‹ Virgile, son œuvre et son tempsChapitre 7 sur 74 · Enéide, X · texte numérisé non relu

Enéide, X

assurément revendiquer ce Gaulois cisalpin. Nous pourrions faire remarquer que la Gaule cisalpine a envoyé plus d'un poète à Rome. Catulle, Helvius Cinna, que Virgile admira et que, si nous en croyons SJartial, on osait quelquefois préférer à Virgile; Bibaculus, auteur d'un poème sur la Guerre des Gaules; Valerius Gaton, critique et poète, surnommé la Sirène latine ; Varron d'Atax, poète épique, didactique et satirique; l'élégiaque Gallus; ^milius Macer, que Quintilien place à côté de Lucrèce : tous ces beaux esprits étaient nés dans la Gaule cisalpine ou dans la Gaule narbonnaise entre les années 80 et 60 d'avant notre ère. Mais, d'origine gauloise ou non, ce fut uniquement à la culture latine qu'ils durent les qualités dont ils l'embellirent.

L'enfant, d'une douceur remarquable, fut donc élevé avec ses deux frères Silon et Flaccus, dans une ferme modeste que le père exploitait intelligemment. On avait peut-être deux ou trois esclaves. Petite famille laborieuse dont le souvenir inspirera sa peinture de la vie du laboureur. Le soir, quand il rentre, ses enfants se pressent autour de lui et se suspendent à son cou. La pudeur habite à son foyer et l'on y accomplit tous les devoirs envers les dieux. iNi les parents ni les enfants n'étaient de forte santé. Les deux frères de Virgile moururent, l'un en bas âge, l'autre adolescent. Le père les suivit. La mère se remaria, puisque Virgile eut un demi-frère qu'il inscrivit parmi ses héritiers. Cependant on nous dit qu'elle ne s'était point consolée d'avoir perdu son Flaccus et que le chagrin hâta sa mort. Virgile fut plus résistant, mais toujours obligé de se surveiller. Il avait l'estomac faible, la poitrine délicate, des crachements de sang, ce qui nous explique ses longs séjours à Naples et en Sicile, le goût qu'il manifesta

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