LES BIJOUX
La très-chère était nue, et, connaissant mon coeur,
Elle n’avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l’air vainqueur Qu’ont dans leurs jours heureux les esclaves des Maures.
Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre Me ravit en extase, et j’aime avec fureur Les choses où le son se mêle à la lumière.
LES FLEURS DU MAL
Kilo était donc couchée, et se laissait aimer, Et du haut du divan elle souriait d’aise A mon amour profond et doux comme la mer Qui vers elle montait comme vers sa falaise.
Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté D’un air vague et rêveur elle essayait des poses Et la candeur unie à la lubricité Donnait un charme neuf à ses métamorphoses.
Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins, Polis comme de l’huile, onduleux comme un cygne Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ; Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne
S’avancaient plus câlins que les anges du mal, Pour troubler le repos où mon âme était mise, Et pour la déranger du rocher de cristal,
Où calme et solitaire elle s’était assise.
Je croyais voir unis par un nouveau dessin Les hanches de l’Antiope au buste d’un imberbe Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun le fard était superbe ?
— Et la lampe s’étant résignée à mourir, Comme le foyer seul illuminait la chambre, Chaque fois qu’il poussait un flamboyant soupir
Il inondait de sans cette peau couleur d’ambre/Tÿ.
XX vu
l'XK CIIAlUHiXE
Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme, Ce beau matin d’été si doux :
Au détour d’un sentier une charogne infâme Sur un lil semé de cailloux,
Les jambes en l’air, comme une femme lubrique, Brûlante et suant les poisons.
Ouvrait d’une façon nonchalante et cynique Son \enlre plein d’exhalaisons.