Ibid., vol. V et VI
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entrer chez lui un Français, M. Arnaud, qui atait été pharmacien de l'imam de Saba, et s'en retournait en France avec des noies nombreuses sur la géographie du midi de l'Arabie. M. Arnaud lui soumit ses noies, et, le voyant si occupé des inscriptions himyarites, l'assura qu'il y en avait des centaines àSanaetdanslss ruines de Kharida et d'autres villes du Yéraen, et que la prolertion de ses amis de Sana lui permettrait peutêtre de s'aventurer dans ce pays îahospitalier. On peut penser dans quelle Tiévre de joie et d'espérance celte nouvelle jeta Bl. Fresnel, qui n'eut de repos que M. Arnaud ne se Tût d(5terininc à repartir pour le midi. Vous connaissez les résultats de celte expédition '; H. Arnaud, au milieu de dangers et de privations de toute sorte, visita Saba et les ruines de la célèbre (ligue de Mareb, e( rapporta des copies de cinquante-six inscriptions ou fragments d'inscriptions himyaritcs, et des renseignements sur un grand nombre de points où des centaines d'inscriptions semblables attendent encore un explorateur. M. Arnaud revint, souiïr.int d'une ophlhalmie très grave, et resta deux ans auprès ilc M. Fresnel, qui s'occupait du dccbtffrement des inscriptions, pendant qu'il sollicitait à Paris, pour M. Arnaud, les moyens d'entreprendre une nouvelle expédition. Grùco à l'intéri-t que M, Guizot et M. de Salvandy prirent à ce voyage, M. Arnaud put repartir pour le Yémcn, muni de tout ce qu'il fallait pourunséjourde troisans. Malheureusement, ce voyage ne produisit rien, et il reste encore dans ce coin de l'Arabie une riche moisson scicnlifique à faire. Les difftcultcsctles dangers de cette entreprise sont sans nombre; mais il y a là l'histoire et la langue d'un peuple célèbre à retrouver; car nos malèriaux acluels ne suffisent pas à la solution entière du problème philologique', et les inscriptions aujourd'hui encore inconnues peuvent seules nous donner une
I . Piècei relative» aux inKriplions himiiarilet, découvertes par M. Th.'J. Aruaail, lUat le Joanial atiatique. (iiiiilri>-iiie siirie. vu). V at luiv.
i. Vil}, un iiuiiveau cl viiricux ti'dvail sur ci: sujut, par H. Oiiaiider, •liiQs le Journal de la Sotîélè orientale altemande, vul. X. It<5fi.
chance de retrouver Thisloire ancienne de l'Arabie méridionale.
Pendant qae M. Fresnel attendait le retour de M. Arnaud de son second voyage dans le Témen^ le hasard lai fournit un nouveau sujet d'étude. Parmi les nombreux pèlerins africains qui passaient par Djeddah, et qui trouvaient dans la maison consulaire un refuge toujours ouvert et nné hospitalité illimitée, qu'ils fussent sujets français ou non, étaient quelques pauvres pèlerins du Boi^ou, pays du centre de l'Afrique, que M. Perron nous a depuis fait mieux connaître. M. Fresnel crut trouver dans leurs récits la preuve que la licorne de la Bible et des anciens existait dans leur pays. Il publia plusieurs mémoires à ce sujet, en attendant qu'il pàt se procurer l'animal lui-même ; il envoya un des nègres, à ses frais, dans le Borgou, pour lui rapporter la tête et le pied d'une licorne, et, ayant appris qu'il y en avait sur la côte abyssinienne de la mer Rouge, il en demanda par tous les moyens à sa disposition. Le nègre ne revint, je crois, jamais; niaiS) pendant l'absence de M. Fresnel, il arriva à Djeddah une barque chargée de dix-sept licornes empaillées que lui expédiait un chef de la côte d'Abyssinie ; un nègre du Borgou, qui était resté à la maison consulaire, courut au port et reconnut parfaitement les licornes de son pays; mais, hélas! on put constater que c'était des rhinocéros, supposition que M. Fresnel avait toujours repoussée. Quand il reçut celte nouvelle, il était à Paris, très occupé d'un plan que ses recherches sur le Borgou lui avaient suggéré et qui pouvait exercer une influence considérable sur l'avenir politique et commercial de la France en Afrique.
Il avait, d'un côté, souvent rêvé à Djeddah l'établissement d'une caravane de pèlerins algériens, faisant sa route et son entrée à la Mecque à la manière des caravanes persane, turqn^^ et égyptienne, mais sous la protection du drapeau français; d'un autre côté, il avait appris les elTorts constants faits par les
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sullans du Boi^ou pour se mettre en communication directe avec le commerce européen de la Méditerranée, et leur persistance à envoyer des caravanes à Benghazi, par unenonvelle route qu'ils cherchaientà travers le Sahara, malgré la perte entière de plusieurs expéditions. II conçut l'idée de répondre  ces deux besoins par un moyen unique, par une caravaneds pèlerins français allant da l'Algcrie, par le désert, & la Trontière du Borgou, longeant le Soudau, traversant le Sennar, passant la mer Rouge à Rosaeir, et arrivant ainsi à la Mecque après s'Être grossie en route par les arUuents de pèlerins mai^rebins et nègres qui viendraient s'y joindre. H espérait ainsi montrer la France au centre de l'islam, comme prolectrice de ses sujets musulmans, et ouvrir au commerce rrancais une large voie dans l'ATrique centrale. La partie la plus dinîcile de celle route était le passage du Sahara; mais il est probable que quelques puits artésiens auraient assuré la traversée est attiré tout le Irafic de l'intérieur. M. Frcsnel fut chargé d'aller à Benghazi pour compléter ses renseignements; il y Irouvn les débris d'une caravane du Borgou qui avait perdu tous ses chameaux, et cette nouvelle preuve de la persistance des peuples du Soudan à chercher une nouvelle route vers la Médiléranuée, et de la difficulté de rendre praticable celles qu'ils tentent depuis vingt ans, le confirmèrent de nouveau dans son plan. Les événements de 1818 firent oublier ce projet; je ne sais s'il sera repris, ou si le percement de l'isthme de Suei en détournera; mais j'ai désiré conserver dans quelques mots le souvenir d'un projet auquel son auteur a consacré plusieurs années et qui ne manque pas de grandeur '.
1. l'endant tons^our à Beiiehati, M. Fresoel ni uuo cxcunion à Cyrèiie, où il enlreprit des rouilles qui lui ruurnirent quelques belles sculptures grecqunt. H n'eut pas le temps de continuer; nuit il avait mmi vu quels triton d'art cachait ce sol presque intact, el coosellla A H. de Itoiirvillc;, consul de France à Benghazi, do re[>rFadrc ces rouilles. M. da llourville suivit plus tard ce conseil, et trouva cfleclivemont îles nuliquitùs Irès Leili'ï cl très curîcugcî, euiloul des vases. Eu revenant Je Cjrène, H. FrcsncI vit sur le bord de la incr un jiuinbre considérable de stiilues grecques ou romaines, couchéos sur la plage ; il les indiqua à ses amis, à
De Benghazi, M. Fresnel se rendit à Djeddah, mais pour peu de temps, sa santé ne pouvant plus résister au climat brûlant de l'Arabie; il fut nommé consul à Mossoul ; mais il refusa ce poste et revintà Paris. Il fut chargé, en 1852, de la direction de l'expédition scientifique que le Gouvernement envoyait en Mésopotamie. Il alla, par Aiep et Dia rbékir ,à Bagdad, alors assiégée parles Arabes du désert. Si au lieu d'entrer dans la ville il s'était rendu au camp des Arabes, il y aurait trouvé le chef des Mountefiks, prêt à bien recevoir des Français, en retour d'un service que lui avait autrefois rendu un consul général de France à Bagdad, et très en état de leur faciliter l'accès de la Mésopotamie inférieure, qui était le but principal de l'expédition. Mais, une fois entré dans la ville, il se trouvait exclu des contrées sur le cours inférieur du Tigre et refoulé vers les ruines de Babylone. Vous connaissez, par ses lettres, les travaux importants de l'expédition sur le sol de Babylone, et je puis d'autant mieux me dispenser d'entrer dans des détails à ce sujet, que M. Opperl, qui va rendre un compte détaillé des travaux et des découvertes de l'expédition, prouvera au monde savant qu'elle n'est pas restée sans fruit, quoiqu'elle n'ait pas atteint entièrement le but qu'on se proposait. Lorsque l'expédilion fut rappelée, M. Fresnel refusa de revenir en France; il avait rêvé de jeter à Bagdad les premiers fondements d'une école archéologique française, et je crois que ce rêve, sur lequel il revenait dans toutes ses lettres, même celles qu'il écrivait à son arrivée à Bagdad, a été pour beaucoup dans la direction qu'il a donnée à l'expédition et dans sa détermination de se fixer dans cette ville. Quoi qu'il en soit, il resta à Bagdad et vécut assez longtemps pour avoir la douleur d'apprendre la perle des antiquités qu'il a^a'* réunies et expédiées pour Basra. Vous connaissez cette catastrophe, occasionnée par la friponnerie d'un marchand arabe qui, voulant frauder les Bédouins de leur droit de transit, avait
Paris, dans rcspoir que le Gouvernement les fci'ail enlever et placera"' Louvre; mais cet avis ne fut pas écoule, et les statues attendent cncoi^ une main qui veuille bien les transporter en Europe.
ANNËK 1855-1850. 8t
embarqué clandestiDement des marchandises sur le balfiau qui portait les antiquités de l'expédition française. La santé de M. Presnel était détruite par un long séjour en Orient, par l'habitude de l'opium, qu'il prenait d'abord comme remède et qui ensuite était devenu un besoin, enlin par les fatigues et les anxiétés des deux années que dura l'expédition. Il mourut à Bagdad, le 30 novembre 1855, dans sa soixante et unième
C'était un homme singulièrement bien doué, du caractère le plus aimable, de la conversation la plus gracieuse, d'une générosité ruineuse pour sa fortune, d'une vivacité d'esprit rare, d'une sagacité étonnante; il laisse une trace dans la science qui ne s'effacera jamais entièrement, mais il n'a pas atteint tout ce que ses talents lui promenaient de gloire, ce que son âme méritait de bonheur, parce qu'il n'a jamais su discipliner son esprit.
Les travaux de la Société ont été continués cette année, sinon avec toute la rapidité que nous avions espérée, au moins sans interruption. Le Journal aiialique a fourni son contingent de recherches sur les diiïérentes parties de la littérature orientale. M. Sanguinelti a donné la suite de ses extraits d'ibn Abi Oseibia; H. d'Eckstein a traité de quelques légendes brahmaniques qui se rapportent au berceau du genre humain; M. Néve a publié une élude sur Thomas de Medzoph, historien arménienduxv' siècle, témoin oculaire et chroniqueur de la duiniiialion mongole en Arménie, et auteur encore inédit, dont M. Nèveannonce la traduction complète. M. Pavie nous a donné la curieuse légende de Fadinani, d'après îles textes hindis; M. Dcfrémery a publié quelques odes mystiques persanes, cl M. Itegnier a commencé une série d'articles sur la grammaire védique. La place me manque pour énumérer toutes tes notices d'une moindre étendue que contiennent nos volumes; mais j'aurai occasion,plustard,derevenirsurquelques-unsde ces travaux.
La Collection des auleuri orientaux, que publie la Société, s'est augmentée d'un volume des Voyages d'Ibn 8a'
toutah. L'édilion des Prairies d'or, de Masoudi, n'a pas Ut de progrès depuis l'année dernière, parce que le temps de l'éditeur était entièrement employé à la rédaction du catalogue des manuscrits hébreux de )a Bibliothèque impériale; mais M. Derenbourg va reprendre son impression, pour laquelle il pourra s'aider de nouveaux secours, car M. Lees, de Calcutta, a bien voulu acheter à Bénarès, pour la Société, un ancien et magnifique manuscrit de Masoudi. Le plan et l'exécution de la Colleclioit corameacent i être appréciés partout en Europe, à mesure qu'elle se répand .E^le est encore peucoiinue en Orient, mais il nous vitnt quelques demandes de Constantiuople, et nou5 avoas l'espoir de la voir introduite daas les écoles supéfleures de quelques pajs arabes, pour l'enseignemeal «1» frant;aia> Ce serait uu grand Irionipfae pour la Société, si elle parvenait à prouver que des ouvrages orientaux peuvent se sudire à eux-mêmes, sans le stimulant des souscriptions oflieitlles «I sans denMnder aux acheteurs un prit eiortûlanl. 1 La liltérature orientale moBirerail par là qu'eHe commean i entrer dans une époque de via Haturrile, et ^'eUe pretid li ' place qui lui appartient dans le monde ; mais mus n* poumu^ | atteindrece but que si nos communicalioss avec l'OriCBl deviennent plus faciles. La Société a le dr»it ^espérer ^ue le> amis des lettres continuèrent à l'aider, et, de sm cMé, Hic | poursuivra avec toutes les ressources ft sa disposiliDa fntrtprise qu'elle a eommeneée. •
ItsMaHuel de laié§islationmumimait»,f»iSiàiKhaii\,ifii la Société publie suc I4 d«niaade deN- le U'utstre de U guerre et SQus la direcUoa (U U- Iteiaaud, att ealièreuicot coaipvsê, | et le volume paraltcu aus^Udl que la correctÏQii des deraiér«> feuilles sera terminée. Ce sera un véritabJa sitrvice readu à U ' magistrature arabe de l'Algérie. I
Nous avons maintenu nos rapports habituels avec les auln'S Sociétés asiatiques qui, tMites, mt Mfltisué à nous envoyer leitfs b-avaux. Nous avons reçu le «alimie XIIV du
journal de la Société asiatique de Calcutta S qui, placée dans le centre de l'activité intellectuelle de l'Inde, est toujours la plus active, comme elle est la plus ancienne société orientale. Elle a publié, dans le courant de l'année, trente-quatre numéros de sa Bibliotheca indica ' sur plusieurs desquels j'aurai à appeler votre attention particulière.
La société asiatique de Londres a publié la seconde partie du volume XY de son Journal % qui est entièrement remplie des résultats des dernières fouilles exécutées en Mésopotamie et des recherches de MH. Rawlinson, Jones et Taylor sur les antiquités assyriennes et babyloniennes. Le mémoire topographique de M. Jones sur Ninive est accompagné de trois belles cartes, et le volume entier est rempli des matériaux les plus curieux sur ce monde ancien, qui revient à la lumière sur les Wds du Tigre et de TEuphralc.
La Société orientale allemande a publié la fin du neuvième etia moitié du dixième volume de son Journal^, plein, comme toujours, de recherches sur toutes les parties des lettres orien« taies, et donnant la plus haute idée de l'activité de tant d'esprits distingués qui se sont voués, en Allemagne, à cette Iiranche des connaissances humaines. Le grand nombre des universités et la direction savante qui a été imprimée depuis longtemps à la théologie sont des avantages immenses que possède l'Allemagne dans ces études.
La Société orientale américaine^ a fait paraître la première
i. Journal of the asiatic Society of Bengal Vol. XXIV. Calcutta, 1875 a» p.).
., S- Bibliotheca Indiea, Calcutta, iii-4 et io-8. (Le dernier cahier que ^ 3i Yu porte le ouméro 127.)
3. Journal of the Royal asiatic Society of Great Britain and Ireland, ^^' XV (i36, XVI et 16 p., et trois cartes séparées). Londres, ISâS, in-8.
4. Zeitschrifl der deutschen morgenlàndischen Gesellschaft, vol. IX (994, ^Uxui p., et vol. X, cab. 1 et 2). Leipzig, 1855 et 1856, ii(i-8o.
^' Journal of the american oriental Society, y o\. \ t cah. 1(274 et xxn p.) ^'«w-York, 1855, in-8.
partie du cinquième volume de son Journal, qui est presque en entier remplie par une grammaire du syriaque neslorien, par H. Stoddart, un de ces laborieux missionnaires que l'Amérique entretient dans presque toutes les parties de TOrienl, et dont les travaux et la correspondance forment la base du Journal de la Société américaine.
La Société asiatique de Hong-kong a publié le volume IV de ses Transactions ^f qui contient un curieux travail de M. M3dhurst sur les mariages, les parentés et les lois de Thérilage en Chine; une notice de M. Mac Gowan sur les travaux de protection contre la mer exécutés par les Chinois dans le golfe de Tsientang; une note de M. Harland sur la médecine lé^le des Chinois, et un travail très importantdeM. Edkinssur l'ancienne prononciation chinoise, dont j'aurai à parler plus tard. Il n? a pas de Société asiatique qui ait devant elle un champ plus riche que celle de Hong-kong; un monde ancien et civilisé à étudier, une littérature immense à faire apprécier, des iastitutions, mal comprises en Europe, à faire connaître, et tout cela au moment où l'Europe va avoir besoin de ces connaissances parce que le jour approche où la Chine sera forcément entraînée dans le mouvement général du monde. Malheureusement, les Européens en Chine sont trop peu nombreux, et trop occupésde leurs devoirs officiels et de leurs affaires commerciales pour suffire à la grande tâche qui les sollicite, et il faudrait que TEurope entretint une école en Chine pour étudier le paysel sa littérature. La Russie en possède une à Pékin, qui aurait pii rendre de grands services, mais elle n'a produit que peu de résultats, et Userait facile de faire infiniment mieux.
Il ne s'est pas formé de nouvelles sociétés asiatiques, in»i^ M. Ascoli* à Milan, a repris son Journal oriental ilcilien, et il serait à désirer que les orientalistes italiens l'aidassent i en
1. Trantactions of the Chinah ranch of the Royal atiatic Society^yoX. IV| 1853-185^(106 p.). Hong-konjç, 1855, in-8.
t. Sludj orieniali e Hnguistici, ruccolta periodica di G. J. Ascoli. FaseJ* Milan, 1855, in*8.
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faire le centre commun et l'organe de leur» Iravnux, qui, aujourd'hui, restent isolé» et partant aiïaiblis. L'Italie ne prend pas encore à nos éludes une part en proportion avec sa gloire litli^raire : mais bien des indices montrent qu'un point de réunion, ou un foyer tel que peut l't-tre un journal spécial, réveillerait un intérêt et révélerait des travaux qui n'attendent qu'une occasion facile de publication.
Enfin, il a paru un nouveau journal qui traite de matières orientales, la lievtie de Bombay', destinée à rendre à la parlie occidentale de l'Inde les services que la Revue de Calcutta rend depuis plusieurs années, et avec un succès croissant, à la présidence du Bengale.
J'arrive maintenant â l'énuméralion des ouvrages orientaux qui ont paru depuis mon dernier rapport. Le nombre de ceux qui sont venus à ma connaissance est moins considérable qu'à l'ordinaire ; mais on aurait tort d'en conclure à un ralentissement dans les études asiatiques, car les travaux qui sont annoncés comme étant commencés dépassent, en quantité cl en importance, la mesure ordinaire.
L'Iiistoire des commencements de l'islam donnelieu, depuis quelques années, à des travaux très sérieux, et continue à élre l'objet de recherches qui senenl h faire renaître pour nous l'image de plus en plus vivante de cette époque, en faisant pénétrer la critique européenne dans toutes les parties de ce grand événement. Autrefois on se contentait de consulter des compilations arabes, comparativement modernes, et l'on rrojait avoir beaucoup fait en s'appuyant sur Aboulféda et le faux Wakidi. MM. de Ilammer, Wfil, Cauasin, Sprenger, Lees et Muir sont sortis de cette ornière et ont replacé cette histoire sur sa véritable base, en remontant aux i^ources les plus anciennes; car tes musulmans n'avaient pas négligé l'histoire de leur origine, et ils avaient commencé de très bonne heure