À l’ombre des jeunes filles en fleurs, t. II, p
46 XXe SIÈCLE
« je sanglotais si, un soir, je les avais attendues.
« Mais elles avaient plutôt la propriété d’é éveiller | « cet amour, de le porter à son paroxysme qu'elles
«n’en étaient l’image. Quand je les voyais, quand.
« je les entendais, je ne trouvais rien en elles qui
« ressemblât à mon amour et pût l'expliquer...
« Comme un courant électrique qui vous meut, j'ai.
« été secoué par mes amours. Je les ai vécues, je.
« les ai senties : jamais je n’ai pu arriver à les voir
« ou à les penser. J’incline même à croire que dans .
« ces amours (je mets de côté le plaisir physique
« qui les accompagne d’ailleurs habituellement, mais |
FPE AE PAT
«ne suffit pas à les constituer), sous l’apparence :
« de la femme, c’est à ces forces invisibles dont
«elle est Access oHenent, accompagnée que nous
« nous adressons comme à d’obscures divinités » 1,
Pour orienter notre imagination, l’idée de l’amour acquise dans nos lectures, dans le spectacle que nous ont donné les autres quand ils étaient amoureux ou puisée dans les confidences qu'ils nous ont faites, le pouvoir du langage de l’amour, les façons d’aimer
de nos ascendants déposées en nous par l’atavisme,
les habitudes contractées dans nos précédentes
amours ? jouent leur rôle et interfèrent leur action
sur nous, faisant de chacun de nos amours un com-