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le lui a souvent reproché, — l’âme sommaire, simpliste, impulsive et inintelligente de la foule moutonnière, l’unanimisme méprise cette masse amorphe, passive. Ce qui l’intéresse, c’est le groupe, qui est à la foule ce que le pain achevé, cuit, est à la pâte informe, nauséeuse, qui flotte dans le pétrin. Le poète unanimiste est le boulanger qui, après y avoir incorporé le levain qui lui permettra de gonfler, brasse cette pâte, la hausse jusqu’à devenir « quelque chose ». Donner une âme à un groupe, prendre pour lui conscience de cette âme, parvenir à lui en faire prendre conscience et à le faire agir en conséquence, tel est le processus unanimiste, qui ne se retrouve à l’état pur et complètement manifesté que chez Jules Romains.
On voit quel devient le rôle du poète, un rôle mystique de révélateur des secrets enfouis au fond . des âmes, de destructeur du vieil égoïsme et de la - rêverie stérile, d’annonciateur d’un monde où l’action serait la sœur du rêve. L’isolement auquel se croit condamné l’homme, cet isolement dont tous les poètes romantiques ont souffert et gémi, n’est * qu'une illusion. A sa richesse intérieure, chaque : homme peut ajouter la richesse de tous les groupes auxquels il prête son corps et son âme. Groupes . instables, dont l’âme secrète n'afileure qu’une se-. - conde sous la poussée de quelque émotion particulièrement forte, — le groupe armé de numéros quand l'autobus arrive; le groupe des spectateurs au moment où Siki knock-oute Carpentier, etc..…., — groupes qui, l’espace d’un éclair, sentent leur vie
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