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CHAPITRE III

Émancipation. — Voyage à Orléans. •— Rupture avec le Vaudeville. — Débuts aux Variétés.

Virginie croyait qiril ne s'ajiissail que d'acquérir du talent pour arriver. Mai^ ce talent uue fois acquis, il faut pouvoir le montrer, comment? Si les moyens vous sont interdits, comment prouver que vous êtes une habile comédienne si vous n'avez point de rôles, ou si les rôles que vous avez sont nuls et sans effet?...

Cet état, ou cet art, comme il vous plaira de l'appeler, a cela de terrible, c'est que ceux qui l'exercent ne tiennent jamais le gouvernail

;U VIRGINIU: DÉJAZKT.

de leur carrière, ne sont jamais les maîtres de leur avenir, ne peuvent rien par eux seuls. Sans cesse et toujours livrés au caprice d'autruij jouets perpétuels du hasard et des circonstances, les comédiens sont les seuls artistes condamnés à l'impuissance , car ils sont les seuls qui aient besoin pour se produire de la bonne volonté et de la coopération de tant d'autres intelligences presque toujours égoïstes ou passionnées. Le comédien par lui-même ne peut rien, absolument rien, je le répète, sans le concours des auteurs et des directeurs, et disons-le, car c'est la vérité, les directeurs et les auteurs ne servent généralement que les célébrités.

Mais comme il est fort rare d'être célèbre au début de sa carrière, il advient que les débutants sont très-rarement encouragés et aidés par ces autocrates de coulisses, qui se disent fièrement les soutiens et les protecteurs des artistes, et qui ne sont trop souvent que des commerçants, des exploiteurs plus ou moins intelligents. M

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