‹ Vingtième siècle. 1. sér 1924Chapitre 45 sur 48 · LM · texte numérisé non relu

LM

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matique, bien echo € à la vérité, et sans doute E b platonique qu'après un voyage d’études à trave: S réalité française d’aujourd’hui, d’une âpreté, d' cynisme, d’un tragique inégalés. La France. an vaincu l'Allemagne qu'avec l’aide d’ innombrabl alliés : « Nous n'avons pas couché seuls avec la victoire ». Pourquoi ? Parce que nos femmes étaient l sont stériles. Notre pays, en voie de dépeuplemen a en 1914 « tenté l'Allemagne » débordante d'enfant « Nous avons péché, nous sommes punis. » rs, Comment, du reste, avons-nous mené la guerre 3 En niant la machine, en invoquant chrétiennement | les forces morales .« Là où les Allemands ont sacrifié deux hommes, nous en avons sacrifié quatre. Le sal de l'Etat reposera toujours sur les valeurs pré-chrétiennes de l’économie de la force et du respect de chair. » Nous voilà victorieux, mais, faute d'enfants nous vivons dans la crainte d’une revanche allemande. La France « esi un mendiant qui dissimule un | poignard ». Ce poignard, c’est son armée. Ainsi a. France est-elle réduite, après l’écrasement du milit: risme allemand, à croire à la valeur du militarism La France a-t-elle donc perdu toute son intelligence Ou bien peut-il naître encore d’elle les nouvell valeurs idéales dont l'Occident à besoin. Le grand rôle que pourrait jouer demain la France, ce serait de trouver « la parole qui résolve l'énigme du mo: ù derne », Et

Le volontarisme de Drieu, tout puissant dans Interrogation et Fond de Cantine, mêlé de doute dans Efat-Civil, semble avoir provisoirement jeté ses derniers feux dans Mesure de la France. Que ce soit dans a Valise vide, que ce soit dans la Chronique des spectacles, publiées dans la Nouvelle Revue Française, Drieu La Rochelle semble renoncer à diriger les âmes et les volontés de ses contemporains et de ses cadets. Barrès, parvenu au fond de l'impasse du Culte du moi, avait rebondi sur la formule de « la terre et des morts », avait bâti sur le relatif du nationalisme une doctrine et des motifs d'action. Drieu ne consent pas à se limiter ainsi, ni à amoindrir le libre exercice de sa critique.

Le voici donc arrêté pile devant cette « énigme du moderne ». À la suite de Proust, de Freud, il se pose le problème de l'inconscient et de la personnalité, à la suite de Gide, de Cocteau, des dadaïstes, il se pose celui de l’évasion perpétuelle, de l’ère des bars, des invertis et des intoxiqués. Lui qui s’était jeté dans la lice tout ingénument, sans retenue et sans maître, il s’abandonne aujourd’hui aux influences. Les écoles qu’il n’a pas faites entre vingt ei trente ans, il les fréquente, la trentaine passée.

La fièvre de la guerre, l’énergie factice qu'elle procurait à ses acteurs, le relief que donnait à la vie la mort sans cesse aux aguets, tout cela est tombé, et ces hommes qui furent privés d’adolescence,

cat et sans os dans qu r Loge virile. ;

billon. è

Sera-ce un avenir d'écrivain ou bien d’ homr politique ? Il est difficile de le présager. On imagine aussi bien Drieu renonçant à toute action publique, glissant à la mondanité ou au noctambulisme avec une rage désespérée. Mais même si la carrière de Drieu La Rochelle devait s’arrêter aujourd'hui, elle n’en resterait pas moins un document uni sur une époque. Comme Barrès, comme Péguy pot les leurs, Drieu La Rochelle a déjà pris figure d grand témoin de sa génération. À

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