Hinc albi, Clitumne, grèges et maxima taurus
Victima, sœpe tuo perfusi flumine sacre. Bomanos ad templa deum diixere tiiumphos.
Géoryiques, II, i 46-148,
LES ARBRES; LES TlUjUlEAUX- LES ABEILLES 113
quefois au poète qui n'est jamais si pur et si grand que lorsqu'il demeure dans la simplicité de son sujet.
11 revient aux arbres et, avant d'aborder la culture du plus productif de tous, la vigne, il fixe les caractères qui peruîettent de distinguer la vertu des divers terroirs. Et chacune des expériences qu'il conseille nous remplit d'une sensation forte ou d'une vision! pittoresque. Avons-nous alTaire à des terrains ingrats oii la couche d'argile est légère, à des landes buissonneuses où les cailloux abondent? L'olivier tenace y croîtra. Au contraire :
Si ton charap est humide et couvert d'herbe drue,
Si l'épaisse fougère y gène la chcrrue,
Le vin qui coulera de tes ceps vigoureux
Vaut celui que dans l'or nous versons pour les dieux,
Quand le musicien, la panse bien nourrie,
Fait sonner à Tautel la flûte d'Élrurie
Et que nous leur portons courbés par le fardeau
Les viscères sacrés sur un large plateau ^
Pour reconnaître si la terre est salée, ]eii;j)iis:^ezen des corbeilles d'osier que vous humecterez à la fontaine : les larges gouttes d'eau qui l'auront traersée a^ous feront faire la grimace. Mais la terre grasse, quand vous la pétrirez, ne s'émieltera point et s'attachera à vos mains comme la poix. C'est dans ces passages si pleins, si justes, si savoureux, que Virgile est inimitable, et aussi dans ce qu il nous dit