‹ Vingtième siècle. 1. sér 1924Chapitre 46 sur 48 · JEAN PAULHAN · texte numérisé non relu

JEAN PAULHAN

ll y a un drame du langage. Qu’on n’en ait pas discerné l'importance et le pathétique depuis sept mille ans qu'il y a des hommes et qui pensent —

ic qui parlent — comment n ‘en être pas condu ? Tous les rapports sociaux sont fondés sur langage. Il stipule les conventions et les lois, tallise les poèmes. Il est chargé de signifier. mment ce serviteur de l'humanité avait-il pu qu'ici éviter tout contrôle et toute vérification ses services ? Il avait trop su, c’est certain, se e aimer pour lui-même. Mallarmé lutta pour le r de son rôle subalterne et lui confier toute tuité d'action. Mais ce rôle subalterne le tenait-il àc fidélité et ne s’était-il pas désenchaîné tout seul, qu'à régenter ses chefs hiérarchiques, Pensées Sentiments ?

On se rendit enfin à l'évidence. Quelques années

k ve nt la guerre, le langage était dénoncé comme il le 1 méritait. Les pamphlets lancés contre lui par Le à Spectateur de 1913 n’ont pas été vains. On vit que les trahisons de ce traducteur infidèle dépas-

à la pensée, jusqu’à l’asservir aux moisi “e forme intellectuelle, morale et sociale devr n mencer par une réforme du langage, FR peu êt s’y réduire. |

Ceux qui voient en Jean Paulhan un épigo Freud oublient, ou n’ont jamais su, qu’il ap] nait à ce groupe du Spectateur, que la guerre a « persé. Il en est resté le mainteneur. Tous les renfo qui lui sont venus : le renfort lyrique des dadaïs ( le renfort médical de la psychanalyse ét, en dernier lieu, chaperonné par Valery Larbaud, « monologue intérieur » de James Joyce n: ‘empêch pas qu'il ait été le premier à occuper la place. E les pages des dictionnaires, les mots tremblent terreur : le moment d’expier est proche.

Jacob Cow le Pirate ou Si les mots sont des sign: n’est qu’un réquisitoire : « L'on ne parle pas sa pens « AREA On parle ses RE à Les mots vo

« pour avoir leur sens retourné... Don n'a no A « penser, les phrases y suffisent. La tâche de I: « rime est de fonder pour un moment une prête « tion des sons voisins aux pensées voisines. »

Les mots n’ont-ils donc à invoquer aucune c constance atténuante ? Si. L'incurie de celui parle a sa part de responsabilité dans les crim commis par les mots. Si l’on utilise leur « ressou naïve », les mots traduisent, sans trahir. (Voyez !

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