CHAPITRE V LE ROMAN DE L'ÉNÉlDE
I. Les embellissements de Rome et la préparation de VÉnéide. — II. Analyse du poème. - ill. L'intérêt romanesque de VÉnéide.
Les Géorgiques avaient fait de Virgile le grand poète national de l'Italie. Quand on sut qu'il travaillait à une épopée, les Lettres latines attendirent un chet-d'œuvre qui surpasserait tout ce qu'on connaissait encore; et Properce, bon confrère, poète voluptueux, et aussi très Romain, traduisit cette attente dans des vers qui méritaient leur immortalité. Etendu languissamment sur les fleurs de la veille et percé jusqu'aux os des traits de l'Amour, il s'écrie : « A Virgile de pouvoir célébrer les rivages d'Actium, Phœbus protecteur, et les flottes de César, lui qui, en ce moment, évoque les combats d'Énée et les remparts fondés aux rives de Lavinium. Cédez le pas, poètes romains; poètes grecs, cédez le pasl II naît en ce moment je ne sais quoi de plus grand que YJliade ! » Nescio quid ma jus nascitur Iliade,