‹ Vingt-sept poèmes des Fleurs du mal. IllustrésChapitre 6 sur 18 · LES E LE U HS I)L MAL · texte numérisé non relu

LES E LE U HS I)L MAL

Le soleil rayonnait sur cette pourriture, Comme afin de la cuire à point,

Et de rendre au centuple à la grande Nature Tout ce qu ensemble (die avait joint.

Et le ciel regardait la carcasse superbe Comme une lleur s'épanouir ;

— La puanteur était si forte que sur l'herbe Vous crûtes vous évanouir; —

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride. D'où sortaient de noirs bataillons De larves qui coulaient comme un épais liquida Le long de ces vivants haillons.

Tout cela descendait', montait comme une vague.

Ou s'élancait en pétillant ,

On eut dit que, le corps , enflé d un souille vague , Vivait en se multipliant.

Etre monde rendait une étrange musique Comme l’eau courante et h» vent,

Ouïe grain qu’un vanneur d’un mouvement rythmiqi Agite et tourne dans son van.

Les formes s’ellacaient et notaient plus qu’un rêve.

Une ébauche lente a venir,

Sur la toile oubliée, et que l’artiste achève Seulement par le souvenir.

LES FLEURS DU MAL

Derrière les rochers une chienne inquiète Nous regardait d’un œil fâché.

Épiant le moment de reprendre au squelette Le morceau qu’elle avait lâché.

— Kl pourtant vous serez semblable à cette ordure, A cette horrible infection,

Étoile de mes yeux, soleil de ma nature,

Vous, mon ange et ma passion !

Oui, telle vous serez, ô la reine des grâces,

Après les derniers sacrements,

Quand vous irez sous l’herbe et les floraisons grasses 1 Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté, dites à la vermine Qui vous mangera de baisers Que j’ai gardé la forment l'essence divine De mes amours décomposés 1

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