‹ Virginie DejazetChapitre 19 sur 92 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Virginie perdit enfin patience et s'écria :

— Ma foi, monsieur, puisque vous ne vou- ^^ lez pas quitter la place, je vous rabandonne; bonsoir!

Et elle s'enfuit brusquement dans sa chambre à coucher, en emportant les lumières et tachant de s'y barricader solidement.

Cette fugue inattendue, cette obscurité soudaine, firent sortir Perrin de son immobilité muette et contemplative; il courut rapidement à travers les ténèbres, se heurtant contre chaque meuble, renversant et brisant tout ce qu'il touchait, cherchant à l'aveuglette la porte par laquelle Virginie s'était enfuie.

Il entendait les efforts qu'elle faisait pour se claquemurer, pour se mettre en lieu sûr et à l'abri des importunités, et le bruit que produisaient ces efforts excitait singulièrement sa mauvaise humeur et son inqualifiable audace. 11 ne tarda pas à trouver la porte de la chambre

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à coucher; Touvrir ne fut pas ditTicile, elle eda sans résistance.

Viruiine n'avait eu ni le temps ni la force de la défendre en y adossant quelques gros meubles, et. pour comble de malheur, cette porte dMiôtel garni n'avait point de serrure, elle fermait par un simple loquet; tout ce que Virginie avait pu faire pour sa défense fut de mettre son couteau dans la gâche sur le loquet, afin de tacher d'en paralyser le jeu; mais à la plus légère secousse, le couteau tomba, le loquet joua, la porte fut ouverte, et Perrin pénétra dans la chambre à coucher.

— Ah çà, monsieur, décidément, que me voulez-vous ?

Perrin ne réj^ondit pas; seulement il ôta son habit et raccrocha à l'espagnolette de la fenêtre qui donnait sur la rue.

— Que signifie cette plaisanterie do mauvais goût, je vous prie?... que faites-vous?

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