Hommage à Marcel Proust, p
XXe SIÈCLE.
pour « recevoir l'empreinte exacte de la vie ». C’est! encore sur lui-même que Proust étudiera le méca-: nisme de l’amour filial et de l’amour tout court :. parlant à la première personne, lorsqu'il racontera.
ses rapports avec sa grand’mère et sa mère, son amour
pour Gilberte, pour la duchesse de Guermantes,.
pour Albertine ; se mettant en scène sous le nom de
Swann dans le récit des amours de Swann et d’Odette. de Crécy. Dédoublement qui n’est pas uniquement
commandé par quelque commodité de composition,
mais par le besoin d’extérioriser complètement sa.
personnalité, où l’hérédité juive du côté maternel se mélange à l’hérédité catholique et sans doute tourangelle du côté paternel. Swann est la moitié juive de Proust ; le héros qui dit «je » est sa moitié catholique.
Mais là où la matière traitée par Proust se conforme. le mieux à son tempérament, à son système, c’est dans. la partie critique, dans l'étude. des mensonges qui dominent notre vie psychologique. Proust a spontanément réussi dans son œuvre tous les cas aigus et. compliqués de mensonges pour les analyser, en don-. nant la première place à ceux qui tenaient à une.
sonformation spéciale de la personnalité, à une dua-.
ité de la personnalité notamment. C’est ainsi que