‹ Vingtième siècle. 1. sér 1924Chapitre 3 sur 48 · Pastiches et Mélanges, p · texte numérisé non relu

Pastiches et Mélanges, p

2. A l'ombre des jeunes Filles en fleurs, t. IT, p. 128. Toutes

les citations sont extraites des premières éditions (N. R. F. Vs sauf pour Du côté de chez Swann et pour À l'ombre des jeunes

filles en fleurs, où elles se réfèrent à l’édition courante en deux tomes de la N. R. F.

« aussi dans une sorte de franc-maçonnerie d’usages

« et dans un héritage de traditions » 1, Aussi le plus grand plaisir des gens cultivés est-il, en général, de liré les anciens : ce n’est pas seulement parce qu’on aime à Sortir de soi, à voyager quand on lit, c’est encoré et surtout à cause de ce qu’au plasir de lire ajoute la langue, — grec, latin, vieux français — miroir d’un passé aboli.

Tout l’art poétique de Proust va se déduire de ces considérations sur la lecture. Le rôle de l’œuvre d'art, pour lui, sera avant tout de donner à rêver, à penser, de servir d’excitant, d'inviter le lecteur à envisager les choses, les êtres, les sentiments sous un angle inhabituel. L'œuvre d’art est une lutte contre l'habitude. Notre vision normalé du réel est une vision passive, automatique, où l'habitude règne en maîtresse absolue. La mission de l'artiste ést de rompre cét automatisme, de nous inviter à percevoir le réel d’une façon active, de nous révéler que l'habitude nous le dissimule. L'artiste doit done dans une certaine mesure être un anormal.

Comment, peintré ou écrivain, s’y prendra-t-il pour bouleverser cette habitude ? Il donnera du sentiment, de la réalité envisagés une image si inattendue qu'elle imposera à l'esprit du lecteur, du spectateur la nécessité, l’urgence d’une revision.

Le grand écrivain, le grand artiste est celui qui ne voit rien dans l’univers avec des yeux habitués, qui récrée l'univers, le rajeunit. L’art n’est pas

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