‹ Vingt-sept ans d'histoire des études orientales;Chapitre 38 sur 112 · INNÉE · texte numérisé non relu

INNÉE

traduit pour la première fois un yocabulaire synonymique trèsHmportant, celui de Hematchandra. Il en avait déjà paru, à Calcutta, une édition, mais elle était devenue très-rare, et n'étaîtd*ailleursaccompagnéenide traduction ni d'éclaircissements. H. Bopp a achevé il rapression de la seconde édition de son Glossaire sanscrit', qui se distingue de la première, non* seulement par l'insertion d'un grand nombre de mots, mais surtout par l'addition des racines qui rattachent les autres langues indo-germaniques au sanscrit comme à leur souche.

Quant i la grammaire, nous avons à mentionner A la des traités composés par les Hindous et par des Européens. A la première classe appartient la grammaire de Vopadeva, le Mugdhabodha *, qui jouit au Bengale d'une célébrité presque aussi grande que c-elle de Panini : on en annonce une non- Telle édition, accompagnée d'un commentaire par M. Bdhiiingk. Dans la seconde classe, on doit placer d'abord la Grammaire de M. Boller, à Vienne ', qui est conçue sur un plan nouveau et comprend les principes du style védique; puis une grammaire sanscrite abrégée, écrite en danois par M. Westergaard S qui ne traite qus des formes, et une grammaire élémentaire en anglais, par M. Honier Williams *, suivie d'exemples et d'exercices; enfin, le second voinme de k Grammaire développée de M. Desgranges *. Un point spécial de la grammaire sanscrite qui n'avait encore été traité en dé-

1. Glo»$arium «onicrilttin, in quo omnes radices et vocabola usitalissima cxplicanlur et cum vocabulis grœcis, latinis, germanicis» lilhuanicis slavitit, çelticis eompanintur, auctore F. Bopp. Faic. III. Berlin, 1847, in-4^.

2. Vifpadetfa'ê MugdhabodhtL, herauagegeben and crklàrt von 0. BdM;lingk. Saint-Pétersbourg, 1847, in-8«.

9. Au^fÛkrliche Sanskrit Grammatik tWr den OffenUichen und Selbstunterheht von Anton Boller. Vienne, 1847, in*8*. (382 p.)

4. Weslergaard, Kortfattet Sanskrit Formktre. Copenhague, 1846, in-8*. («Op.)

5. An elemefUary grammar of the sanscrit language arranged tccording to a new tbeory, by Honier Williams. Londres, 1846, in-8*. (xnv tlS et 48 p.)

6. Gnmmûire Mnierî(e-/Wmpn<fe, par M. Detgranget. T. II. Pàrit» 1847, in-4». (544 p.)

tail que par M. Bôhtiingk, la théorie de l'accent, a donné lien à un travail remarquable de M. Aufrecht S qui examine, dans un premier mémoire, la théorie de l'accent des mots composés.

C'est ici qu'il convient de parler des ouvrages consacrés aux rapprochements par lesquels on a essayé de rattacher à la famille indienne des langues jusqu'à présent non classées. C'est jin sujet plein d'intérêt pour l'histoire, et peut-être aucune partie des sciences philologiques n'a produit des résultats historiques plus considérables que la grammaire comparée, depuis que H. Bopp en a établi les véritables bases dans son premier essai sur la comparaison du sanscrit avec le grec et le latin. Ce n'est qu'alors qu'on est sorti de la voie arbitraire des étymologies, dans laquelle on se perdait presque immanquablement, faute de principes, et qui conduisait aux rapprochements les plus insensés. 11 est vrai qu'on a quelquefois exagéré l'emploi des nouvelles méthodes, de manière à dépasser le but et à voir, par un raffinement excessif, des vestiges de parenté de races, là où il n'y avait que des procédés de langage nés de l'instinct logique qui est commun à tous les peuples; mais cela n'empêche pas que ces méthodes ne soient un instrument extrêmement puissant dans les mains qui savent s'en servir, et qu'elles n'aient rendu les plus éminents services aux études historiques.

M. Bopp a publié un essai sur les membres caucasiens delà famille des langues indo-européennes '. Il y traite du groupe des langues ibériennes, c'est-à-dire du géorgien, du mingrélien, du souanien et du laze, et le résultat auquel il arrive est que surtout le géorgien et le laze ont une parenté curieuse avec le sanscrit, dans toutes les parties de l'organisation grammaticale, dans les déclinaisons, les formes des ad jectifs, les

1. Th. Aufrecht, De aecêntu samcritko, P. I. De accenta cooipositoram sanscriticorum. Bonn, 1847, in-8«.

2. Die kaukasitchen Glieder de$ Indo-Ewrttpœiichen Sprachitammê, von Frans Bopp. Berlin, 1847, in-4*. (83 p.)

noms des nombres et dans la conjugaison. M. Holmboê a fail paraître, à Christiania, une comparaison du verbe sanscrit avec l'ancien verbe Scandinave S La parenté de ces deux langues n'a jamais été douteuse, mais il est curieux de la voir établie en détail et hors de contestation. H. Heier, de Tubia- ;en ', a composé un mémoire sur la formation et la signification du pluriel dans les langues sémitiques et indo-germar niques : son but est moins d'établir une parenté entre ces deux groupes de langues, que d'exposer certains procédés qui leur sont communs et à l'aide desquels il s'efforce de retrouver nn contact historique entre deux races. M. Boetticher discute, dans une dissertation % et appuie par des étymologies l'inflnencc que les Chaldéens, nation qu'il classe parmi les Ariens, ont exercée sur la langue et les croyances des Babyloniens, auxquels il reconnaît une origine sémitique. Enfin, H. Gosche a essayé de rattacher l'arménien et le phrygien* à la souche des langues indo-germaniques. Cette thèse a été soutenue plusieurs fois, et M. Gosche la discute au moyen de preuves tirées à la fois de la mythologie et de l'étymologie d'un assez grand nombre de mots arméniens. Mais des preuves de ce genre ne peuvent être que secondaires; elles peuvent servir à établir le contact et même le mélange des races; mais elles ne suffisent pas pour en constater la parenté. Quelque vraisemblable que soit en elle-même une telle opinion, elle ne porte, dans l'état actuel de la science, la conviction dans l'esprit du lecteur, que quand elle se fonde sur la comparaison de la structure intérieure des langues.

J'arrive aux langues provinciales de l'Inde et à celles des

1. Def Oldnorske verhum oplytt ved SûmmenUgrUng med Samkrit, tS C. A. Holmboe. Christiania, 18i8, in-4». (34 p.)

1 Die Bildung und Bedeutung des Plural in den semitischen und indogernumiichen Sprachen, von Ernst Meier. TUbingen, 1846, in-8^ (cxvi et 86 p.)

3. Horœ aremaicœf scripsit P. B«e(ticher. Berlin, 1847, in-8*. (46 p.)

4. De Ariana linguœ geniisque Armeniacœ indole, prolegomena acrjpiit R. Gosche. Berlin, 1847, in-8». (77 p.)

pays environnants qui, par leur littérature, tiennent à l'Inde. Ici, les renseignements que je puis donner sont plus incomplets encore que pour les autres branches des lettres orientales. Les indigènes des différentes provinces, les missions et les gouvernements impriment tous les ans une quantité de livres qui ne parviennent en Europe que par exception, par accident, et dont une partie profiterait pourtant à la science, s'ils étaient accessibles. Ainsi, des nombreux ouvrages hindouslanis qui paraissent dans l'Inde, il n'est venu à ma connaissance que quelques traductions de poésies et de romans persans qui font les délices de la classe lettrée parmi les musulmans de la presqu'île. Dans ce nombre figure un abrégé du Livre des Rois de Firdousi, en vers hindoustanis et dans le mètre de l'originale Le traducteur est hindou de race; mais il'vit à Dehli, où la fréquention de la bonne compagnie parait l'avoir rendu fort tolérant, car il chante les louanges de Jésus- Christ, de Mahomet, de Georges IV et de H. Hetcalfe, ancien gouverneur général de l'Inde. Un musulman nommé Alim-Ali a publié, à Calcutta, la traduction ' d'un roman persan merveilleux, intitulé, dans l'original, Bostan-ùKheial, par Mir^ Mohammed-Taki, surnommé Kheial. Mir*Amman de Dehli, qui était un des traducteurs que M. Gilchrist employait pour former une littérature hindoustani en prose, avait traduit, aU commencement de ce siècle, sur la demande de l'ardent promoteur de cette littérature, l'Akhlaki Hohseni du moraliste persan Hossein Waîz. Ce livre parait avoir eu du succès, car il vient d'en être fait une nouvelle édition, sous le titre de Trésor de la bonté ^.

La littérature hindoustani a été pour M. Garcin de Tassj l'objet d'un travail beaucoup plus complet que tout ce qui a paru en Angleterre sur ce sujet. M. Garcin avait donné, dans

1. ^ u^ir**^ ^ (Histoire des rois de Perse). Calcutta, 1262, in-S". {5U2p.)

Page 1