‹ Vingtième siècle. 1. sér 1924Chapitre 4 sur 48 · Pastiches et Mélanges, pp · texte numérisé non relu

Pastiches et Mélanges, pp

20 XXe SIÈCLE imitation, mais interprétation de la nature. Autrement dit, l’art est impressionniste, subjectif : « Elstir « ne pouvait regarder une fleur qu’en la transplan-. « tant d’abord dans ce jardin intérieur où nous. « sommes forcés de rester toujours »1 On ne goûte. des choses que le miel qu’on en extrait soi-même, que « les équivalents qu’on a mûris lentement dans

« son propre cœur » ?. |

Plus cette vision du monde sera originale, plus elle | montrera au lecteur le mensonge de sa vision cou-. tumière et passive, mais plus aussi elle sera diff : cile à assimiler. Elle exigera de lui un effort d’adaptation proportionné à l’imprévu de la vision qui lui. sera proposée. Elle exigera de lui qu’il repense le monde en dehors de toutes les habitudes, de toutes les associations d’idées héritées ou acquises, de tous les poncifs.

L'idéal serait évidemment que chaque homme pour son compte repartît de zéro comme Descartes dans son poêle de’ Hollande. Mais il serait vain d’espérer de tous et de chacun pareille activité intellectuelle, il faut donc se fier aux artistes originaux pour renouveler, en dépit de l’opposition du public | attaché à ses vieilles habitudes, le tableau de l’univers et pour imposer à l'élite d’abord, puis à tous les hommes, de nouvelles images et associations d'idées. |

« Les gens de goût nous disent aujourd’hui que « Renoir est un grand peintre du xvirre siècle. Mais

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