SCÈNE IV
carnavalesques... la Maison d’or me dédora... je fis des lettres de change, que ma femme refusa de payer; et, une nuit de mi-carême, dans un bal trop prolonge, je m’aperçois que le domino que j'ai invité à déjeuner cache, sous la barbe de son masque, une barbe qui veut me pincer à la sortie. Je lui passe la jambe, et...
Renversant Turcs, pierrettes,
" Incroyables, grisettes.
Jardinières, lorettes,
Je gagne l’éscalier.
Et l’autre qui m’épie Apprend tard, dans la vie,
Que la chorégraphie *
' Est l’art dé l’ver le pied.
J’empoigne au vestiaire le premier pardessus venu, je saute dans un fiacre, dans un wagon, dans un navire, et j’arrive ici moitié chicard, moitié boyard, avec cette fourrure qui me suggère l’idée saugrenue de débiter des zibelines dans un pays où la glace n’est connue qu’à l’état de sorbet. C’est égal :
Amis, vive la cadence.
Qui nous fait bondir toujours!
Vive l’amour de la danse • •
Et la danse des amours !
A vous !
BRANCHU
Poète, mais pauvre... glorieux, mais panne... mon poëme des Scabieuses, trois mille quatre cent soixante-quinze vers, avait ceint mon front du rameau de Daphné... Je buvais l’hippocrène dans les cercles les plus rups de la capitale... J’avais une noble fiancée... une descendante des Montangraine... seulement, pour atteindre à sa main, il fallait un pont d’or... Un cousin de ma fiancée m’apprend que les haut-cn-bas sont ignorés outre mer, j’y vois une spéculation à la hauteur de l’époque, et j’arrive avec une cargaison de ramoneurs...
COQÜ1LLARD.
De ramoneurs? ......
BRANCHU
Et jugez de ma déception!... pas une seule cheminée dans
nie! • .
COQUILLARD, riant.
Ah ! ah ! ah !... ces pauvres petits fichtra de la catharina !... Et qu’en avez-vous fait?
BRANCHU.-
Oh ! mon ami!... c’est là où la farce se fait drame!.. Je débarque avec mes barbouillés... on les prend pour des nègres... et j’allais être pendu comme négrier!.. Sans demander d'explication... je plantai là mes Savoyards, et je pris ma