Hoc nemiis. hune, inquit. frondoso vertice collera
vQuis deus, incertum estj habitat deus. Arcades ipsum
que les écrivains romains nous ont dit de Jupiter Capitolin et du Capitule et des longues processions triomphales qui y montèrent, ne nous donne une aussi forte impression de grandeur religieuse que ce pressentiment, cette vague apparition sur la pauvre hauteur hérissée de pierres et de ronces. Plus loin, on aperçoit les débris de deux villes, l'une de Janus, l'autre de Saturne. Ainsi, la première fois qu'elle se découvre aux yeux des ancêtres de sa gloire, cette terre sans âge a déjà des ruines émouvantes.
Enfin, Evandre conduit Énée dans sa demeure, une hutte couverte de chaume ou de roseaux. M. Fowler la situe, très justement, je crois^ à trois cents mètres de TEsquilin, sur le liane nord-oue&^t du Palatin, au lieu même où s'élevait la très modeste demeure d'Auguste ^ C'est le seul endroit d'où Ion pouvait voir en môme temps « les bœufs qui mugissaient sur le Forum et dans le riche quartier des Carènes ». La bienvenue qu'Évandre souhaite à Enée quand il l'introduit sous son toit a une simplicité biblique : « Voici le seuil que franchit Hercule vainqueur; voici le palais qui le reçut. Osez, mon hôte, mépriser les richesses. Faites-vous une âme digne de la divinité, et entrez ici sans rudesse pour notre pauvreté. » Énée n'y dormira point. Évandre l'a logé dans une demeure plus retirée. Le matin, ils se réveilleront au chant des oiseaux. Le roi met sa
Credunt se vidisse Jovem, cum saepe nigrantem iEgida concuteret dextra, nimbosque cieret.
Enéide, Vlil, 351-354.
1. ALneas at the site of Rome (Oxford, 1917). « lisec, inquit, limina victor Alcides sulnit, lisec illum régi a cepit. Audo, il ;spes, conicniueic opes, et te quoquu digiium Fiuge deo, rebusque veni noij asper egenis. »
Éneide, VIIT, 363-366.
l'Enéide et les antiquités de rome '^i^
tunique et ses chaussures à courroies, le caiceus romain d'origine étrusque. Il sort avec son fils, escorté de ^es deux chiens, et il va retrouver son hôte qu'il rencontre sur sa route.
• Nous avons maintenant un aperçu de tout ce que les vers de Virgile supposent de science et d'érudition. Mais, dans ses investigations sur les antiquités, rarché£)logue ne tient pas compte du facteur moral. Ce n'est pas son rôle. C'est celui du poète dont les intuitions vont plus loin que les monuments en ruines et descendent plus profondément que les fosses funéraires. Ces deux hommes, qui se serrent la main dans un sous-bois solitaire du mont PalaUn, symbolisent toutes les vertus sur lesquelles s'est fondée la cité romaine, la piété, le courage, l'esprit d'entreprise, le respect du malheur, la simphcité de la vie et l'honorable pauvreté. Je vois sur le visage d'Évandre la majesté du Sénat des Cincinnatus et sur le visage d'Énée le grand sérieux des Scipion. Virgile en fouillant dans l'histoire avait retrouvé et remis au jour les assises de FEmpire.