Beiiar-i- Atiiem, Calcutta, 1853, â vol. in-iol
à être reproduits en Europe, mais, devraient être très accessibles aux savants, sont presque introuvables. Des relations de librairie plus fréquentes et plus suivies mettront fln à cet état de choses pour les ouvrages qui paraissent dans Tlnde et en Egypte ; quant à ceux qui se publient en Perse, nous serons probablement encore longtemps livrés au hasard et à des occasions rares et accidentelles. Mais je reviens aux onirrages persans publiés en Europe.
M. de Rosenzweig, à Vienne, a fait paraître le second et dernier volume de son édition de Haflz^ Il n'y a rien à dire sur le texte, qui est la reproduction exacte et correcte de la rédaction adoptée par Soudi. Je ne sais d'où vient cette rédaction, qui est généralement suivie en Turquie, mais qui diffère considé* rablement des diverses rédactions que Ton trouve dans les manuscrits et édifions qui nous viennent de la Perse et de rinde. L'ordre dans lequel les odes sont placées, leur nombre, Tordre et le nombre des vers dans une grande partie des odes, enfln, le lexre même des vers communs à toutes les rédactions, diffèrent extrêmement, et je ne sais s'il existe des matériaux suffisants pour un travail critique qui permettrait d'établir un texte authentique. M. de Rosenzweig, ayant adopté la rédaction de Soudi, suit naturellement aussi l'interpréta* tion de ce commentateur, qui est en général très exact. Tout ee qu'on pourrait lui reprocher serait de pencher un peu trop vers le sens mystique, dans les passages innombrables où le texte de Hafiz laisse le lecteur dans l'incertitude, ne sachant si l'auteur parle de passions humaines, ou de l'ardeur avec laquelle l'initié poursuit la réunion de son âme avec Dieu. Cette manière d'interpréter Hafiz répond à une tendance naturelle des musulmans pieux, qui réprouvent la légèreté ap-
1. Der Divan des grossen lyrischen Dichtèrs Hafis, im persischen Original henratf cgeben, ins dentsche ubeneist and mil Anmerkungen Tcrselien Yon Vinccnx RiUer t. Rosenfweif-Schwannan, toi. If. Vienne, 1863, in-8o (595 pages).
486 ViNGT-SËPr ANS D*HIST01KË D£S ÉTUDES ORIENTALES.
parente du poète et ne voudraient pourtant pas se priver do plaisir de le lire. Ma propre impression est que Hafiz était un esprit tout lyrique, avec un sentiment très, vif de la nature. Dans un autre milieu, il eût été un Anacréon exquis; maif élevé au milieu d*une société où le mysticisme était universellement reçu par tous les esprits cultivés, il s'en pénétn el s*en (it comme Une seconde nature. De là, ce mélange de pensées qui nous embarrasse d'autant plus que peut-être luimême ne distinguait plus toujours les deux sentiments, $i divers dans leur origine, qui l'agitaient. Quoi qu'il en soit, Hafiz el Sadi resteront toujours les représentants les plu> parfaits, chacun dans son genre, de cet esprit facile, souvent profond et toujours gracieux des Persans, et il est heureux que M. de Rosenzweig présente Hafiz au monde littéraire européen dans une traduction fidèle et élégante, dans laquelle il a su vaincre avec un rare bonheur les difficultés d'une traduction métrique.
M. Garcin de Tassy a publié la traduction du Mantic ni Thair de Ferideddin Attar*,!dont il avait fait imprimer \^ texte il y a quelques années. Ici nous avons devant nous un mystique de race pure, un des auteurs soufis les plus goûtê< des Persans. L'auteur nous représente les hommes sous l'image des oiseaux, qui se réunissent pour se rendre auprès du Simourgh, et leur voyage nous peint les hésitations et les dangers qui entourent l'âme humaine aspirant à sa réunion avec Dieu. Les oiseaux se mettent sous la direction de la huppe, l'oiseau favori de Salomon ; elle les soutient dans leur? défaillances, leur démontre leurs vices par une suite de discours, de récits et de paraboles, et conduit à la fin auprès du Simourgh le petit nombre de ceux qui ne succombent pas aux dangers et aux fatigues de la route. Cette longue allégorie
1. Mantic Uttaïr, ou le Lanp^age des oiseaux, poème de philosophie nli^icusc, lr<iduit du persan de Karid uddin AtUir, par M. Carciii de T.i^^' Piris, t8G3, in-8" (xi et 261 piges).
a probablement pour but de dépouiller de son aridité la doctrine des Soufîs sur les progrès que Fàme doit faire pour s'approcher de Dieu, et à la fin s'absorber en lui; progrès dont ils ont fixé les différentes stations et défini les degrés par une analyse psychologique très subtile et presque scientifique de Textase. Ferideddin Attar, qui écrivait pour le public et non pas seulement pour les élus, a sans doute voulu faciliter à ses lecteurs Tintelligence de la doctrine par la mise en scène assez habile des oiseaux et de leurs caractères différents, et par les nombreuses anecdotes au moyen desquelles il élucide les points de théorie qu'il énonce. Ce n'est pas un penseur aussi profond que Djelaleddin Roumi, mais c'est un homme convaincu, qui, dans tous ses ouvrages, prêche la morale et l'application du soufisme, plutôt que les points abstraits de la doctrine, et qui a eu une grande influence sur les esprits en Perse.
M. Lees, à Calcutta, a fait paraître la fin du texte de THistoire 4u roi de Dehli, Firouz Toghluk, de la dynastie de Khiljis, par Zin-eddin Barni^ C'est un des ouvrages que M. Elliotavai désignés pour être compris dans la grande collection d'historiens de l'Inde qu'il avait projetée, et cette biographie est très digne d'être connue, car Firouz était un des meilleurs princes qui aient gouverné à Dehli. Il a employé son long règne (de l'an 1351 à i387) à ouvrir de nombreux canaux dans l'Inde supérieure, à réduire l'impôt sur les terres, à abolir le code pénal atroce que la tyrannie de ses prédécesseurs avait introduit, et à répandre l'instruction publique. Se trouvant affaibli par l'âge, il donna sa démission; mais une guerre civile éclata, le peuple alla chercher le vieux roi et le plaça entre les armées, ce qui fit à l'instant cesser la révolte; aussitôt qu'il eut pourvu à la tranquillité publique, il résigna de nouveau et mourut bientôt après. Il a écrit lui-même l'histoire de sa vie ; je ne sais si le
The Tarikhi Ferovhahi of Zin al Din Barni, editcd by Saiyid Ahmod Khan undnr the superiaiendencc ofCapt. Nassau Lees. Caleutta, 1862, in-S" (l'ouvrage entier a 602 pages, il fait partie de la Bibliotheca indica).
iS% VINGT-SEPT ANS DHISTOIRE DKS ÉTUDES ORIENTALES.
livre existe, mais on a toujours considéra celte histoire comme la source principale de la Chronique de Bimi, et c*est celle chronique dont M. Lees vient de terminer Tédition. L'éditeur promet pour plus tard une notice sur eet historien et son œuvre.
M. Nassau Lees a fait encore imprimer la Vie de Masani) par Balhaki qui avait été préparée par feu M. Morley et, après sa mort prématurée, adoptée pour la Bibliotheca iniien^. Le dernier c<ihier de co volume a paru, mais sans contenir un seul mot d'introduction ou d'éclaircissements d'aucun genre sur l'auteur et sur les manuscrits dont les éditeurs se sont servis; nous apprenons seulement par le titre quecette Vie de Masaud n'est qu'une partie détachée d'un ouvrage plus général qui parait aussi contenir la vie des prédécesseurs de ce prince sur le trône de Ghaznin. La Société asiatique de Calcutta publie en général des textes sans traduction, et elle en peut donner de très bonnes raisons : la facilité plus grande dans l'Inde qu'en Europe de fhire imprimer des textes et la difficulté plus grande d'obtenir des traduetioos, ensuite les besoins des Orientaux auxquels elle poun'oitet h qui les traductions seraient inutiles, enfin les services incontestables qu'elle rend par ses éditions telles qu'elles sont. Tout cela est vrai; mais serait-ce être trop exigeant que de demander une introduction qui indiquerait au lecteur la nature et Timportance de Touvrage et les matériaux qu'on a eus pour sa publication? Dans le cas présent il n'eût pas été difficile de JQ9tifier le choix de Touvrage qu'on a Tait, car l'époque dont il traite est singulièrement intéressante tant pour l'histoire de rinde que poqr eelle du khalifat, et Balhaki est un auteur plus intelligent que la plupart des chroniqueurs; mais si le commencement de Touvrage contient réellement la vie de Sébnkl^
1. The Tarikh-i-Baihaki^ conlaining Ihe lifc of Masaiid, being Ihe 7*, 8«*, 0«^and part of the 6»'' aiul 10*' volumos of the TViWAft -t-a<-i SahokUkeen by Abul FazI al Baïhaki, |)rinlod uiuter Ihe supervision ofCapt Nassau Lees. Calcutta, 1862, iu-8^ (l'ouvrage entier a «68 pages).
AmU 186i«1H69. 419
guin et de Mahmoud, il sérail très désirable que la Société de Calcutta voulût bien la publier aussi, car la biographie de ces deux princes que nous avons dans le Tarikhi F^mtnt est malheureusement d'un auteur qui fait infiniment plus de cas J es phrases rimées et des allitérations que des événements qu'il avait à raconter.
11 n*e8t venu à ma connaissance qu'un seul travail sur la langue persane; c'est un petit volume de M, Barb sur la conju* gaison du verbe ^ L'auteur commence par exposer le système du verbe persan et indiquer l'emploi des temps. Cette partie de son livre est pleine d'observations fines et vraies sur les nuances de sens exprimées par les différentes formes des temps, observations que personne ne lira sans plaisir et sans profit. En« suite il explique Torigine des formes verbales en persan . Il s'élève contre l'application au persan des règles que la grammaire corn* parée a adoptées pour expliquer ces formes, et maintient avec grande raison que chaque langue doit être d'abord étudiée se^ Um ses propres procédés et les règles d'euphonie qu'elle suit» avant qu'on puisse lui faire l'application d'une règle générale tirée des procédés d'autres membres de celte famille. Il n*ad*> met point que l'origine des formes verbales du persan soit à cheroher dans l'agglutination des formes du verbe éire avec les racines des verbes» comme le fait M. Bopp et son école. Il eherche au contraire à établir que les formes verbales en persan proviennent uniquementetdirectementderagglutination du pronom personne) avec les raeines des verbes. C'est une niatière pleine de difficultés, mais je doute que l'explication des formes verbales persanes que M. Barb nous offre soit acceptée. Il me parait qu'en elle-même et abstraction faite de toute analogie avec d'autres langues indo-européennes, cette théorie oblige à trop de concessions sur les formes du pronom pour être satisfaisante, et qu'alora la présomption tirée des
1. Ueherdie Conjutfalionâes pfnischenVerbumM, von H. A. Harb. Vienne.
1861, in-8« (il8 pages).
4flO VINGT-SEPT ANS D'HISTOIKE DES ÉTUDES ORIENTALES.
procédés observés dans les autres langues de la même familk devient irrésistible. Mais qupl que soit le sort de cette application particulière du principe de M. Barb, il nVn est pasmoias vrai que le contrôle des règles générales de la granimaine comparée d'une famille de langues, par l'étude minutieuse des procédés particuliers et des lois d'euphonie de chaque laneu'. est une chose très désirable et qui contribuera nécessairement adonner plus de précision et plus de certitude à la grammuii? comparée elle-même.
Avant de quitter les littératures musulmanes je devrais indiquer ce qui a paru depuis deux ans en turc ; maisje suis heureux de pouvoir renvoyer le lecteur à la. liste que M. Bianchi publiera dans le cahier d'août de notre Journal. Cette liste, bien plus complète que celle que j'aurais pu faire, indiqaen, avec toute Tautorité du savoir de son auteur, l'intérêt qoe ces ouvrages peuvent offrir au public européen. Mais avant de passer à l'Inde, je dois dire quelques mots d'une-série d'ouvrages que M. Raverty a publiés sur une langue et une littérature bien négligéesjusqu'ici, celles des Afghans. Se trouvant stationnés Peshawer, il se mit à étudier l'afghan à l'aide d'un natif de Kandahar, composa une grammaire et la publia à Calcutta en 1854. li a continué depuis ce temps ses études et fait paraître une seconde édition de sa grammaire*, un dictionnaire*, et une chrestomathie ^ Dans les dissertations quijffécèdent sa grammaire et son dictionnaire, l'auteur fait la critique de ceux qui ont parlé avant lui de cette langue, et ont donné des opinions sur son orierine, puis il essaye de formuler
1. A Grammar of the Pukhto or Pu^to, languag^ of ihe Afghans w^ rcmarks on the languagc, literature and dcsccnt of the afghan tribe? by Captain H. G. Kaverty. Londres, 1860, in-4.o (xxxvi et 204 pages).
2. A Dictionary of the Pukfito or PuxhtOy or language of the AftbtD*- 1»7 Captain Raverty (xxv et 558 pages). Londros, 1860, in-K
3. The GiiUïian-i'Roh, being sélections prose and poetical, in **"' pushto or afghan language, editcd by Captain Raverfy. Londres, f^•'^ in-4o.
ANNÉE i86i-I863. " 491
9a propre théorie. Il croit que les Afghans sont les descendants des dix tribus, ce qui est une ancienne fable du pays, maïs il ne croit pas pouvoir déterminer à quelle famille leur langue appartient, ce qui montre sur quelle faible base repose ce qu'il dit de l'origine de cette nation. Au reste le vague de ses idées sur la comparaison et la parenté des langues est tel, qu*on ne peut altacher aucune importance à ce qu'il avance sur ce sujet. Ensuite il nous fournit une série de noms d'auteurs qui ont écrit en afghan, et sa chrestomathie contient des extraits de dix ouvrages en prose et en vers. La probabilité est que cettr» littérature consiste en imitations d'ouvrages persans et que les chroniques se trouveront en être la partie la plus curieuse. Mais la langue elle-même offre certainement aux études philologiques un problème très curieux, et il faut rendre grâce à M. Raverty d'avoir publié des matériaux aussi abondants, pendant qu'auparavant on ne possédait réellement que bien peu de renseignements sur cette langue, à l'exception de ce que nous donnait la grammaire de M. Dorn.
Le travail littéraire sur l'Inde se concentre de plus en plus sur les Védas et la littérature védique, et il est probable qu'il en sera ainsi encore pendant longtemps. Car tout dans les études indiennes tend nécessairement vers les temps védiques, parce quetout en est sorti par un développement ininterrompu, et ne trouve son explication que dans les monuments qu'ils nous ont laissés. La succession des siècles a changé la forme de tout, de la langue, de la religion, des idées ; mais le fond est resté le même, car ces anciens temps ont réglé les grandes choses sociales d'une façon ineffaçable, et il faut toujours remonter vers eux pour comprendre ce qui est aujourd'hui. Les autres branches delà racearienne, les Celtes, les Slaves, lesGermains, les Grecs, les Romains et les Persans ont gardé moins de cette empreinte primitive, parce que le contact avec d'autres races, l'influence surtout des peuples sémitiques, les ont si profondément modifiées, qu'il serait bien difficile de leur supposer une parenté commune^ si leurs langues n'en fournissaient pas la
preuve incontestable et aujourd'hui incontestée. Mais les û- Tolutioos qu elles ont subies, les courants d'idées étrangèra qu'elles ont rencontrés, créent chez elles des époques qui nVm tenl pas chei les Hindous, oà le cours du développement n'a pas été violemment changé. Il faut donc étudier les Védas pour comprendre Tlnde, et il faut encore les étudier comme les premiers monuments de Tesprit arien, qui, après tout, est le nôtre, et parce que les premiers germes de la civilisation qui aujourd'hui domine le monde y sont déposés. Ce sera une œum longue et laborieuse, car il nous reste un grand nombre d'oovrages qui se rapportent aux Yédaset en sont ou le développe ment ou l'explication, et dont on ne peut négliger aucun si Fcb veut pénétrer dans le sens de livres si anciens.
La première chose à faire était de publier les textes, et celle entreprise, commencée simultanément par plusieurs savants en Europe et dans Tlnde, s'avance rapidement vers son terne. M. Max Mûller, à Oxford, a fait paraître le quatrième volnme de sa belle édition du Rig-Véda avec le commentaire de Sayana^; ce volume se termine avec le huitième mandala.ti il en reste deux k publier, qui, probablement, rempliront encore deux volumes, surtout si M. Mfiller y ajoute des tables on plutôt une concordance; car aucun livre sacré ne peut se passer de concordance, et aujourd'hui quiconque s'occupe des Védaa est obligé d'en faire une pour son propre usage, ce qui est une perte de temps exorbitante et qu*on devrait épaN gner aux savants. M. Mûller nous donne Tespoir que la fin de la traduction du Rig-Yéda, par M. Wilson, d'après Tioterprétalion de Sayana, sera publiée par M. Ballantyne, et il la regarde comme nécessaire, pour que l'on se rende bien compte du sens que les Hindous eux-*mèmes donnent aux Védas, tout en croyant, pour sa part, que leur interprétation est loin d'élre
1. Hi(j-Veda-Sanhitaf ilicsacreil hymns or ihe Brahmans, iogcthcrwith the coinmeatary of Sayanacharya, edited by Max WùJK'r. Vol. IV. Londres, 1861, in-i' (Lxxxviii, 53 el U!^ pages).
partout la meilleure possible, et pensant que la critique euro* péeiuie peut arriver à saisir le sens primitif mieux que Icscom* mentateurs indigènes du moyen Age. Il annonce qu'il fera lui-^ même Tessai d'une traduction, bien convaincu cependant que des textes antiques de ce gepre résisteront probablement, dans maints passages, à tous les efforts que Von pourra faire pour résoudre, avec les matériaux qui nous restent, les difficultés dont ils sont entourés.
Le texte du Rig-Véda a été publié en entier, par M. Auf** recht, dans les volumes VI et VII du Journal de M. Weber^ Le but de Téditeur était de mettre entre les mains des savants un texte complet, correct et d'un usage facile; il Ta fait imprimer en transcription pour réduire les frais de l'impression (ce que la perfection à laquelle on a amené' le système de la transcription du dévanagari a permis sans difficulté), et pour faciliter la recherche des passages, l'emploi des caractères latins permettant à l'œil dé parcourir une page plus rapidement. M. Benfey adonné une suite de sa traduction des hymmes du Rig-Véda, dont le commencement avait paru dans le premier volume de son journal, r Orient et VOcciderU '.
La Société asiatique de Calcutta poursuit la publication du Yadjour-Véda noir, tant du Sanhita^^ ou de la collection d'hymnes, ^ue des Brahmana^ ou de la partie contenant la 11» turgie. L'histoire de ce Véda est encore très obscure; il parait que dans l'ancienne rédaction, celle qu'on appelle noire, les hymnes et la liturgie étaient mêlés, ce qui a donné l'idée d'une
1. indiêchê Studien, horausgogobon von Wcber. Berlin, vol. VU (p. 1-477), 1802, in-8%
2. Orient und Occident , herauigcgeben Ton Th. Bonfeyf vol. II. GooUin* ^en, 1863, ln-8o.
3. The Sanhita of ihe blaclc Yajur- VedOy wilh the commenlar)j of Madhava Acharya, cditcd by Cownjl. Cahier XVIl. Calcutta, 1862, in-8» (dans Ifi BUfliotheca indica).
4. The Taittirya Brahmana of the black Yajur' Veda^ with thé commentory êf SaycMaeharyay edited by Rajendralala-Mttra. Cahier XVItl. CalcuUa, 1862, in-8'' (dans In Bibliotheca indica).
49i VINGT-SEPT ANS D'HISTOIHE DES ÉTUDES ORIENTALES.
nouvelle rédaction, celle du Yadjour blanc, que M. Webera publiée, et dans laquelle les deux parties sont mieux séparées. La critique européenne éclaircira sans doute tous ces poinU quand elle aura l'ensemble des textes à sa disposition.
Mais les textes des hymnes, même avec leurs commentaires, ne sont qu^une petite partie de la littérature védique; ils forment seulement le noyau autour duquel se sont f^roupés, par le travail de bien des siècles, une infinité de livres, comme les Brahmanas, qui paraissent avoir été originairement les traditions qui.se conservaient dans les familles des prêtres sor tout ce qui regardai! le rite, et qui comprenaient beaucoup de choses sur Thistoire et le sens des hymnes; puis les Upanishads, qui sont des traités de théologie, d*une époque plus moderne que la plupart des Brahmanas, et se reliant aux Védas d'une manière qui est loin d'être bien éclaircie. M. Rajendralala-Mitra a publié une traduction d'un célèbre Upanishad, le Tchandogya\ qui se rattache au Sama-Yéda. Il est difûcile d'assigner à ce livre une époque un peu précise dans la littérature védique; il est certainement plus ancien que les systèmes réguliers de philosophie, comme le Nyaya et le Sankhya, qui eux-mêmes sont plus anciens que le bouddhisme, ce qui nous reporte pour cet Upanishadàune très haute antiquité; le manque de méthode et de rigueur dans les termes qu'on y observe, et le tâtonnement d'un esprit qui ne doute pas et qui cherche une expression pour ses idées encore vagues, confirment celte impression.
Une autre classe d'ouvrages qui se rattachent aux hymnes des Védas, sont les Pratisakhyas, dont M. Ilolh a, le premier, fait connaître l'existence et déterminé la nature, et qui depuis
' i . The Chliandogya UpanisUad of theSama- Veda^ ivilh extracts from tke commentary of Sankara Acfiarya, translatcd by Rajcndralala-Mitra. Cjiîcutla, 1861,ia-8o (viii-37 cl 14i pages). Ce volume forme deux caliiers de la Uibliotheca indica.
ont donné lieu à de 1res beaux travaux. Ce sont des traités en vers qui contiennent les règles de la récitation des Védas, et indiquent la nature des sons, les lois d'euphonie, l'accentuation, etc. Ce ne sont pas encore des grammaires, mais des préparations et des matériaux pour lessystèmes grammaticaux qui se produiront plus tard.
M. Régnier a publié dans votre Journal le Pratisakhya du Ilig-Véda; M. Weber a donné une édition de celai du Yadjour blanc; aujourd'hui M. Whilneyfait paraître celui del'Atharva- Véda*, et il annonce qu'il prépare une édition du Pratisakhya ilu Yadjour noir. Ce sont, je crois, tous les traités decelle classe qui existent; car, si je ne me trompe, on n'en connaît pas pour le Sama-Véda. C'est ainsi que se remplissent peu à peu les lacunes dans nos matériaux sur la littérature védique; mais il reste beaucoup à faire, car on ne sait pas encore ce qui existe de celte très nombreuse littérature, et cependant nous aurons besoin de tout ce qui peut être conservé pour éclaircir les monuments d'une époque aussi éloignée, à l'intelligence de laquelle les œuvres des temps postérieurs aident moins qu'on ne devrait croire ; en effet, malgré la continuité du développement de l'espril indien, et malgré le soin avec lequel les écoles Ihéologiques, philosophiques et mythologiques suivantes essayent de se rattacher aux Védas, nous sommes loin de posséder tous les documents de transition qui nous expliqueraient la divergence des idées , devenue extrême sur bien des points.
Celte divergence, M. J. Muir nous la montre par un nouvel exemple dans le quatrième volume de ses textes sanscrits^.
i. TheAtl^rva-Veda Pratiçnkliijaj text, U'anslation and notes by Wtiitney, dans le vol. VU du Journal of ihe American oriental Society. New- Haven, 1863, 111-8° (pages :J3I-6I6).
2. Original sanskrit texlson the origin and history of the people ofIndiCj iheir religion and institutions^ coUeclod, translnted inlo english,and illus- Irated by remarks, by J. Muir. P. is . Comparison ofthe Vedicwith the later représentations of Ute principal indian deities. London, 1863, in-S" (xu cl 431) pajjes).
496 VlNGT-SKPT ANS D'HlSTOIKfe DES ÉTUDES ORIENTALES.
Son but était de réunir dans un ordre chronologique les priacipaux passages des livres sanscrits sur les parties les plus importantes de riiistoire ancienne, de la religion et des ia^lito* tions sociales de Tlnde; le plan de son ouvrage Tameoiii forcément à exposer les divergences entre le^ opiaions de< auteurs des hymnes védiques et celles des écoles poslérieore?. Il avait, dans les volumes précédents, traité des castes, dt Tétat primitif de la race arienne, des idées sur rorigiae des Védas ; il arrive maintenant à la manière dont les dWmii^ principales sont représentées dans les Védas^ les Upanishads, les poèmes épiques et les Pouranas sur lesquels repose aujourd'hui la mythologie acceptée par la masse du peuple, rt il n'a aucune peine à prouver Fénorme différence qui existe entre les idées simples des Yédas et les croyances monstruenses d'aujourd'hui. Il espère fournir aux Européens une base à des discussions sérieuses sur les abus principaux de Tétai social du pays, montrer aux Hindous qui savent réfléchir, combieu ils ont dévié des idées premières de leur race, et les encourager à tenter une réforme des superstitions sous lesquelles succombe un peuple admirablement doué.
Ceci m'amène aux Pouranas. Nous n'avons plus rien du Pourana primitif, qui parait avoir été une cosmogonie, suivie d'une histoire des dieux et des familles héroïques. Les sectes ont fini par s'approprier ce cadre après des transformations dont nous ne savons ni le nombre ni les époques, et s'en sont servies pour exalter chacune son dieu et y fondre, avec des débris de l'ancienne tradition, leur mythologie plus moderne. Il est nécessaire que ces immenses dépôts de traditions et éf fables de toutes les époques soient étudiés; mais on peut à peine croire que les textes des dix-huit Pouranas soient jamai> publiés en Europe. M. Burnouf a fait imprimer une éditiofl encore inachevée du Bhagavata-Pourana. Il trouvera difficilement des imitateurs, mais on suivra plutôt l'exemple que M. Wilson a donné par sa traduction du Vislinou-Pouraoa, et l'on ne peut douter que les Hindous eux-mêmes ne noasfou^
Dissent des éditions de tous ces ouvrages, qui sont si populaires chez eux.
La Société asiatique de Calcutta a publié dans sa collection de textes sanscrits celui du Marcandeya-Pourana, et M. Banerjea vient d*en achever l'édition*. C'est un des plus anciens et des plus courts parmi les Pouranas, et un de ceux qui s'écartent le plus du type ordinaire. Il n'est pas en l'honneur d'un dieu, mais plutôt du saint dont il porte le nom et qui pourtant y joue un très petit rôle. Une partie du livre est consacrée à lever quelques scrupules théologiques, et une autre à un récit mythologique qui se rapporte à l'origine des deux fêtes les plus populaires dans le Bengale, le Durga-puja et le Kalipuja. Mais, je le répète, c'est surtout sur les libraires indiens qu'il faut compter pour nous fournir ces textes, et il parait qu'ils s'en occupent activement, à en juger par le nombre d'éditions récentes dont le hasard m'a jeté entre les mains ou des exemplaires ou des annonces. Il a paru à Bombay deux éditions du Bhagavata-Pourana, une imprimée' et l'autre lithographiée ', toutes les deux avec le même commentaire; dans la même ville a paru une édition du Linga-Pourana^ aussi avec un commentaire, et des parties considérables du Padma° et du Skanda-Pourana^. Je vois aussi qu'un Vishnou-Pourana a paru quelque part dans la présidence de Madras, en caractères
1. The Marcandeya-Purana, eô'iied by Rev. K. M. Bancijea.Calcuila, 1862, iii-8*(32 et 550 pages).
2. Bhagavata-Pourana avec le comniciitaire de Sridharaswamin, en 749 fcuiUes oblongues. Bombay, 1860. (Prix à Londres, 2 liv. 2 sh.)
3. Bhogavaio-Pourana avec le même commentaire, lithograpliié, en 571 feuilles oblongues. Bombay, 1861. (Môme prix.)
4. Linga-Pourana avec un commentaire par Ganesha, lithographie, en 359 feuilles oblongues. Bombay, 1858. (.Même prix.)
5. Ramasiuameday partie du Padma-Pouranay lithographie, 138 feuilles oblongues. Bombay, 1857. (Prix, 10 sh. 6 p.)
Maghamahatmya^ autre pnrtvî du Padma-Pouratia, lithographie, 49 feuilles. Bombay, 1861. (Prix, 2 sh. 6 p.)
6. Vaisakamahatmya , partie du Skanda-Pouranay lithographie 67 feuilles. Bombay, 1857. (Prix, 4shcllings.) — Tous les ouvrages ci-dessus mentionnés se trouvent chez M. Triibner, libraire à Londres.
M VlNGT-StPT ANS D'ÀAYdlMt h)s!S KtGDES ORIENTALES.
tellki|a> maii en texte iàhllcrit, et il est piDbable t)tiè fcten d'autres éditions ont été imprimées dont je n'Ai pHi isti Mh« naissance. Ces éditions ne sont probablement pas faites avec b^ucou]^ die eHti(}ûè, mais tt^himé i^ll^s sbtit accompagnées dtft c^meAtai)r^s, ellèii pt^ftfshl jU^qu'^à ttn certatin point lew nemède trèt elt^s, el elles pérthietlfoUl àUx sAVà&ts éti Bttmpe d'èlutfi^r cette imtnense rtia^stt de tt'adiUohs tel dé rtalértlui, de tbtlVé iespèc^ lét ti^ buttei époque, <)ï]e tohtièittient les Pbn-
Ce que les Pouranas sont |»oar le peuple, les six systèmes de philosophîv» le sont pour les savants^ Nous trouvons ces sjstèmes dans la ferme abstruse que les Hindous aiment à doA^ ner à leur scienee : chaque école a ses aphortsmes qui, sM forme de vers mnémoniqttes> contiennent dans le moins i^rRnd nombre de mots possibles tous les résultats d'une école» Hais nous n'avons aucun renseignement sut* les commenceneats de l'école^ sur les discussions que l'élaboration dtt système a dû provoquer) sur les hommes qui y ont pris part> sur H marche et le développement des idées ; nous avons le Système dans sa dernière forme^ et rieti «te nous permet de remplir l'espace qui le sépare des théories plus vagues que l'on trovve dans les derniers écrits de l'époque védique, à laquelle pMf^ tant tout prétend se Rattacher. A partir de ces aphortsum nous avons des commentaires et des traités d'exposition et d'iuterprélalioti^ mais les idées pmnières, les termes techniques et le système entier sont fixés antérieurement. Une grande partie de ces exposés abstraits ont été publiés et pl«^ sieurs ont été traduits, un assez grand nombfe p^t M. Bàllan tyne, d'autres par différents savants; ils onl paru dans ta Bihliotkeca indica de Calcutta, où d'aMres traités 9e puhliéit actuellemetil, yromtne les àphorisïnes du Védâûtà l^at ftaiïârayana*, et un traité sur le Sankhya par Bhiksbou-. Toas tes
1. The êphorUmsof Uie Vedanta by Badarayana, wilh tht eotnmenUry of)Sankàra Acharya and the glose of Govinda Afiandaj eiiited by Ibc Pai»dila Rama Narayana Vidyaratirà. Cah. x. Calcutta, i863, in-So.
t. Sankhya Sara, a Ireatise of Sankhya philosophy by Vijnana Bhiksbu,
systèmes reposent sor une analyse psychologique très raffinée, et chacun a sa terminologie précise et à laquelle ia nôtre ne répond que Tort imparfaitement; il Taut donc, sous peine de se tromper el de tromper ses lecteurs, que les traducteurs créent une foule de ternies techniques, ce qui n'est pas ia moindre difficulté de ce travail.
Il nous ^ent en aide, depuis quelques années, pour l'étude de la philosophie indienne, des hommes encore peu nombreux, mais très propres & nous y initier, parce qu'ils ont paisse tonte leur jeumesse dans les écoles indigènes : ce sont les brahmanes convertis, comme M. Banerjea, qui a publié des dialogues sur la philosophie des Hindous *, et aujourd'hui Nîlakantha Schastri*, brahmane converti de Bénarès. Celui-ci avait déjà fait paraître en 1860, à Calcutta, deux volumes en hindoui, dans lesquels il avait adressé à ses anciens coreligionnaires une réfutation de leurs systèmes philosophiques; mais les brahmanes étant trop fiers pour s'occuper de livres écrits dans un vil dialecte moderne, l'auteur se décida à refondre son ouvrage el à en demander une traduction anglaise à M. Hall, qui est certainement l'Européen le plus versé dans la ]Ai1osophie in* dienne. Nîlakantha expose d'abord ce qui est commun à toutes les écoles philosophiques des Hindous, puis les points particuliers à diacunevenfit^il discute la valeur de leurs idées fon* damenlates. Tout cela est exposé brièvement, mais avec beaucoup de darlé, et accompagné, dans des notes nombreuses, tant de Tauteur que du traducteur, de preuves à l'appui. H ne faut pas ouWîer que les ouvriges de ce genre sont des livres
editcd by Fitz-Edward Hall. Calcutta (dans la nouveHc série de la BîbVuh theca indica).
1. Dialogues on the hinduphUosophytCompT'mng thc Nyaya, the Sankhya and Yedant, to wtridi is added a discnssion on the anthority of fïic Vedas, by Rev. K. M. Banegoa. <îalCiitlft,in-8» (18 sh.). Je regrette beaucoup de n'avoir pas pu me profurer rot irnpoilant nuvra;^e.
t. A ratiojial réfutation of the hindu philosophical Systems, by Neheiniah NilalcantliaSastri Gore, translated from the original hindi, printed and manuscript, by Fitz-Edward Hall. CalcutU, 1862, in-8o (x et 224 pages).
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de controverse; mais ils n*en sont pas moins très instnicli£», quand ils sont faits de bonne foi et par des hommes qui connaissent aussi bien la matière que l'auteur et le traducteur de cet ouvrage. H. Hall a ajouté à la fin une liste des oavrages sanscrits dont sont tirées les citations ; on y voit que b pla* part sont inédits et qu'il y a encore bien à faire ayant quf nous ayons à notre disposition tous les matériaux nécessaires à ces recherches. Personne ne peux mieux nous renseigner làdessus que M. Hall lui-même. Je sais qu'après de longues recherches et après avoir réuni une bibliothèque de manuscrits philosophiques unique dans l'Inde, il avait fait imprimera Allahabad une description et une analyse de ses manuscrits, mais que toute l'édition a péri dans un incendie; je vois mainenant qu'il a publié en 1859 une bibliographie des systèmes philosophiques indiens ^ mais l'ouvrage ne parait pas être accessible en Europe, et je ne puis dire si c'est une réimpression du premier, ou un travail nouveau, ni en indiquer leçon* tenu.
La littérature indienne proprement dite n'a été en Europe que l'objet d'un petit nombre de travaux. H. Monier Williams, à Oxford, a publia un volume sur les deux grands poèmes épiques sanscrits'. Il commence par une critique sommaire, historique et littéraire, de la poésie épique chez les Hindous indiquant l'âge approximatif des rédactions actuelles des poèmes, la manière dont le$ sujets sont traités et les beautés et les défauts généraux du genre ; ensuite il donne une analyse détaillée du Ramayana et un sommaire de l'histoire principale qui forme le sujet du Mahabharat et sert de lien aux innombrables épisodes qui constituent la plus grande partie de
1. A Contribution towards an index to the Bibliography of tke philosopfUcal Systems, by Fitz-Edward Hall. Published by order oT lb« government of the North-West Proyinces. Calcutta, 1859.
â. Indian epic pœtry, with a full analysis of the Ramayana and of iht leading story of the Mahabharata, by Monier Williams. Londres, tM, in-i" (VIII et 133 pages).
ANNÉE 186i-1863. 501
ce poème immense, et dont quelques-uns sont d'une beauté exquise.
M. Kossowicz a reproduit à Saint-Pétersbourg le texte d'un des plus gracieux de ces épisodes, celui de Savitri*, que M. Bopp avait déjà fait connaître. C'est pour ses cours que l'éditeur le publie, ce qui prouve que l'étude du sanscrit prend un certain développement en Russie. M. Foucaux nous donne la traduction Trançaise de onze autres épisodes du Mahabharat*. 11 regrette que non seulement l'énorme élen'due de l'ouvrage, mais aussi le manque de commentaires indiens, qui paraissent exister, mais qui ne sont pas connus en Europe, forment des obstacles à ce qu'une traduction complète du Mahabharat soit actuellement entreprise. Comme le nombre et la grande variété des épisodes font que ce poème contient plus qu'aucun autre des indications de tout genre sur l'état social de l'Inde à une époque très ancienne, une traduction complète serait en effet une acquisition précieuse pour la science. Il est d'ailleurs à espérer que le manque de commentaires n'arrêtera pas longtemps désormais les traducteurs, car nous voyons qu'il a paru dans l'Inde plusieurs éditions du Ramayana avec d'anciens commentaires ', et il est probable que le Mahabharat sera publié de la même manière, si l'on
1 . Saviiri, Mahabharati episodiam : textum recensuit, lectionis varietatem adjecit Cajetanus Kossowicz. Saint-Pétersbourg, 1861, in-8<> (m et 48 pages).
2. Le Mahabharatay onze épisodes tirés de ce poème épique, par Ph. Éd. Foucaux. Paris, 1862, in-8* (xxxiv et 431 pages).
3. Voici les indications que j'ai pu réunir sur les éditions du Aamayana, dont je n*ai réussi à voir aucune. Il en a paru une à Calcutta en 1859, avec un commentaire intitulé Tilaka, in-fol. oblong et consistant en 1088 feuillets. Cette édition reproduit le texte de la rédaction deBénarès, qui nst plus ancienne que la rédaction du Bengale suivie par M. Gorresio. Le même texte et le môme commentaire ont été reproduits par la typographie à Bombay, en 1861 (1107 feuiUets, prix : 4 livres 4 sh.). Enfin il a paru à Calcutta, en 1917 (de notre ère 1860), par les soins du Pandit Djagannatha Sukkula, le texte du Ramayana avec le commentaire intitulé Satakoti Pravistaramy par Ragunatlia, in-4<' oblong (1560 p. ; prix, 31iv. 13 8h. 6 p.)
aat VINGT-SEPT ANS D'HISTOIRE DE8 KTUDëS ORIENTALES, peut trouver les commenlâirea ; au reste, j'apprsBdi ^ M. Fauche, qui a déjà donné une traduction du RanufaDn, uous en promet une du Hahabharal entier.
On a imprimé dans l'Inde, outre les grands poëmes, un assu grand nombr« d'œuvres de littérature; ainsi le drame d'Ullan Hama Gharita a été réimprimé pour les besoins du collèp de Calcutta avec uo commentaire en sanscrit par l'éditeur'; l'Ilitopndésa a été publié à Bomba; par H. Edwin Arnold; le Ragbuvansa a été lithographie à Pouna, et je vois des inditations de bien d'autres ouvrages poétiques que répandent Ip< presses lithographiques des libraires de différentes liiles de l'Inde, mais dont il me serait impossible de donner une liite tant soit peu exacte.
H. Bréal a donnéi sous le titre Hercule et Cacut>. udc étude de mythologie comparée qui embrasse Un champ bien plus étendu que le titre ne le ferait supposer. Il prend es mjlhe sous sa forme primitive dans les Védas, le stiitilra- ▼ers toutes ses Iran s forma lion s chei dlITérents peuples et cliei les mêmes peuples dans des temps différents, et s'en sert comme d'un eteitiple pour expliquer l'origine des mythes el les changements qu'ils subissent sous l'Influence d'idées nouvelles, religieuses et philosophiques. Il y suit la voie ouverte par HM. Kuhn et Max Mûller, et combat l'école symbolique en mythologie. Celle-ci reposait essentiellement sur la manière de voir des écoles philosophiques des Grecs, qui n'avaient aucun moyen de remonter aux origines des mythes et ne les re^rdaient que comme des enveloppes pour des vérités physiques, morales et religieuses. L'élude des Védas et les ressources de U grammaire comparée permettent maintenant dans certains
t . mtara Rmum Clutrita, i Pramachandra JarfibakiM, in-»> (188 |Mee«).
t. Hemtlt ttCacta, dluile de mjikhnlogia camparëo, par Hiehsl trit)- Paris, 1S63, iD-8' (178 pages).
ANNtB IMS^IMa. 5A3
c«i d'assister, . pour ainsi dire, à la naissance mime d'un mylbe. C'est un nouveau chapitre de l'histoire primitive qui s'ouvre devant noua et qui sera très instructif, pourvu qu'on no a'éearte paa de la méthode la plus rigoureuse el qu'on se eontente de ne retrouifer que ce qui a laissé des traces tout à fait ineonteatables.
Parmi les soieqces ^es Hindoua il n'y a que l'astronomie q^i ait été l'objet de travaux suivis. La Société de Cakqtta ^ puhjié une nouvelle traduction du Surya Siddhanta^ le plus célèbre des eiiposéa de l'astronomie indienne, don( elle avait déjft f{\it paraître le texte et que M. Wbitney ^ de son cAté traduit et commentée {4| Société y a joint )a traduction d'uu des quatre livrea d9nt se compose le Siddhltot^ Siromàqi ^^ ouvrage de Bhaskarai qui parait avoir été le dernier astronome cousiclérs^bid de l'Iode « mais le grand intérêt qui s'attache dans ce moment à l'astronomie indienne tient au problème de l'origine des astérismes appelés Nakshatras, qui, débattu depuis quelques années, psiraissait rosolu et est encore remis ^n question. Il y avait deux grands point» à déterminer dans l'bistoirQ d^ l'astronomie dos Hindous, ce sont l'origine d<) leur systèn^e {^ctu i et oelle de leur natronomie ancienne^ La premièro question 0$ entièrement résolue, et personne ne doute plun que l'influence des Grecs depuif Alexandre le Grand n'ait feit réformer aux Hindous leur système astronomique. Mais leur astronomie ancienne, d'où vient-elle 9 fisl^elle indigène ou, si eUe est adoptée, à qui l'ont-ils empruntée ? Cette question s'eit concentrée {lujourd'hui dans celle des Nakshatras, c'est-à-dire des vingt-sept ou vingt-huit astérismes qui ont joué un grand rôle dans l'astronomie indienne avant sa réforme, If, Biot les ^ identiflés avec les Sieou des Chinois, en 8*appuyant surtout sur des rai-;
1. A IrâMlation ofthe SuryaSidd/umtâ^ by Bapu DevaSastri. Calcutta, 1861, in-S* (dans h Bibliothecû indica, nouvelle série, n. 18).
t. The Siiidhanta Siromani , translatée! from the sanscrit, by the late L. Wilkinson. Calcutta, 1861, In-S* (dans la Bibliotheca indicat nouvelle série, n. 28).
'M VINGT-StPT ANS D'HISTOIKE DES F.TUDES ORIENTALES, sons astronomiques auxquelles son grand savoir et sa rare sagacité donnaient un grand poids, et lorsqu'il s'est trouvé contredit par les indianistes, il a écrit, pour défendre son opinion, une histoire de l'astronomie chinoise qui est une véritable acquisition pour la science '. Sa mort a malheureusement enleTé à la discussion, qui n'est pas encore terminée, l'homme qui connaissait le mieux le côté scientifique du sujet. De leur côté, les indianistes ont éclairé la question par tout ce que ta littérature védique leur offrait dé matériaux sur l'ancienne astronomie des Hindous. On trouvera la discussion du problème par H. Whilney, dans sa traduction du Surya Siddhanta'; par M. Max Millier, dans la préface du quatrième volume de son Rig-Véda, et par M. Weber, dans les Mémoires de l'Académie de Berlin, où il a publié le recueil des passages des Yédas relatifs aux Nakshatras ' et le texti-, auparavan t inédit, do calendrier védique *. La questioa ne parait pas encore nuire, car H. Weber maintient sa conjecture que les Naksbatns viendraient des Chaldéens de Babjlone. Cette opinion e^t combatluepar M. Max Mûller, qui soutient l'origine indienne des Nakshatras^, et M. Whilney s'occupe d'une nouvelle discussion de la matière. 11 faut donc attendre jusqu'à ce qu'une opinion commune se soit faite, et l'on ne peut guère douter qu'il ne doive sortir des efforts de tant de savants distingués une histoire définitive de l'astronomie indienne.
Les Anglais, dans l'Inde, ont traité d'un grand nombre de points spéciaux de l'histoire indienne : leurs mémoires qui
i.PrieIt de l'hMoire de l'ailronomie chinoiie, pir M. Bîot, dnns le Journal des Savanti, anni^c 1861. Ces articles ont élu publiés de noDvcaa par l'aiitcur tous le lilre : Etudes sur i'atlronomU indienne et chinoiu,i<i J.-B. Biot. Paris, 1K6â, in-8' (LU-398 p.).
3. [tuna le Joumai of the American oriental Socteti,, val. viii, p. 319 et
3. DU vedischen NachriiAten von denNaxalra {Hfondilalioneni, nn A. Weber. tlans lc9 Jf^m. deVAcad.de Berlin, ^nnfe* i»60 et \)i6l.
4. Ueber den feda Kalender, Namena Jyolitham, von Weber, dins le* Uêmoires de l'Académie de Berlin, hihiùg 1X61.