CHAPITRE X!ll
suis votre oblij^^é. Sans vous j'étoullais... et par consé(juentj c'est moi qui dois me féliciter...
— Eh bien! monsieur le curé, félicitonsnous mutuellement alors.
Le vieux prêtre sourit en inclinant légèrement la tète, et le plus complet silence suivit ces quelques paroles échangées de part et d'autre.
Décidément la conversation avait de la peine à s'établir.
Le vieux curé était embarrassé.
L'actrice était réservée.
Quant à Élise, la camériste de Déjazet, elle n'avait pas la parole, et d'ailleurs ellese trouvait si heureuse de voir un prêtre auprès de sa maîtresse, qu'absorbée dans sa contemplation méditative, elle ne songeait point à parler.
Ce fut Kiki, l'effronté ouistiti, qui, sautant sans façon sur les genoux de l'abbé pour jouer familièrement avec son rabat, donna l'occasion
2«G VIRGINIE DKJAZET.
à Dojazet de rompre un silence qui mcnaçailde se prolonger indéfinimenf.
— Eli bien ! Kiki , (ju'esl-cc que ces manières-là ? — s'écria-l-elle. — Voulez-vous bien venir ici, petit mal élevé? Voilà une belle conduite, ma foi !
Elle voulut retirer Findiscrct animal, mais le vieux curé retint le sin^e entre ses bras, le caressa, el pria sa maîtresse de lui pardonner cette légère incartade.
— C'est à lui que je dois le plaisir de savoir voire nom et de me trouver auprès de vous, madame ; je lui dois trop, pour ne pas intercéder en sa faveur, et vous êtes trop bonne, diton, pour accueillir la prière d'un vieillard par un refus.
— Mais pardonner à un coupable, n'csi-ce pas l'encourager à mal faire, monsieur l'abbé?
— Mais repousser la prière d'autrui, n'estce pas s'exposer à voir repousser les siennes, madame ?