CHAPITRE IX
fait ériger, sans le consentement et à l'insu des ayants droit, un monument sur un terrain dont ils avaient la concession à perpétuité ; que celle famille demandait que le monument fut délruit, et que, sur le refus formol du gardien de laisser toucher à cetle pierre, elle se voyait forcée d'avoir recours à la justice pour faire respecter ses droits.
Déjazct répondit qu'effectivement c'était elle qui était l'auteur du délit qu'on lui imputait ; qu'elle savait gré au gardien , qu'elle le remerciait d'avoir défendu si fermement sa cause, et qu'elle attendait avec confiance la décision de la justice, curieuse de savoir s'il se trouverait un juge pour condamner une comédienne parce qu'elle avait témoigné plus de respect et de vénération pour les dépouilles mortelles d'un étranger que les membres de sa propre famille. La question vint devant le tribunal. Déjazet gagna , et la pierre tumulaire fut respectée...
J'ai rapporté cette histoire du cœur toute pleine de larmes et d'amers souvenirs... parce
qu'on y voit coml)ien une fommo bonne, compatissante, une aine d'or, ouverte à toutes les doulenrs qui naissent autour d'elle, peut quel- (]uefois avoir à souffrir d'un malheur qu'il n'a pas ctc en son pouvoir d'empêcher.
J'ai rapporté cette histoire parce que je l'avais lue arrangée, défigurée, morcelée, et que je tenais à la reproduire sous son véritable jour, sans amplification, sans ornement et dans sa plus grande simplicité.
Excepté le nom de la petite flûte , que je n'ai pas cru nécessaire de divulguer, tout ce que j'ai dit est vrai, religieusement vrai.