CHAPITRE V. Oa
— Mais, mademoiselle, je...
— Si vous me connaissiez, monsieur, vous sauriez que je n'ai pas l'habitude de recevoir de visites à pareille heure.
Elle voulait fermer sa porte; mais M. Perrin passa vivement son pied de façon à lui en ôter les moyens, et i^reprit vivement :
— Mademoiselle, je suis un jeune homme trcs-bieny et je viens vous rendre un immense service : je ne vous demande que cinq minutes d'audience.
— Cinq minutes soit.
M. Perrin entra , se jeta nonchalamment dans un fauteuil, garda son chapeàti sur sa tête, son cigare à la main, son lorgnon dans l'œil, et se croisa les jambes en promenant autour de lui un regard inquisitorial...
— Mademoiselle, je viens...
— Pardon, monsieur... Vous êtes un jeune homme trcs-bioiy dites-vous?
— Sans doute, mademoiselle.
— Veuillez m'en donner trois preuves.
— Quatre, mademoiselle.
— Eh bien, quatre soit : ôtez votre chapeau, jetez votre cigare, quittez votre lorgnon et décroisez vos jambes.
Virginie avait tant d'assurance et de sangfroid en prononçant ces paroles, que Perrin, tout interdit, ôta son chapeau , jeta son cigare, quitta son lorgnon, décroisa les jambes et se leva involontairement.
— A la bonne heure, dit-elle en s'asseyant à son tour et en le regardant fixement; maintenant vous avez presque l'air d'un jeune homme treS'bien,
— Presque ?
— Oui , presque... Mais veuillez me dire ce qui me procure l'honneur de votre visite? "
— Mademoiselle, je viens... je voulais... c'était pour vous informer...