Voy. le Journal des Savants de î'année
2. IndiKhe Sludieriy von Webcr. Vol. IV. Berlin, 1858, in-S».
3. VJivaUulaita's commentary on the UnadiiUtraSj edited byTh. Aufrecht* Bonn, 1859, in-S (25 et 279 p.).
de notes, d'un glossaire et de plusieurs tables, pour en rendre Fusage le plus facile possible. Il n*a pas donné de traduction du texte, ce qui eût été à peine possible en pareille matière, et certainement inutile, puisque l'ouvrage ne s'adreMe qa*à ceux qui se livrent à Tétude spéciale de la grammaire lanscrité.
Enfin il a paru le premier volume du plus grand ouvrage sur la Grammaire sanscrite qui ait jamais été entrepris, le Mahabashya, publié par M. Ballantyne^ Vous savex tous que la grammaire sanscrite classique de Panlni consiste en vers mnémoniques, d'une précision admirable, mais inintelligibles sans commentaire : aussi les commentaires n'ont pas manqué, et les meilleurs d'entre eux ont été de nouveau le texte de nouvelles explications, et ainsi de suite. Tous ces travaux sont dignes de la plus grande attention; car les Hindous o&t porté dans leurs études grammaticales toute la subtilité et la délicatesse de leur esprit. M. Ballantyne, qui est undes hommes les plus intelligents et les plus actifs parmi tant d*hommes distingués qui sont l'honneur du gouvernement anglais dans l'Inde, a entrepris la publication de la série la plus notable de ces commentaires^ pour faire revivre dans l'Inde et pour aider en Europe l'école critique de la grammaire sanscrite; et la Compagnie des Indes a sanctionné les dépenses très considérables que nécessitera l'exécution de ce projet, qui exigera, si je ne me trompe, l'impression de seize volumes in-folio. Après de longues préparations a paru le premier volume» qui comprend le premier chapitre de Panini. Il est imprimé infolio oblong ; au milieu de la page se trouvent les vers de Panini, autour d'eux le commentaire de Patanjali, autour de ce-
1 . The Mahahashyay witli tlie commentary the Bhashya Pradipa and tha commenLiry thereon the Pradipodyota. Vol. I. Contai ni ng the Nayahnika with engUsii version of the opcniiig portion, odited by Jamefi Ballantyne, principal of the Government coUo^e at Benares, with the aid of the PandiU of the collège. Mirsapore. Voi.l, 1856,in-fol. oblong (U et 808 p*). Le spécimen de la traduetion anglaise a été imprimé dans le même format et est composé de 24 pages.
lui-ci le commentaire sur Patanjali par Kaiyata, lequel àsoa tour est encadré par le commentaire de Nageça. Ce volume a paru il y a trois ans ; il en est arrivé deux cents exemplaires à Londres; mais, par suite de je ne sais quel empêchemeol, ils n'ont pas encore été mis en vente. Puisse la nouvelle administration de rinde être aussi libérale et aussi éclairée que TaBcienne, et faire continuer cet ouvrage que la révolte et Tétdt de santé de M. Ballantyne ont interrompu!
Les deux Dictionnaires sanscrits qui sont commencés ont, l'un et l'autre, fait des progrès. Le second volume du Dictionnaire de MM. Boehtlingk et Uoth^ est terminé, et va jusqu'à et compris la palatale sourde aspirée; M. Goldstûcker'a fait paraître la troisième livraison de sa nouvelle rédaction du Dictionnaire de Wilson, et la quatrième est prête à être mise en vente.
Avant de passer aux ouvrages qui ont été publiés dans des langues qui se rattachent à l'Inde, je dirai quelques mots d*uD sujet que réveille un ouvrage qui vient de paraître à Londres'. La transcription des différents caractères orientaux avec des caractères latins a occupé, depuis longtemps, les savants en Europe, et Volney espérait parvenir au but en fondant un pris en faveur de ceux qui résoudraient le problème ou approcheraient de sa solution. Quand on observe la variété des transcriptions dont on a fait usage pour les noms et pour les mots orientaux les plus connus et les plus populaires, la confusion qui s'est introduite et les erreurs qu'elle a fait naître, on ne peut qu'être convaincu qu'un système de transcription exact
1. Sanskrit Woer lerbuch, \on Otto Boehtlingk und RudolfRoth.Vol.il- Saint-Pétersbourg, 1859, in-4 (ItOO colonnes).
2. A DicUonary sanskrit andenglish, cxtended and împroved froin the second édition of professor Wilson, by Th. Goldstiicker. 3* livr. Londres,
1858, in-i (240 p.).
3. Original papers illunlratingthe hisiory ofthe application ofthe roinin alphabet to the languagcs of India, edited by Monier WiUiams. Londres»
1859, in-8(xix,276p.).
et raisonnablement simple est un véritable besoin pour Téru^ dition : aussi a-t-on obtenu des résultats remarquables, mais non pas généraux. L'écriture arabe est une des plus impar faites, sous plusieurs rapports, et elle a résisté à tous les systèmes de transcription rigoureuse. On est parvenu à exprimer avec assez d'exactitude, les consonnes de l'alphabet arabe mais encore avec difficulté, et par des signes compliqués destinés à multiplier les valeurs des lettres latines. Tous ces systèmes ont le défaut inévitable d'exiger une attention excessive pour ne pas oublier ou confondre ces signes, et une exactitude qu'on peut obtenir à l'impression, mais qu'on espérerait en vain d'une copie. Cependant on n'est pas arrivé à une méthode satisfaisante pour reproduire certains signes de l'alphabet arabe qui sont moins vocaux que grammaticaux et étymologiques, de sorte qu'il serait impossible de transcrire en caractères arabes un (exte écrit en lettres latines modifiées et employées selon un des nombreux systèmes proposés. Il n'en est pas de même du caractère devanagari ; il y a plusieurs méthodes d'après lesquelles on peut écrire un texte sanscrit en lettres latines modifiées, et ensuite le reproduire exactement en devanagari. MM. Brockhaus, Faussbôll et autres ont pu imprimer en caractères latins des textes sanscrits d'une grande étendue % sans les défigurer et les rendre inintelligibles. On peut regarder le problème comme résolu, et il ne s'agit plus que de choisir parmi ces diverses méthodes pour en adopter une universellement ; et si les sociétés asiatiques de tous les pays parvenaient à ce résultat, elles rendraient un grand service à la science. Cette nouvelle écriture, il est vrai, sera loin de valoir l'écriture originale, parce qu'elle aura toujours le défaut de faire servir une seule lettre latine pour plusieurs caractères sanscrits, et de la surcharger par conséquent de points diacritiques et d'accents dont l'emploi est inévitablement une source de fautes; mais je pense qu'aucun
1. M. l'abbé Bertrand fait imprimer dansce moment le texte hindoustani de Kamrup en caractères latins.
278 VINGT-SEPT ANS D*flISTOIRE DES ÉTUDES ORIENTALES.
saTant ne songe à sabslituer un nouvel alphabet au deranagari ; seulement l'emploi d*un alphabet latin modifié et généralement adopté permettrait de se passer des caractères originaux quand il le faudrait pour des raisons quelconques, donnerait de l'uniformité aux transcriptions de noms et it mots, et serait d*un secours précieux dans toutes les études de grammaire comparée. Voilà le degré et l'étendue de rintérèl que la solution de ce problème oflVe au savoir en Europe; mais il en est tout autrement dans Tlnde, où Ton s'eflbrre d'en faire une question pratique de la plus haute importance. n s'est formé dans Tlnde, depuis une trentaine d'années^ une école qui désire remplacer par des lettres latines modifiées le^ différents alphabets d'origine musulmane et hindoue employés dans la péninsule. La question fut soulevée à l'occasion d'un dictionnaire hindou que M. Thompson fit imprimer en caractères latins modifiés, ou, comme on dit dans l'Inde, en caractères romains. Cet essai déplut à Calcutta, où il fut ré* prouvé surtout par Prinsep, et favorisé à Delhi par M. Trevelyan, aujourd'hui gouverneur de Madras. Une controverse assez vive ne changea rien aux convictions des deux partis, et l'on continua, à Delhi, à imprimer en caractères roinnim une série d'ouvrages populaires qui furent introduits dans les écoles des missionnaires, de sorte que ce caractère a fini par acquérir dans la haute Inde le nom de caractère missionnaire. Les réformateurs ont pour but de détruire la multiplicilé des écritures dans Tlnde entière, de faciliter aux Européens U lecture des livres indiens et aux Hindous l'étude de l'anglais, et de rendre possible aux employés anglais de lire la masse de placets et de pièces de procès qui leur arrivent aujourd'hui en caractères provinciaux cursifs et à peu près illisibles pour d'autres que pour des secrétaires indii^i'^nes, qui trouvent ainsi moyen d'influer sur le cours de la ju>lioe et de la corrompre. Si légitimes et si importants que soient ces motifs, je crois que ce plan échouera contre la diniculté de changer sur une si grande surface les habitudes des hommes, et je pense qu'il n'y aura pas grand regret à avoir de la non
ANNÉE 1858-1859. «Tt
réussite, parce que le nouvel alphabet est bien plus impar» fait que les anciens, et très peu applicable à rAmture, i muse des points diacritiques qu'il exiji^'e, et qui seraient ausgi certainement négligés en romain qu'ils le sont en arabe. Je ne puis croire qu'un juge anglais dans Tlnde fût plus en état de lire une pièce écrite en romain cursif, qu'il ne Test de la lire en schikesleh hindoustani. Le remède à cernai d'une gra» vite extrême serait d'exiger que les pièces offlcielles fussent écrites en lettres indigènes, mais formées régulièrement, et par conséquent lisibles. Le seul avantage que l'introduotion du nouvel alphabet offrirait serait de faciliter l'étude de l'anglais, avantage incontestable et de la plus grande valeur pour l'Inde; mais la première condition du succès, c'est-à-dire la supériorité réelle du nouvel alphabet, qui légitimerait son adoption et son extension graduelles, me parait manquer.
Il n'est arrive à ma connaissance qu'un bien petit nombre d'ouvrages relatifs aux langues et aux littératures indiennes autres que le sanscrit.
Il a paru à Calcutta un Dictionnaire anglais-^hindoustani de termes de loi et de commerce par M. Fallon*. L'auteur se plaint avec raison du peu de-sccours que les dictionnaires fournissent pour les termes techniciues, et du peu de soin qu'on apporte à distinguer l'emploi habituel des mots de leur sens général et étymoloiiiqiic. II ajoute à son travail une dissertation très bien faite sur la nature de riiindoustani el les avantages naturels que possède ce dialccto.
M. Garcin de Tassy a publié une traduction complète d'un roman hindoustani^, mêlé de prose et de vers, dont 11 avait
1. An EnglLsh-hindustani law ami commercial dictionary of words and phrases iiscd in rivU, criininal, revenue and mcrcantil affairs, designed especiaily to assiat translators of law papers, by S. W. Fallon. Calcutta, 1858, in-8 (xxvn, àO^ et v p.).
^. La Doctrine de Vûrnour, ou Tqj-ulmuluk et Bakawali^ roman de philosophie religieuse, par Nihal Chand, de Dehii, traduit de rhindoustaai| par M. Garcin de Tassy. Paris, 1858, in-8(123 p.).
déjà donné des extraits dans voire Journal (année 1836).Nihal Chandy de Delhi, remania, au commencement de ce siècle, oo ancien roman hindou, sous le titre de Doctrine de l^anwury et l'élégance de son style rendit populaire ce petit livre. C'est uoe féerie extravagante, composée d'aventures merveilleuses, de souvenirs de contes musulmans sur Salomon, d'imitations des Mille et une Nuits et de fragments de mythologie indienne, le tout brodé de vers lyriques et de sentences morales. Ce morceau est curieux comme spécimen de la nourriture intellectuelle qui suffit au beau monde musulman de Tlnde.
M. Hodgson ' a fait paraître quelques nouvelles parties des Vocabulaires des langues de l'Himalaya, qu'il a recueillis avec tant de persévérance, et le gouvernement du Bengale a iasêré, dans la collection des documents publics qu'il fait imprimer, un mémoire du même savant sur le NepaP,dans lequel il traite de la géographie du pays, des différentes tribus qui l'habitent, de leurs dialectes et de leur oi^anisation. Il s'étend dans ce travail beaucoup au delà du Népal propre» jusqu'aux tribus du Sifan et du Tibet méridional ; il en discute la position ethnographique, et donne des vocabulaires de leurs langues. Ce mémoire contient une infinité de faits et d*observations qu*il eût été impossible de réunir sans le long séjour de M. Hodgson dans THimalaya dans les circonstances les plus favorables, et sans une étude infatigable de la nature et des hommes de ces contrées.
n est arrivé en Europe quelques nouveaux volumes de la Bibliotheca canarensiSy publiés par H. Moegling, à Hangalore. Les volumes que j'ai vus contiennent une traduction
t. Comparative Vocabulary ofthe kmguagesof the broken tribet of^fpalyby B. H. Hodgson. GalcutU, 1858, in-8 (^06 p.). Tirage à partda Journal asiatique de Calcutta.
2. Sélections front the records of the Government of Bengal, n. xxviu Papere relative to the colonizatton, commerce, physical geo^^raphy, etc. of ttie Himalaya mouutaing and Népal, bv Brian Hough ton Hodgson. CaIrutU «857, in-8 (243 p.).
abrégée du Hahabharat, en canara^ faite, il y a deux siècles, par Lakscbmeschka ^; une cellection de poésies lyriques originales, en canara, par Purandara et autres*; enfin un recueil de trois mille cinq cent quarante-sept proverbes, réunis par l'éditeur lui-même \ Il est à craindre que la continuation de cette curieuse collection, dont le but est d'initier les missionnaires dans la langue et les idées du peuple à la conversion duquel ils se consacrent, ne soit interrompue par le changement de résidence du savant éditeur, qui a fondé une nouvelle mission dans le pays de Courg.
Enfln j'ai reçu de Rangoon une Vie de Bouddha, originairement écrite en pâli, et traduite en anglais d'après une version birmane, par M. l'abbé Bigandet% missionnaire français à Poulo-Pinang. M. Bigandet, qui a longtemps résidé en pays birman, et qui a acquis une connaissance parfaite de la langue et de la littérature birmanes, a pris pour thème une traduction birmane d'une Vie de Bouddha en pâli; mais il n'indique pas le titre qu'elle porte dans l'original. Le bouddhisme des Birmans, comme celui de toute la péninsule transgangétique, vient de Ceyian et repose sur les livres en pâli, de sorte que l'ouvrage de M. Bigandet correspond aux travaux dans lesquels M. Spence Hardy a exposé les doctrines et l'organisation du bouddhisme, d'après des sources cingalaises. Le travail de M. Bigandet se divise en trois parties : la Vie de Bouddha, avec des notes assez développées, dans lesquelles l'auteur éclaircit le texte par ses observations personnelles de la vie et des cérémonies des bouddhistes ; ensuite une Notice sur les bouddhistes, leur organisation et les règles de leur ordre ; en-
i.Mahabharata. Mangalore, 1848, in-fol. (253 p.).