Dasarapada. Mangalore, 1850, in-fol. (155 p
3. Recueil de proverbes. Mangalore, 18«^2, in-fol. (109 p ). La coliecUon ne porte pas de litre général; elle est lithograpliiée et n'est tirée qu'a deux cents exemplaires.
i. The lifeofCaudamOt the Buddha of the Rurmesc, with annotations, notice of the Phongics on buddhist religions and the ways to Nibanby the right Rev. P. Bigandet. Rangoon, 1859, in-8(vm, 324etiiip.).
fin un Exposé de la morale bouddhiste, qui consiste dans la traduction d'un traité en birman qui porte le titre des Sfft voies du Ninrana, accompagné de remarques de Fauteur. L'ouvrage entier est écrit dans un esprit tout scientifique et véritablement tolérant; le but de M. Bigandet n'était pas de réfuter le bouddhisme, mais de le faire connaître tel qu'il l'a vu, sans passion ni controverse. C'est une addition aux éludes récontes sur le bouddhisme méridional qui fait honneur à la science de l'auteur et qui mérite la reconnaissance des savants.
Il ne me reste plus qu'à parler des ouvrages qui ont paru sur la littérature chinoise, ou plutôt du seul qui soit à ma disposilion* : c'est le second volume de la Description des contrées occidentales par Hiouen-thsang, traduit par M. Stanislas Julien *. Ce volume contient la fin des longues pérégrinations du moine bouddhiste; nous le voyons longer la côle orientale de la péninsule pour aller à l'Ile de Ceyian, que, malheureusement, il ne put atteindre ; il traverse alors le Dcccan, remonte, par le pays des Mahrattes et le Gufzerate, jusqu'à Kaschgar, et s'en retourne en Chine par Yarkend, Klioten et la partie méridionale du désert de Gobi. Partout il ne recherche que les traces de Bouddha et de sa religion ; là où H ne trouve pas de coreligionnaires, il ne s'intéresse à rien elne nous enseigne presque rien; c'est l'homme d'une idée unique et absorbante, et nous n'avons pas le droit de nousen plaindre; car, sans elle, il n'aurait pas eu la force de faire ce voyage, dont la durée, l'étendue, les fatigues et les dangers sont si eï-
1. Je sais que M. Edkins a pubUé récemment à Londres un ouvr2g<^ sur les sectes religieuses en Cliine, dans lequel il paraît Imiter surtout d^ celle du Tao, comme de la moins connue. Je n'ai pas encore pu me 1« procurer.
2. Mémoires sur les contrées occidentalest traduits du sanskrit en chinois, en l'an 6-i8, par Hiouen-thsang, et du chinois en français, par M. Stanislas Julien. Tome n, contenant les livres IX A XII. un mémoir»^ analv- Uque sur la carte du premier volume, cinq index et une carte japonaise de TAsie centrale et de rindc ancienne Paris, 18ô8, in-8 (xjx, 576 p et une carte).
ANNÉB i8S8-f859. «88
(raordinalres et dont les résnltats pour des .sdences auxquelles il ne pensait point sont si considérables. M. Vivien de Saint-Martin à commencé à tirer de cet ouvrage les matériaux qu'il fournit pour la géographie de Tlnde, et tous les progrès que Ton fera dans la connaissance de Tlnde antique et du moyen âge feront ressortir de nouvelles conséquences à tirer des renseignements que Hiouen-thsang nous a transmis. C*est une mine qui sera exploitée aussi longtemps que l'on s'occupera de l'histoire de l'Inde et de celle du bouddhisme, et qui est d'autant plus importante que le voyageur raconte ses propres impressions et ce qu'il a vu lui-même dans les pays qu'il a visités, et que nous avons par conséquent une date fixe pour les faits qu'il rapporte. M. Julien termine le volume par cinq tables très détaillées, qui facilitent Tusa^îe de l'ouvrage, et par une carte de l'Inde rédigée au Japon d'après les voyageurs bouddhistes chinois. Il annonce qu'il n'a pas encore réussi à se procurer en Chine les autres ouvrages des bouddhistes chinois dont il avait trouvé les titres, mais qu'il espère les obtenir au Japon, et tous les amis des recherches histotoriques lui sauront un gré infini s'il parvient à tirer de l'oubli des ouvrages semblables aux voyages de Hiouen-thsang.
Le nombre et la qualité des ouvrages de littérature orientale publiés dans cette seule année peuvent et doivent paraître très considérables et faire croire à un état très florissant de vos études. Cette conclusion serait encore bien plus naturelle si cette liste était complète, car il m'a certainement échappé un grand nombre d'ouvrages, en partie par ma faute, parce qu'un peu plus de recherche me les aurait fait trouver; en partie sans qu'il y ait de ma faute, parce que l'état défectueux des communications littéraires ne nous donne pas los moyens d'être parfaitement instruits de ce qui se fait en Orient. Néanmoins la conclusion ne serait que très partiellement vraie.
Certainement les lettres orientales ont fait des progrès immenses depuis le commencement du siècle et en font de nou-
vaux dans une proportion toujours croissante ; elles ont pris possession de toute l'étendue de leur domaine; elles s'occupent de toutes les littératures et de toutes les langues orienlales, même de celles des tribus les plus obscures et les plus illettrées, pour en tirer des lumières sur l'histoire des races asiatiques; elles ont abordé les problèmes les plus difficiles; elles ont éclairci, au delà de toute espérance, la seule histoire digne d'être étudiée, celle de l'esprit humain. Mais, malgré tout cela, ces études n'ont pas obtenu la position à laquelle elles ont droit, et dont elles ont besoin pour atteindre le but, encore lointain, qu'elles se proposent Elles ne sont pas entrées dans les besohs intellectuels des peuples civilisés, et leur culture est encore tout artificielle, parce qu'elle n'est ni entourée, ni soutenue par l'intérêt du public. Je ne parle pas ici d'une popularité qu'elles ne peuvent jamais avoir et qu'elles ne doivent ni rechercher, ni désirer ; mais de cette curiosité intelligente qui protège l'étude des littératures classiques. Je ne parle pas non plus de l'espoir chimérique de voir jamais l'étude des langues orientales devenir commune parmi les savants, mais uniquement du désir qui doit nous animer tous de voir les résultats des recherches sur l'Orient entrer dans le fonds commun des connaissances qu'on exige d'un homme lettré. Cet intérêt, que nous voudrions éveiller chez les hommes dont l'esprit est cultivé, existe en Allemagne à un assez haut degré, à un moindre en Angleterre, et fait presque défaut en France. On possède la preuve la plus notoire et la plus irrécusable de cette indifférence dans le silence des journaux de Paris, si intéressés à étudier sans cesse le goût du public. Ainsi je suis sûr que vous trouveriez vingt journaux allemands qui ont rendu compte à leurs lecteurs de la manière dont Biirnouf a déchiffré les inscriptions de Darius, de sa découverte du zendeldes résultats de ses recherches sur le bouddhisme, pendant que vous ne trouverez peut-être pas un seul journal français qui ait jugé utile d'en parler. C'est cet isolement qui affaiblit les lettres orientales en France et met en danger cette partie de l'héritage de la gloire nationale.
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Heureusement on peut apercevoir des indices d'un change* ment qui se prépare, et ce qui les rend plus précieux, c'est qu'ils viennent non pas de Paris, mais des provinces. M. Menant, juge à Lisieux, vous a envoyé il y a quelque temps son ouvrage sur Zoroastre; aujourd'hui il nous donne un essai sur les cunéirormes assyriens^, qu'il a composé pour l'Académie d*Amiens. Vous connaissez les efforts de M. Guerrier de Dumast pour introduire l'étude de l'arabe et du sanscrit dans l'enseignement des facultés de province, et les demandes des Académies de Metz et de Nancy adressées au Gouvernement pour que ce plan soit exécuté. Vous avez vu les mémoires sur la poésie indienne. que M. EichhofT a imprimés dans les publications de l'Académie de Lyon, et qui s'adressent, avant tout, aux professeurs de l'Université, pour leur inspirer le goût des lettres indiennes en montrant la parenté des langues et des idées des peuples ariens d'Asie et d'Europe. Ces idées ont trouvé un écho très vif dans la jeune Université. J'ai devant moi le prospectus d'une grammaire sanscrite de M. Burnouf, professeur à la faculté de Nancy ^; elle sera imprimée en caractères latins, pour que l'dlphabet devanagari ne fasse pas un obstacle aux commençants; elle est destinée surtout aux professeurs de grec et de latin pour qu'ils puissent y trouver les éléments de la comparaison, de la formation et de l'histoire des langues classiques. Enfin notre confrère H. Sadous, professeur à Versailles, vient de faire paraître la traduction de THistoire de la littérature indienne par M. Weber% dans le but de montrer l'intérêt que l'étude de Tlnde doit inspirer à ceux qui s'occu-
1. Notice iur les inscriptions cunéiformes de la colleclion de M. Lottin de Laval, par M. J. Menant. Caen, 1858, in-8 (4i p. et 4 photographies). J*ai reçu pendant rimpression de ce rapport un secrnid mémoire de M. Menant 80U8 ce titre : Inscriptions assyriennes des briques de Babylone, essai de lecture et d^interprétation. Paris, 1859, in-8 (55 p. et 2 pi.)
2. Méthode pour étudier la langue sanserite,pzrtm[\e Burnoufet L. Leupol. Nancy, 1859, in-8 (prospectus). J*apprcnds, pendarit que ces pages sont sous presse, que cette grammaire a paru; je ne l'ai pas encore vue.
3. Histoire de la littérature indienne, par A. Webcr, traduite de Tallemand, par Alfred Sadous. Paris, 1859, in-8 (ix et 495 p.).
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pent des langues classiques, et pour les encourager à j pénétrer plus avant.
Ce qui surtout donne de la valeur à ces efforts, c'est qu'ils n'ont été suggérés par personne, et soht le produit spoatané d'un besoin naissant, besoin plus vivement senti par quelques esprits d'élite qui s'en font les organes, mais qui évidemmeol sont soutenus par l'approbation et la curiosité de la jeunesse qui les entoure. Si l'enseignement était parfaitement libre ea France, un mouvement de ce genre y pénétrerait et s'étendrait graduellement ; mais ici il faut Taide du Gouvernement, et il est vivement à désirer qu'il proflte de la tendance qui se révèle pour fortifier l'enseignement des langues et des littératures classiques. Cette étude a été rajeunie en Allemagne par celle du sanscrit; elle le serait également en France. Il fau" drait, avant tout, l'introduire dans l'École normale, d'où elle se répandrait dans l'Université, qui, quoi qu'on en ait dit, est réellement le cœur de la France, Cet enseignement y trouverait des esprits jeunes, cultivés et tout préparés, qui apprécieraient à leur juste valeur ce que les études classiques et rhistoire peuvent gagner en profondeur, en nouveauté, en intérêt et en sûreté par cet élargissement de leur base, et c'est ainsi que se répandrait avec suite et mesure, dans le pays entier, uu enseignement plus large et plus élevé des langues et de Vhisr toire, et le cercle des idées s'agrandirait dans tous les esprits.
RAPPORT LU LE 2 JUILLET i860