‹ Virgile, son œuvre et son tempsChapitre 45 sur 74 · LE BOMAN DE L'ÉNÉIDE · texte numérisé non relu

LE BOMAN DE L'ÉNÉIDE

Virgile avait commencé son poème en Tannée 29; et il y consacra les onze années qui lui restaient, à vivre. L'heure où il le commençait était solenn-ile clans l'histoire de Rome. Auguste venait de fermer le temple de Janus. Depuis sept cents ans que Rome était fondée, cette cérémonie n'avait eu lieu que deux fois, sousNuma et après la première guerre punique. (( Des verrous fermeront étroitement les sinistres portes du temple de la Guerre, dit Jupiter au premier livre de VÉnéide, A l'intérieur, la Fureur impie, assise sur un sauvage monceau d'armes, les mains enchaînées derrière le dos de cent nœuds d'airain, frémira le poil hérissé et la bouche sanglante. » Courte trêve! Il fallut les rouvrir bientôt. On eut à réduire les Gantabres, les Asturiens, les Aquitains, les Pannoniens, les Dalmates, sans compter les Germains. Mais Virgile vit encore une fois, quatre ans plus tard, renouveler cet emblème de la paiXe Et d'ailleurs qu'importaient les expéditions lointaines puisqu'enfin les discordes civiles avaient cessé et que le pouvoir du vainqueur d'Actium était assez assuré pour qu'il n'hésitât point à se rendre en Espagne et à y prendre lui-même le commandement de son armée?

A travers des difficultés sans nombre, des complots éventés, des oppositions sourdes, des scandales comme celui de la condamnation de Gallus, Auguste, tribun, imperator, et consul chaque fois qu'il en manifestait le désir, poursuivait son œuvre de pacification et l'établissement de la monarchie. Toujours très simple « comme s'il eût voulu par la modestie de ses allures désarmer la Némésis*»,il réservait toutes ses magniiicences pour l'embellisse-

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