. Wilken avait déjà publié, en 1808, ce même texte;

1. Vntenuchungen ûber den Anfang des Bundehesch, von Dr Joseph MùUer. Part. I. Munich, 1844, in-4o (30 p.). Tiré des Mémoires de l'Académie de Honich.

i. Histoire des Sanianides, par Mirkhond; texte persan, traduit et accompagné de notes critiques, historiques et géDgraphiques, par M. Defrémerj. Pari», 1845, in-8» (296 p.).

mais il n'avait qu'un seul et médiocre manuscrit, de sorte que la nouvelle édition, beaucoup plus correcte et accompagnée d'une traduction plus exacte, sera bien reçue par tous ceux qui s'occupent de cette époque curieuse du khatifal, d'autant plus que M. Defrémery a pris soin de compléter le récit trèsinégal de Hirkhond par de nombreux extraits tirés d'historiens arabes et persans inédits. Un autre chapitre de Mirkhond, l'iiistoire des Sassanides', a été publié pour faire partie des chrestomathies à Tusage de l'école des langues orientales vivantes de Paris. J'aurais dû déjà l'annoncer dans le Rapport de l'année dernière; mais je n'en avais pas eu connaissance. 11 y a longtemps que ce chapitre de Hirkhond est' connu par la traduction de S. de Sacy; mais le texte n'en avait jamais été imprimé. Toutes ces publications partielles sont autant d'acheminements vers une édition complète du grand ouvrage de cet historien médiocre, mais presque indispensable.

M. Bland a publié à Londres le premier cahier de Thistoire des poètes persans*, composée sous le titre de Temple du feu, par Lutf Ali Khan, poète persan du xvir siècle. M. Bland avait déjà rendu un compte détaillé de cet ouvrage dans le Journal de la Société asiatique de Londres ; il a depuis ce temps réuni • fous les manuscrits connus du Temple du feu et en a commencé une édition. Lutf Ali Khan traite d'abord des poètes antérieurs par ordre géographique, ensuite de ses contemporains, et finalement de ses propres œuvres poétiques. lia accumulé ainsi les biographies de plus de huit cents poètes et il donne quelques extraits des ouvrages de chacun. La publication de ce livre est une entreprise utile, moins à cause des extraits d'une quantité de poètes oubliés qu'il contient, que parce qu'une collection aussi considérable de biographies renferme nécessairement une foule de dates et de renseignements qui

1. ChreêtomatMes orientales. Histoire des Sassanides, par NirkhoDd. texte persan. Paris, 18U, in-8« (110 p.).

2 The Atesch Kedah^ or fire^temple, hy Hajjt Lutf Ali ^, of Isfahao, DOW first edited by N. Bland. London. 18U, in-^** (40 p.).

peoTent servir à éclaircîr des points douteux dans l'histoire.

Le colonel Miles a publié, aux frais du Comité des traductions, la vie de Tipou Sahib par Mir Hussein AU Khan de Kirman^ qui forme la suite de la vie de Hyder Ali par le même auteur, dont M. Miles avait déjà donné la traduction. Ces deux ouvrages paraissent avoir été composés sur les instances des £ls de Tipou et sont écrits dans le style enflé des panégyristes orientaux. Il n'est pas sans intérêt de voir comment des événements qui nous sont si bien connus parles rapports des Anglais sont représentés par un partisan du côté ennemi, et Thisloire de cette époque pourra certainement y découvrir quelques faits nouveaux, ainsi que l'explication de quelques événements dont on ne possédait pas la clef. Néanmoins il aurait fallu un homme plus intelligent que Mir Ali pour nous donner un tableau fioéle des plans politiques etde l'administration de Tipou, et des causes réelles de sa chute.

M. Wetzstein, à Leipzig, a fait paraître la seconde partie de son édition lithographiée du Dictionnaire arabe-persan de Zamakhschari ' ; la troisième est promise prochainement, et l'ouvrage sera terminé par un glossaire alphabétique^ appendice indispensable pour un dictionnaire arrangé selon l'ordre des matières. M. Duncan Forbes, à Londres, a publié une seconde édition de sa Grammaire persane^, suivie d'une collection de fables et d'un vocabulaire. Ce livre a le mérite de contenir dans un petit nombre de pages tout ce qui est indispensable à un commençant.

Enfin, M. Chodzko, qui pendant son long séjour en Perse

1. Tke Hiitory of the reign of Tifm Sultan, by Hir Hussein Ali-Khan Kinnani, translatée! by colonel Miles. Londun, \SH, in-8* (29! p.).

1 Swnaehichttrii Lemcan arûbicum pernewn^ edidlt Weti stein. Leipsig, tM4, in-i» (p. 8d-i79).

3. A GrÊmmar of ike Pemm lançuage, by Duncan Forb«s. Second ediUoQ. Londres, 1844, in-8* (p. 90, 40 et 24).

s'est occupé avec beaucoup de suite de la littérature populaire de ce pays, et à qui nous devons la curieuse collection des chants de Kuroglou, a commencé à publier ses Études sur le théâtre persane Tout le monde savait que les Persans, seuls de tous les musulmans, avaient une espèce de théâtre, ou plutôt qu'ils jouaient, en commémoration du meurtre des enfants d'Ali, des mystères Appelés taziés. Mais M. Chodzko est le premier qui se soit donné la peine de recueillir ces pièces et de nous faire connaître l'organisation du théâtre persan, ainsi que les différents genres dont se compose son répertoire. Il a rapporté de Perse, outre des farces populaires, une ample collection de taziés qui faisait partie de la bibliothèque de Feth Âli Schah, et que le directeur du théâtre de la cour lui céda, et il a publié la traduction de quelques-unes de ces pièces, en promettant de nous donner par la suite de plus amples moyens d'apprécier cette branche singulière de la littérature persane.

En quittant la Perse, nous touchons à l'Afghanistan, qui a été pendant quelques années le théâtre de si grandes découvertes. L'innombrable quantité de médailles et d'inscriptions qu'on y a trouvées tout â coup a, grâce au savoir et à la merveilleuse sagacité de M. James Prinsep, versé des flots de lumière sur une des parties les plus inconnues de l'histoire, sur la fin de l'empire bactrien et sur les dynasties tant barbares qu'indiennes qui lui ont succédé. La mort n'a pas permis i M. James Prinsep d'épuiser un si riche sujet; mais son frère, M. Thoby Prinsep, a trouvé dans ses papiers des matériaui inédits dont il a publié la première partie*, qui forme à la fois un résumé et un supplément de ses mémoires sur les antiquités bactriennes, et qui est accompagné de planches qu'il avait encore gravées lui-même. M. Prinsep nous fait espérer un autre

1. Le théâtre en Perse, par Alex. Ghodsko. Paris, 1844 in-S« (48 p) Tiré de la Revue itidépendâite.

2. Noie on tke hiêtorical nsulU dedudble from récent diicoveriet i« Afghaniêtm, by H. T. Prinsep. Loodres, 1844, in-8* (184 p. et 17 pi)-

volume qui contiendra des suppléments posthumes aux mémoires de son frère sur les antiquités indiennes. Aujourd'hui lescirconstancespolitiques ont interrompu peur quelque temps le cours des recherches archéologiques dans les pays Afghans; mais la première récolte a été si abondante qu'elle est loin d'être épuisée , et les collections de M. Masson surtout contiennent encore beaucoup d'inscriptions inédites dont la Société asiatique de Londres est sur le point de publier quelquesunes.

Dans la littérature indienne proprement dite règne une activité qui s'accroît d'année en année et qui promet d'éclaircir, dans un temps comparativement court, même les parties les l>lu$ obscures Je ces éludes. Le grand intérêt qui s'attache à )a littérature sanscrite consiste dans les moyens qu'elle nous donne de reoQonterà l'origine des langues et des idées qui distinguent la race indienne et les peuples qui en descendent de toutes les autres races. Grâce aux travaux de M. Bopp et des savants qui ont marché sur ses traces, on peut suivre aujourd'hui l'histoire des langues indo-germaniques et presque l'histoire de chaque mot; mais l'histoire des idées est encore peu avancée. La race indienne est la seule des races humaines qui ait montré une irérilable aptitude philosophique, et c'est ce qui explique sa supériorité sur toutes les autres ; mais, quelque bien douée qu'elle fût, elle n'a réussi à créer les idées sur lesquelles repose notre civilisation que par un travail lent et laborieux, etla forme qu'elle a fini par leur donner se ressent des efforts qu'elle a faits pour y parvenir. Rien n'est plus difficile, mais aussi rien De peut être plus intéressant que de remonter à leur origine, et heureusement la littérature indienne noub en fournit les moyens. Nous trouvons dans les Védas les couches presque primitives, si je puis m'exprimer ainsi, de la pensée de cette branche de Tespèce humaine, et de là nous pouvons la suivre grandissant, s'éclaircissant et se formulant dan» des systèmes philosophiques et religieux, dans la législation, dans la poésie et dans les sciences; formant dans l'Inde même une société ci-

186 VINGT-SEPT ANS DHISTOIRB DKS ÉTDDE^) ORIENTALES.

vilisée, et exerçant sur le reste du inonde une influence immense parles peuples qui se sont détachés, en différents temps, >de la race mère, et qui ont développé de leur côté et à leur ma* niére les tendances qu'ils en avaient héritées.

On ne peut donc que se réjouir en voyant les efforts qu'on fait aujourd'hui de tous les côtés pour rendre accessibles les Védas et les ouvrages qui s'y rattachent. M. Wilson promet la continuation du Rigvéday commencé par Rosen et interrompu par sa mort prématurée ; M. Langlois s'occupe d'une traduction entière du même Véda, le plus ancien et de beaucoup le plus important de tous. M. Benfey annonce une nouvelle édition du Samavédaj d'après des manuscrits que M. Stevenson n'a pas eus à sa disposition, et il espère qu'elle pourra servir à la critique du Rigvéda; car il a fait la remarque que les nombreux hymnes de ce dernier, que contient le Samatéda, présentent une rédaction autre et, à ce qu'il parait, plus ancienne que le RigvédaAdLûs sa forme actuelle.

M. Poley a publié à Bonn le texte de cinq Upanischads ', dont quatre avaient déjà paru dans l'édition lithographiée qu'il avait autrefois commencée à Paris. Le cinquième, qui était inédit, est le Vrihadaranyaka, un des plus considérables et des plus importants de tous les Upanischads. M. Poley n'a accompagné son édition que d'un petit nombre de notes; mais il promet une traduction, ce qui est tout à fait nécessaire. H. Windischmann annonce un travail sur le Tckandogyay un des Upanischads qui se rattachent au Samavéda. Colebrooke en a fait connaître quelques fragments qui permettent d'apprécier toute l'importance philosophique de ce morceau, composé, comme tous les Upanischads, dans le but de tirer des hymnes des Védas un dogme plus ou moins complet et systématique.

1. Vrihadaranyakam, Kathakam, /pu, Kena, Mundakam, oder fûnl Upanithadg mu dem Jagur^ Sanuit und Aiharva-Veda, herausgegeben von Poley. Bonn, 1844, iii-8« (U2 p.).

Un antre travail védique d'un grand intérél est la publicatioDduNirukta^annonc^eparM.Roth, de Tubingen. DansTaotiquitë même, on a senti dans l'Inde l'utilité de commenter les Védas, ce qui a produit une suite de travaux d'interprétation, dont les plus anciens sont, sans aucun doute, basés sur le sens attribué par la tradition aux passages qui étaient devenus obscurs, quoique les grammairiens affectent toujours d'en donner des raisons étymologiques. Un des plus anciens de ces ouvrages est le Nirukta de Yaska. La forme de ce livre est bizarre ; ce n'est pas un commentaire sur les Yédas, c'est un commentaire sur un lexique de mots védiques rédigé par ordre de matières. Le Nirukta cite et commente les passages des Védas dans lesquels se trouvent les mots qui composent le lexique, et forme ainsi indirectement un commentaire sur les Védas mêmes, et un exposé presque dogmatique de leur contenu, entremêlé de discussions grammaticales. Il parait être antérieur aux commentaires des Védas actuellement en usage, et il est presque indispensable pour l'intelligence des hymnes. M. Roth rend un service incontestable à l'étude des antiquités indiennes en se chargeant de publier et d'expliquer ce livre. Il a pu heureusement mettre à profit un excellent commentaire sur le Nirukta, par Dur^a Sinha, que la Bibliothèque royale doit aux soîns^ de la Société asiatique de Calcutta.

H. Goldstûcker annonce un ouvrage qui se rattache à l'étude des Védas, quoiqu'il ne soit pas strictement consacré à la littérature védique; c'est une exposition de la philosophie Mimansa. Chez les Indiens, comme chez tous les peuples dont la civilisation repose sur une base unique, la philosophie et la théologie se tiennent de beaucoup plus près que chez les peuples à civilisation mixte; mais aucun des systèmes philosophiques des Brahmanes ne se lie aussi étroitement aux Védas que le Mimansa* C'est une espèce de scolaslique appuyée sur les termes mêmes des hymnes, et dans laquelle la théorie philosophique commence à se formuler et à rompre, par l'abstraction, le cercle trop rigide de la lettre sacrée. M. Goldstûcker publiera

d'abord les axiomes de Djaimini, fondateur du Mimansa, et le commentaire de Hadhawa; ce qui nous donnera la première et la dernière des phases qu'a parcourues cette philosophie.

Parmi les travaux qui se rapportent à la poésie indienne, j'ai à annoncer avant tout que le troisième volume du texte du Râmàyana, publié par M. Gorresio, est achevé et paraîtra sous peu de jours. M. Gorresio entre avec ce volume dans la partie inédite de son auteur. L'édition entière du texte formera cinq volumes ; mais M. Gorresio se propose de commencer maintenante publication de la traduction italienne, et de faire paraître alternativement les volumes du texte et de la traduction. Le Mahabharat aussi parait à la fin avoir trouvé son traducteur. H. Goldstûcker annonce le premier volume d'une traduction allemande complète de cet immense poëme^ accompagnée de notes, de tables des matières et d'une introduction générale. C'est une entreprise colossale, mais il y a peu d'ouvrages orientaux qu'il soit aussi important de faire connaître que ce grand dépôt de traditions de tout genre. Si M. Wilkins avait publié, il y a quarante ans, la traduction du Mahabharat qu'il avait à peu près achevée, nous serions plus avancés dans la connaissance de Tlnde antique que nous ne le sommes aujourd'hui. Mais, puisque l'indifTcrence de l'auteur et celle de ses compatriotes ont oublié ce travail dans la poussière d'une bibliothèque, il est temps qu'un autre, plus ardent, rende ce service à l'Europe savante.

M. Stenzler fait imprimer à Bonn une édition critique et un commentaire du Mritchakata. Tout le monde connaît, par la traduction de M. Wilson, ce drame du Chariot d'argile, qui est non-seulement l'un des plus beaux du théâtre hindou, mais une des œuvres les plus gracieuses que la littérature d'aucun pays ait produites. M. Brockhaus, qui avait déjà publié le texte du Tchandrodaya S drame métaphysique et allégorique, et un

1. Prabodha Chandrodaya Krishna Misri Comctdia, edidit scholiisque instruxit H. Brockhaus. Leipzig. 1845, in-8<» (120 et 136 p.).

(les poëroes les plus étranges qu*ait pu concevoir un pt'uple doué d*irnagi nation et nourri de métaphysique, vient de faire paraître un double commentaire sanscrit de ce curieux ouvrage. On ne cqnnaissait jusqu*à présent ce drame que par la traduction de M. Taylor. M. Brockhaus a imprimé le texte do drame en caractère dévanagari et les scolies en transcriptionlatine. C'est un système très-recommandable, car, quoique la reproduction en caractères latins des textes sanscrits ait de graves inconvénients, il n*en est pas ainsi des scolies, qui ne sont destinées naturellement qu'aux personnes déjà exercées.

M. Yates a publié, à Calcutta, une nouvelle édition du Nalodaya '; c'est un poémc moderne dont le sujet est le même que celui de l'épisode du Mahabharat, le Nala, que M. Bopp a fait connaître. M. Benary, à Berlin, en avait déjà publié le texte avec un commentaire. H. Yates a fait précéder son édition d'une dissertation sur la métrique, ce qui est d'autant plus à propos que les artifices de la versification jouent un grand rôle dans ce poème, rempli d'allitérations, de jeux de mots, de traits d'esprit, et de tous les raffinements de forme et de langage par lesquels les littératures, dans leurs époques de décadence, cherchent à échapper à la mort qui les menace.

Enfin, H. Kosegarten, à Greifswalde, est sur le point de publier le texte sanscrit du Pantchatantra. Cet antique recueil de fables est le seul ouvrage proprement populaire de la littérature sanscrite. Il a été traduit dans tous les dialectes de l'Inde, en pehlewi, en arabe, eç persan et en turc, et est certainement un des livres dont l'influence s'est étendue le plus loin. On connaissait en Europe presque toutes ces traductions, ou plutôt ces rédactions dans d'autres langues, mais on ne savait de l'original que ce qu'en a dit M. Wilson dans un très-

1 The N£Uodaya,orhUtory ofking Nala, asatacrit poem of Kali-dasa, w^mpanied wiih a metrical tranilationt an Euay on allitération, etc. ^7 W. Yates. CalcuUa, 1844, in-8o (xi et 40 p.).

intéressent mémoire inséré dans les Transactions de la Société asiatique de Londres, et qui fait pressentir tout Tinlérét que doit offrir la publication du texte même de cette célèbre production.

Les sciences des Hindous ont été l'objet de plusieurs publications, que j'ai le regret de ne pas pouvoir annoncer, parce que je n'ai pas réussi à me les procurer; ainsi, il a paru à Cal* cutta plusieurs travaux, que l'on dit importants, sur l'astronomie indienne, mais je ne pourrais pas même en indiquer les titres avec une exactitude suffisante; le seul ouvrage qui traite d'une science indienne, et qui soit venu à ma connaissance, est la traduction latine du Susruta^, dont M. Hessier a publié la première partie à Erlangen. La Société asiatique de Calcutta avait publié le texte de ce curieux système de médecine, qui date d'une antiquité fort haute, quoiqu'on ne puisse pas lui assigner une date exacte. Ce livre a joué dans l'Inde le rôle que les ouvrages d'Hippocrate ont joué en Europe ; c'est le produit d'observations traditionnelles sur les maladies et les remèdes, réduites en système par un esprit philosophique; il remplit non-seulement une lacune considérable dans l'histoire des sciences, mais encore il est digne de l'étude attentive de l'historien, parce qu'il contient nécessairement une quantité d'indications extrêmement importantes pour l'histoire de la civilisation indienne.

Cette activité dans les études relatives à la* littérature sanscrite suppose naturellement et provoque une activité analogue dans l'étude de la langue même. Aussi voyons-nous paraître ou annoncer de nombreux ouvrages de lexicographie et de grammaire. H. Langlois vient de publier le second volume de l'édition de l'Âmarakôcha ' commencée par feu M. Loiseleur-

1. Siurutas Ayurvedas, id est medicinœ sytiema a venerabili Dhanvantare demonstratum, a Susruta discipulo compositumy nunc ptimum a sanscrito in latinum vertit, Fr. Hessier. Erlange, IBM, in-8* (J06 p.).

2. Àmarakâcha, ou Vocabulaire d^Amarasmfui, publié par Loiseleur-Deslongchamps. Paris, T. H, 1845, in-S» (XTI et 350 p.).

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