CHAPITRE I
son langage enfantin, îo Corps de yanle.,.
On résolut donc, en conseil de famille, d'avoir recours au Corps de garde pour faire danser Virginie. A la quatrième représentation on pria un grenadier de service de se tenir armé debout à l'orchestre; quand Virginie entra en scène, elle l'aperçut immédiatement et s'écria :
— Ah ! mon Dieu ! . . . le Corps de garde est dans le Ihcdlre!
Et, les veux continuellement braqués sur la sentinelle, ses pieds travaillèrent avec leur prestesse ordinaire. L'heureux résultat qu'on attendait du Corps de garde dans le théâtre fut obtenu ; le stratagème réussit; Virginie dansa.
Mais pour quelle raison n'avait -elle point dansé? Si Déjazet cherchait dans ses souvenirs, peut-être avouerait-elle aujourd'hui ce qu'elle ne voulait point avouer alors; peut-être diraitelle : « Cet étonnement général que je lisais dans tous les regards, cette hilarité désopilante qu'excitait mon immobilité me rapportant des
W VIRGIN IK DËJAZKT.
luavos hoanrdllïi jims noinhroux que Hid aan§e, c'était rainour des applaiulisscMncnts et plus encore la satisfaction intérieure que j'éprouvais en voyant tout ce monde cDani, qui me faisait adorer cette étrange immobilité.
L'année suivante, la petite Virginie quitta le théâtre des Capucines pour celui des Jeunes- Artistes, qui se trouvait rue deBondy. Elle n'y resta que quelques mois, pendant lesquels elle joua TAmour dans les Sirènes, ou les Sauvages de la Montagne d'Or. Elle avait alors six ans; et Tanecdotc qu'on va lire donnera une preuve convaincante de la conscience et du sentiment artistiques que possédait déjà la petite Virginie et qu'a toujours conservés Déjazet.