‹ Vingt-sept ans d'histoire des études orientales;Chapitre 51 sur 112 · The Bombay qùartertg Revitw. Bombaj, 1855, in · texte numérisé non relu

The Bombay qùartertg Revitw. Bombaj, 1855, in

à amasser des matériaux aussi authentiques que le permetldî^ l'état de leur civilisation, et même à y appliquer^^erlaines m^ gures de critique qui, tout imparfaites qu'elles fussent, de^ vaient néanmoins être une garantie contre les falsifications lei plus grossières. Le nombre des livres composés par les Arabes pendant le^s deux premiers siècles de l'hégire est très considérable; on voit dans la biographie de Wakidi, 150 ans après l'hégire, qu'il avait pendant toute sa vie occupé deux esclaves lettrés uniquement à copier des livres pour lui, et qu'ils laissé une bibliothèque remplissant sept cents caisses. Cette première littérature musulmane, dont la conservation eût été si importante, a presque entièrement disparu par la destruction des grandes villes dans les guerres des Mongols, par la paresse qdi préférait les compilations et les abrégés aux ouvrages orignaux, par le fanatisme ignorant qui s'attachait aux légendes fabuleuses plutôt qu'aux sobres récits des contemporains, par le mauvais goût des siècles de décadence qui méprisait la belle simplicité du style ancien, enfin par les mille accidents qoi livrent toute littérature manuscrite aux injures du temps. Il s'agit maintenant de retrouver et de sauver ce qui peut encore exister de ces anciens ouvrages, et lagrande extension de Tenipire arabe, qui a parsemé de bibliothèques le monde, depuis le détroit de Gibraltar jusqu'aux frontières de la Chine, fait espérer que l'on découvrira, dans les débris de ces innombrables collections, une partie-de ce qui paraissait perdu. Effectivement, il ne se passe pas d'année, depuis que l'attention des savants est éveillée sur ce points sans qu'on annonce une découverte de ce genre. M. Sprenger, dont on ne peut trop lou^r le zèle dans cette bonne cause, a retrouvé récemment quelques volumes du Tabakal el-Kebir^ par Mohammed Ibn Saad, q^» avait été secrétaire de Wakidi, et M. Kremer a commencé U publication du premier ouvrage authentique de Wakidi luimême, qu'il a aussi découvert à Damas : c'est le Kitob tti Maghazi ^ , le livre des campagnes de Mahomet. Il paraît que

1. Wakidy'i Ilistortf of Mxihammad'ê campalgns, by Âboo AbdoUah Mo-

AnHSB <8&5.tS5e. 81

le manuBcril a élé romplété h la Hn avec uae partie «l'une autre hisloire île Mahomet, par Abou Mohammed al-Taymi, auleur inconnu jusqu'ici, maîa antérieur encore à Wakiili. H. de Kremerae propose de publier la traduclion entière de l'ouïrage.

L'étude plus eiaele et plus minutieuse de la vie de Mahomet a fourni les mojrns de pénétrer plus avant dans l'interprétation du Koran. On s'est appliqué à démêler, dans ce livre ineohi'rent, l'oriffine dea mille lambeaux dont il est composé, le moment précis oi chaque série de versets a été prononrée, et l'on s'est mis Ainsi en état de retrouver, dans chaque sentence, l'iatsntioti de l'auteur, et de Taire sentir la Valeur des allusions et l'induence des circonstances du moment. On rerueille avec le plus grand soin les indications que les Arabes nous rournissenl sur ce sujet dans les collections des Hndit». dans les rërits biographiques des contemporains de Mahomet, ilans les Commentaires du Koran, et M. rfoeldeke vient de publier, à Gaeitinglie, une dissertation' sur l'origine et la compositioa des chapitres du Koran, qui donne un eicellent résumé des résultats auxquels on est arrivé jusqu'ici.

D'autres savants préparent de nouveaux moyens pour faciliter l'inlelligence du Koran. Ainsi, il va paraître, à Saint- Pélersbourit, une nouvelle concordance du Koran, tout en arsbe; je n'en ai vu qu'un spécimen contenant la première feuille. M. Lees, à Calcutta, a commencé une publication qui s(-ra d'un grand secours pour l'interprétation du Koran : c'est une édition du commentaire de Zamahschari, célèbre sous le litre de Kaxchaf, et connu en Europe surtout par l'usage que Hsracci en a fait Zamakscliarl, quoique Persan de race et né

hammed Bin Omar ni Wnkitlj, eJited l); Ain^ voti Krcmer. Culculla, I8S6, in-g', fuse. MT (iÏDtaiti p.), Iniiant partie dg la BMioVuca inrfin de In SocMl^ asi.iliquo Je Calculla.

1. De origine tt compoiifione lUralHm Q^ranicarum ipiiiwfiw QoTani, leripiitTli. HoeldelH. Gllltln|UB) 1856, in-4 (Tiek lOïp.).

dans le Kharizni, était un des hommes qui ont eu la connaissance la plus approfondie de Tarabe, à ce point qu'Ibn-Khaldoun trouva nécessaire de donner une longue explication très instructive d'un fait qui lui paraissait si extraordinaire. Son commentaire est plus historique et théologique que celui de son successeur et, en partie, imitateur, Beidhawi, et depuis que M. Fleischer nous a donné une édition de ce dernier Ja publication du Kaschaf est devenue un véritable besoin. M. Lees vient d'en faire paraître le premier volume ^ Zamakschari a longtemps demeuré à la Mecque, ce qui lui avala le surnom du Voisin de DieUy et c'est là qu'il parait avoir composé un dictionnaire géographique ' qu'il n'a pas eu k temps de terminer. Il y traite surtout de l'Arabie, et il entremôle ses descriptions, en général très succinctes, de vers anciens relatifs aux diverses localités. Ce petit livre, malgré son état d'imperfection, doit avoir joui d'une grande réputation d'exactitude, car il a été inséré en entier par Firouzabadi dans son Aamottô. MM.JuynboU et de Grave viennentde publier l'ouvrage^d'aprèsle manuscrit unique de Leyde, et M. Juynboll a ajouté au texte des notes, des tables et une introduction; le tout forme un utile complément au Merasid^ dictionnaire géographique publié par le même savant.

H. Juynboll a encore fait paraître la fin du premier vo^ lume de son édition du texte de la Chronique de l'Egypte ma-

1. The QoranyYfïih the commcntaryofthe Imam AbooalQaf^im Nahmood binOmaral Zamakshari, entitled thc Kashsharan Haqaiqal Tanzil, tài\oà by W. Nassau Lees. Galculta, 1856, in-4^ vol. I (x[ et 352 p.).

Le texte du Koran occupe le haut de la page; il est pourvu, non seulement des signes diacritiques ordinaires, mais de tous ceux qui sont particuliers au Koran, et sont destinés à guider le lecteur public. Le commentaire ne porte des voyelles que dans les endroits qui pourraient laisser un doute. Cette publication parait être faite avec beaucoup de soia; elle se composera de 6 volumes, et l'on peut y souscrire chez Williams et Norgate, à Londres, au prix de 13 shil. le volume; plus tard, le prix sera de 17 sh.

3. A%-Zamak8ari Lexicon geographicum^ quod auspice D. JuynboU prinuim edidit M. Salverda de Grave. Leyden 1856; in-8o (31 et 301p.).

8iilmane, par Abonl Mahasrn', personnage âa xV siècle de nolrp ère H ami de Makrizi, auquel il a survécu. L'édition de ces annales consistera en douze volumes, dont le premier comprend jusqu'à l'an 25t de l'hégire. Ce livre sera commode pour les recherches, parce qu'on j trouvera, dans leur ordre chronologique, une (grande masse de faits relatirsà une province si importante de l'empire arahe ; mais sa véritable valeur historique ne se montrera que dans la partie qui traite des temps postérieurs, où l'aoteur pourra fournir des renseignements qui lui sont propres ; car tous ces annalistes arabes étaient les plagiaires les plus complets et les plus naïfs; heureusement ils se donnent rarement la peine de déguiser leurs emprunts par une nouvelle forme : ils se contentent de copier simplement; s'ils avaient toujours pu la probilt' d'indiquer leur sources, dont une grande partie a disparu par le succès même ie ces compilations, on devrait leur savoir gré de la simplicité avec laquelle ils s'appliquent le bien d'autnii. H. Juynboll annonce son intention de publier une traduction de l'ouvrage, quand le texte sera complet; mais ne vaudrait-il pas mieux publier la traduction à mesure que le texte avance? il me semble que tout texte oriental devrait être accompagné d'une traduction. Il est vrai que le récit d'Aboul Mahasin est, en général, très simple; mais, si facile que soit un livre oriental, son usage n'en est pas moins restreint à un très petit nombre de savants, pendant que l'intérêt des lettres orientales e\ig9 quR tous les renseignements qu'elles peuvent fournir soient accessibles à chacun. Tout texte publié sans traduction fortifie ce mur d'airain qui sépare encore nos études de toutes les autres et les empêche de porter leur fruits, au grand dommage de la science et du monde.

Puisque le hasard m'amène sur cesujet, je demande encore là permission de présenter, en toute humilité, mes doutes sur

une habitude que je *ois se répandre, eurtoul en Allemajcne, celle (le citer, au milieu d'un mi^moirc^, des phrases dan^ toutes les langues orientales, sans les nccompagner d'une traduction. Cette mode rient des pliilologuei^ grecs et latins, qui, en Allemagne, ne daignent plus guère traduire les cilalions sur lesquelles ils s'appuient dans leuis dissertations ; on dirait qu'ils craignent de Taire rougir leurs lecteurs, en les soupçonnant d'avoir besoin d'un si vil secours ; mais Je crois que c'e.El une délicatesse trop grande, et que le lecteur est, en général, bien aise de saroir comment l'auleur qui cite un p&ssa;it> l'entend lui-même; car des passages arrachés du contexte ne sont pas toujours faciles à comprendre, et il est toujours bn» de pouvoir s'assurer que l'auteur a compris de la mt'Tne façon que le lecteur. Au reste, ceci regarde la philologie classique, et s'il est convenu que tout le monde est également fort en grec et en lalin, et qu'il n'j a plus de passages d'un sens douteui, tttut est pourle mieut ; mais Je crois que, dans aucun cas, nous ne sommes arrivés k ce degré de perfection dans \t> études orientales, et qu'il y a, dans cette manière de citer, une superbe qui dépasse son but, en rendant impossible à la plupart des lecteurs de suivre le raisonnement de l'auteur, el, par conséquent, en restreignant le nombre des lecteurs à une minorité imperceptible.

Hais je reviens à mon si^et. HH. Defrémer; el Sanguîneiii ont publié le troisième volume des Voyages (Tlbn Batoulah'. qui contient les aventures de l'auteur dans le Kiptchak, à Balkh, dans le Khorasan, l'Afghanistan et une partie de l'In^p, Là, au moins, rien n'est plagiat ni compilation, l'auteur raconte ce qu'il voit et ce qu'il entend. Il voyage autrement i[\\e nous ne ferions; il fait attention à d'autres choses que <-ell<'~ qui nous frapperaient ; mais au moins c'est un homme avec qui on fait chemin, et non pas un copiste; il nous tait parliiiper

1. CoUcctinn d'ouvrugcs orionUnx de la Sociale asi.iliquc. Ibn Balosl<il: texte el traduction, par C. Dofrémerj et le D' D. R. Snnsolntlli, 1. III,

Parii. 1S55, in-8 (xivi et 476 p.).

lox éréneroents de la route, et vous sentez dans ses récils la ?ie humaine^ et souvent sous d'étranges aspects. Qu'on prenne pour exemple son entrée à la cour de Dehli| la réception qu'il f trouve, les difficultés qu'il rencontre, la manière dont il devient kadhi de Dehii, la facilité avec laquelle il dépense l'argent d'autrui, les moyens dont il se sert pour le rendre, et la résq-* ItitioQ soudaine qu'il prend de se faire ermite : tout cela forme on tableau frappant des mœurs musulmanes de ce temps. L'auteur touche, d'ailleurs, & une foule de points historiques, fttson témoignage est précieux pour juger les historiens indi* gènes; car, s'il connaît moins bien le pays, il regarde plus It* brement ce qui se passe autour delui,et le rapporte sans crainte et sans intérêt personnel. t

H. Amari a publié la première partie de sa Bibliothèque arabico-siciliénne ^ ; elle formera une collection complète d'ex> traits et de passages des historiens arabes relatifs à l'histoire, à la géographie et à la littérature des Arabes en Sicile. La partie aujourd'hui publiée contient des extraits de trentecinq historiens, la plupart inédits, commençant par Masoudi^ H se terminant avec Ibn al Athir, et l'ensemble nous donnera toutes les pièces justificatltes de l'ouvrage de M. Amari sur l'histoire de la Sicile sous les Arabes, dont le second volume est sous presse.

M. de Tornauvtr^ procureur général du sénat à Saint-Pétersbolirg, a fait paraître un traité sur le droit musulman. L'auleur, ayant occupé pendant longtemps des emplois importants dans les provinces transcaucasiennes de la Russie, s'est servi de sa position pour rédiger, d'abord en russe, puis en allemand % un manuel du droit musulman applicable aux pro-

1. Bibliotheca arabicù-iiculaj osiia raccolta di tostl arabici che toccano I3 gcografla, la storia, le biografîe c la bibliogralla dclla Sicilia, mesBi iniime da Michèle Amari. Fasc. I, Leipzig, 1855 (256 p.).

1 Dai motlemi8(Ae Rechl^ ans deii Quellcn dargcstellt von NIcolaus on Tornauw. Leipzig, 1855, in-8 (xivet 258 p.).

vîiices russes. Il a conservé Tordonnance générale des livresde droit musulman, et n*en a dévié que dans le classement de quelques subdivisions ; il a pris pour base les livres des légiste schiites ; et il ajoute partout, en note, les règles des autres sectes, en tant qu*elles diffèrent des principes suivis par les schiites; il donne partout les termes techniques en arabe, et indique, à la tête de chaque chapitre, les sources auxquelles il est emprunté. C'est un livre utile et bien fait, qui présente une idée de la législation musulmane, de ses principes et de leurs applications usuelles ; mais il est trop sommaire pour dispenser, dans les questions de détail ou de science, de re« courir aux travaux plus amples de Houradjea d*Ohhson, de Hamilton et de M. Perron;

H.Munka achevé la publication du premier volume du ie.\te original arabe et de la traduction française du Guide de$ égarés, par Moïse Maimonide^ L'auteur, né à Cordoue au commencement et mort au Caire à la fin du xir siècle, était non seulement le plus grand savant que la nation juive ait produit, mais un des plus grand esprits du moyen âge. Après avoir acquis une immense influence sur ses coreligionnaires par ses divers ouvrages sur le Talmud, il entreprit de ré^ concilier la raison et la religion, alors obscurcies par le ténébreux fanatisme des lalmudistes, et composa le Guide i^i égarés. Il avait à combattre dans son propre esprit deux grandes difficultés : d'un côté, le système d'interprétation allégorique dans lequel il était élevé, et, de l'autre, lascolaslique, qui tenait alors enchaîné dans ses formules l'esprit humain. Il ne put se dégager de ces deux formes, et s*il Tavait pu et voulu, il n'aurait été écouté par personne : c'était 1^ langage de la science de son temps, et il s'y soumit; mais son

1. Le Guide des égarés, traité de théologie et de philosophie, par MoB^

bcn Maimoun, publié pour la première fois dans Toriginal arabe, et se-

compagne d*une traduction française et de notes critiques, littéraireset cx*

plieativos, par M. S. Munk. T. I, Paris, 1856, in-8 (xvi et 463 p- «^

127 feuillets).

génie rompt de tous cAtés ces mailles qui l'enserrent, cl vendique les droits d'un esprit libre et supérieur à toute Irave. L'eiïet de son livre fut prodigieux; il remua jusqi fond les écoles juives, alors les plus savantes de l'Ëuropi Tut lour i tour adopté et excommunié ; mais les luttes doi fut l'objet modifièrent profondément l'esprit de la race ju en brisant le talmudisme étroit sous lequel elle était en d gcr de périr. C'est un des ouvrages qui ont leur place é nelle dans l'histoire de l'esprit bumain ; mais il était près impossible de le bien connaître. Le texte arabe n'avait jai paru ; on ne connaissait qu'une traduction en bébreu, pa rafabi Tibbon, élève du Malmonîde, traduction littérali obscure, qui a servi, à son tour, de texte à des traduct latines plus obscures encore. Le texte est des plus diflici Tailleur s'adresse à des lecteurs familiers avec les fonn de la théologie lalmuilii{ue et de la scolastique arabe, el courant des discussions qui passionnaient alors les écoles il est très heureux qu'il se soit trouvé un homme assez v dans l'histoire littéraire de ce temps pour éilaircir, dans noies, les allusions de l'auteur, l'origine des termes technit el le sensdesdoclrinesauxquellestouche le Maimonide. Pu M. Munk aller jusqu'au bout de la tâche laborieuse qu entreprise, au milieu de difficultés qui auraient découi tout autre que lui!

La numismatique arabe a reçu un secours utile par la blicatioii posthume d'un nouveau supplément au catalogue médailles arabes du musée de Snint-Pélersboui^. Le ci logue avait paru en Ittiti; H. Frœhn publia, en \%ii, la ' criplion des médailles qui avaient été acquises depuii temps, et il a continué pour lui-même la liste de toute: nouvelles acquisitions jusqu'au jour de sa mort'. Ces'

1. Cl. St. Fraehnti twttaiHppttmenla ail recraiionetiinumoritm Un iredaitonim AcaiUmiœ imp. tcient. PtlropoUtenrg. idditainenlii cil ^ucta, i^iilil B. D'irn. Sainl-l'âlutibouru, lltàS, iii-8 (xi el i51 p.).

94 VINGT-SEPT ANS D'HISTOIRE DES tTUDES ORIENTALES, nouvean catalogue qu'a publié M. Dorn, par ordre de l'A»demie de Saint-Pétersbourg. Les médailles y sont classées par dynasties; les légendes de cellesqui offrent quelque cbose de particulier sont données en entier, et quetques-nites des plus rares sont reproduites sur bois; le reste est seulement indiqué quand les légendes sont connues ou ne forment que des copies de formules déjà publiées. Le volume est termioé par une vie de M. Frœhn et ta liste de ses ouvrages publiés et inédits. H. Frœhn était un connaisseur si parfait de la numismatique arabe et un savant si exact et si consciencieni, que l'on doit savoir gré à l'Académie et à H. Dorn d'avoir rendu public ce dernier travail de leur illustre confrère.

M. Tornberg, à Lund, a donné la suile des mémoires ' par lesquels il instruit de temps en temps le public des découvertes de médailles arabes qui se font si fréquemment en Suède. H. Tornberg ne mentionne que les médailles rares, ou qui offrent quelque particularité nouvelle dans leurs légendes; il donne ces légendes en entier, discute l'époque et le lieu du monnayage, et entre quelquefois dans des discussions bîstoriques, quand il s'agit de dynasties ou de personnages peu connus ; il s'applique partout à mettre en lumière les dates et les circonstances historiques nouvelles qui ressortenl de ces petits monuments, souvent si riclies en renseignements inattendus, et précieux surtout par leur irrécusable exactitude. H. Tornberg a compris dans sa liste un certain nombre de médailles pehievies, et suit, dans la lecture des légenJes, la méthode de M. Hordtmann à Constantînople, dont les principes ont jeté une si grande lumière sur celte partie de U numismatique.

On sait combien les Arabes, dans les beaui temps du kha-

i. StmMm ai rtmmummiâm Hwkantmedanontm, e^iitC J. Twubetf. t. III, tpwl, IHU, ia-U 45» |>. et i fl.). Tira dMMéauMra de b Soàclt lojjle il'Ilpaal.

Hbt, ont recherché les ouTrages mathématiques des Qrees, et combien nous leur devons, pour leurs traductions d'otitra^ grecs quiauraient péri sans eux. M. Woepcke a trouvé dans un manuscrit de ta Bibltothèqueimpérialela Iraduetion arabe d'an commentairegrecdeValenssurledixiètne livre d'Euclide. lien a fait imprimerie texteparordrede l'Académie de Berlin ;mab l'ouvrage n'a pas encore paru, la Induction et le corammliire n'étant pas achevés. Bn tllendant, H. Woepekê en a tiré les matérianx d'une restitution d'un livre perdu d'Apolloaius *, comme autrefois ffalley a rétabli le hoilième livre {l'Apollonius sur les coniques, d'après les proposilîORS qui avaient été conservées par le traducteur arabe de Pappus. L'essai de H. Woepcke montrt qu'Apollonius était, non seulement le plus grand géomètre de l'antiquité, mats qu'il avait fak dans la théorie des nombres des découvertes pleines de génie. Vais je dois laisser aux maihématîeîens le jugement sur cette matière, de même qne Je ne puis que leur indiquer la ptiblics' tion de H. Horley sur les astrolabes des Arabes et des Persans. Le Musée britannique possède l'astrolabe de Sehah Hussein, le dernier des sofis de Perse; c'est le plus bel instrument de ce genre qui soit connu, et M. Moriej a entrepris de le publier dans tous ses détails avee une exactitude rigonreuse*. Les planches sont accompgnées d'un texte dans lequel l'auteur expose l'hisloire des astrolabes, leurs dillérentes espèces et leur usage, et explique les termes technirjues d'aslFenomi» arabe qui se trouvent dans les inscriptions dont tontes les parties de l'instrument sont couvertes ; enSi, on tronve daas

. 1. bwiiJ'MW nilUtUioH da tiaiiaiu penUaif Antonio* mr le» qatmlltèi inationntllt*, d'aprùs les iiidicalions tfrics d'un manuscrit arabe, par M. Woepckr Paris, !856, iu-4 (63 p.). (Tird du (. X[T dM Mitnoirtt fr4» MfilMjMT âi»tr» MMAtj à t'Àtodi iitU it» tcitneu.j

3. Dueriplion of a jriarûifheric aitrolabe eomtnieted for Shah Sultan llviaitt Safawi, king of Penia and now [ircservoit in IheRrilish Muséum; coniprisiii); an account orihe aslrolabu gcnerally, wil)i nulci illuilralivs and cxplanalory; to which arc ,-iildcd concise notices o( other astrolabes, easlern and curopean, hilbaiEB undwcrllMd, b; W. llort«]r. L*iidrM, ISôG, «r.ind in-f» (iii et 49 p. et XXt pi).

un appendice, les représentations et la description de onze autres astrolabes arabes, persans et indiens. Les nombreuses planches de l'ouvrage sont d'une grande beauté et d'une fidélité absolue, étant obtenues par un procédé de transfert au moyen duquel les lignes et les inscriptions qui s^entre-croisenl en tous sens sur Tinstrument, et qu'il eût été difTicile de reproduire par d'autres moyens, sont calquées. C'est un curieux et magnifique ouvrage, trop magnifique peut-être, parce que son format le rend difficile à lire; mais, les planches étant nécessairement de la grandeur de l'astrolabe, il eut été presque impossible d'éviter cet inconvénient.

La belle collection de manuscrits syriaques, que le British Muséum a tirée des monastères coptes de la Thébalde continue à fournir de nouveaux matériaux à l'étude. Ces manuscrits appartiennent en général à la patrislique, pour laquelle leur importance est très considérable ; car on y trouve, non seulement iês traductions d'ouvrages perdus de Pères de l'Église grecque ; mais ils permettent quelquefois de restituer le contenu original de pièces d'un grand intérêt qui ont été falsifiées dans l'ardeur des discussions théologiques postérieures. M. Cureton, qui a si habilement et avec tant de peines remis en ordre cette masse de feuilles dispersées et les a reconstituées en volume, a été naturellement le premier à nous faire jouir des résultats de son travail, d'abord par les lettres d'Ignace, un peu plus tard par la publication du texte de VHistoire ecclésiastique àe iediiï,é\èq\xed'Ephëse au vi* siècle*, dont il a (ait imprimer la troisième partie, la seule que Ton possède encore, et qui comprend les années 571-585. Ce volume renferme beaucoup de faits nouveaux sur les af^iires ecclésiastiques de ce temps, dans lesquelles l'auteur, monophysite passionné, a joué un rôle actif. Le texte est imprimé avec un beau caractère, gravé d'après les plus anciens manus-

1. The thirdpart ofihe ecclesiastical Historij of John hithop of Epkent, now llrst edited by W. Cureton. Oxford, 1853, in-4.

ANNÉli: 1855-1856. 97

crils des couvents de la Thébaïde. M. Cureton promet une Iraduclion de l'ouvrage.

Le même savant nous a donné un choix de morceaux syriaques, pour la plupart traduits du grec et perdus dans l'original. Ils sont tirés d'un recueil qui faisait partie de la bibliothèque de Sainle-Marie Deipara, dans le désert de Nitrie. Ce manuscrit fournil un exemple frappant du sort qu'ont subi ces livres; écrit au vil* ou viii* siècle en Syrie, il fut transporté dans la Thébaïde, et peu à peu néglige par Fignorance croissante des moines, comme tout le reste de leurs trésors littéraires, ensuite déchiré et éparpillé sur le sol du cellier à huile du monastère, où il contribua, avec des centaines d'autres volumes, à former la litière de cet endroit, jusqu'à ce que Tor et le rosoglio de MM. Tattam et Pacho l'eussent tiré par fragments, et à trois différentes reprises, de ce lieu (l'ignominie, et que M. Cureton eût réuni en volume les feuilles éparses à mesure qu'elles arrivaient. Le volume n'est pas complet; mais il n'y a plus d'espoir d'en obtenir le complément des moines de Sainte-Marie Deipara; ils ont tout vendu, jus- <lu'aux bouchons de leurs cruches, formés de manuscrits, et jusqu'aux balayures de leurs celliers, et il faut se contenter <le$ six cents volumes magnifiques qu'on ne peut pas voir, dans lesrayons du British Muséum, sans un vif sentiment de satisfaction de ce triomphe de la civilisation sur la barbarie. Le Volume de M. Cureton* contient un dialogue de Bardesanes sur le sort, le libre arbitre et l'influence des lois; un discours ^6 Mehton, adressé à Marc-Antoine, contenant une apologie ^u christianisme; une lettre d'Ambroise, ami d'Origène; *nfin, une lettre d'un certain Mara à son fils. Tous ces morceaux sont accompagnés de traductions, d'introductions historiques et de notes; quelques-uns étaient connus partielle-

1' Spicilegium tnjriacumf coiitaining rcrnains of Banlesan, Melilon, Xm- ^rosc aiitl Mara bar Scrapion. Now first cdited by Uie Uev. W. Cureton, ^nilon, 1855, iii-8» (xv, ii et 102 p.).

Ua VINGT-SEPT ANS D'HISTOIRE DES ÉTUDES OUIENTALES.

ment, les autres sont entièrement neufs, et leur ensembli^ forme une addition importante à la patristique du second siècle.

Une autre publication de la même espèce a paru à Leipiig; c'est une édition syriaque de la Didascatie des apôtres, tirée d'un manuscrit unique de la Bibliothèque de Parts'. Celte traduction passe pour plus ancienne et plus pure que les rédactions grecques que nous possMons; mais l'éditeur anonyme du texte ne nous fait part d'aucune des observatidos critiques que la comparaison des textes lui a ceitainement inspirées, si je ne mè trompe en attribuant cette puMieation i un homme connu par des travaux que recommandent ta si^cité et le savoir.

En recherchant les restes d'autres et de plus anetennesdvilisatioiis sémitiques, qui de nos jours sortent de terre avec tant d*abondan€e, nous rencontrons d'abord un moflumeol singulièrement curieux, que M. Pereiîé, chancelier d« «onsulat général de France à Beyrout, a découvert près de SaMa- Il eut non seulement, pour revendiquer son droit de propriété, à soutenir des procès en Syrie et à Constantinopl«, mais il sut résister à des offres très avantageuses de vendre au Musée britannique le monument qu'il voulait conserver k la France. Ses intentions à rot égard ont été remplies par M. le doc <le Luynes, qui a acheté le monument et en a fatt très généreasement don au musée du Louvre. C'est un sarcophage en basalte, couvert d'une belle inscription phénicienne d'ËschniuBaiar, roi de Sidon, la prenriiêrc qu'on ait trouvée sur le sol de 1» Phénicie même, et écrite dans une langue qui se rapproclie beaucoup plus de Thébreu que celle des inseriptions 4ju'e« possédait seules jusqu'alors, et qui proviennent toutes de colonies phéniciennes. M. de Luynes en tut la première traduction à rinslitut-; mais avant qifil eût ou le temps de publi^^r

1 . Didascûlia apofflolorum, syriacc. Leipzig, 1S54, in-8 (vu eilSI p). ± Mémoire sur le sarcophage et Vinscription lutiéraired'EsmunoieTjr» de 5t(/on, par H. d'Albert do Luynes. Pari8,1856, iu-fb(vi,83page8,elîpl.)-

son irsTail, des co] Euro(»e el en Amer moires sur ce sitii t>ury et Turner, à I i Zurich'; M. E H. Quairemère' el prélaiions el leurs espérer que ce o'ef faire en Phénieie d'autres sarcophag inscription! dont n diflicullés de l'inlei qu'à leur petit nam mais été explorée habitée, el les Gn truire les oionuin^ d'en employer les mais il n'est pourla rien dans us pajs c cités ' .

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