‹ Virginie DejazetChapitre 80 sur 92 · CHAPITRE XV. 3H · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV. 3H

Du sylplio rayonnant de grâce et de génie Vous aurez un sourire en mourant sous ses pas!

Être fleur, en hiver c'est une belle chose ! Ce n'est pas un blasphème, ô mon soleil d'étL-! Aux beaux jours tout manant peut fouler une rose, L'hiver, la fleur toujours sur un beau front se pose, Pour couronner l'artiste ou l'ange ou la beauté.

Enfin, dans un troisième bouquet de lilas et de pâquerettes, fleurs préférées de l'artiste, on avait adroitement glissé ces eharmants petits vers d'une facture toute difl^érenle :

Aa pied de Déjaxet.

Il est petit , il est joli, Comme la patte D'une chatte ; Au jour, quand il sort de son lit.

Il est doux, blanc, frais et poli , Comme une colombe blanche Sur une branthe Au bord du nid.

Il est espiègle, il est mutin,

C'est un lutin ; D amuserait Dieu le Ptre

Quand, le matin,

H prend son bain

312 VIRGINIE Di: JAZET.

Comme un poisson dans la rivù rc ; Apri'S qu'il a sauté, nagé , L'eau dans laquelle il s'est plongé, Sourit pendant une heure entière.

Ses petits doigts sont pleins d'esprit

Sans contredit ;

Au temps d'Athènes, Périclès les eût adorés

Et dorés D'anneaux, de colliers et de chaînes. f A Stamboul encore aujourd'hui,

Dans ces lieux où le soleil luit , Et dans le jardin des sultanes, Ils embelliraient ces anneaux Que portent les doigts sans rivaux

Des courtisanes.

Quand ce bijou, quand cet amour.

Se glisse dans le bas à jour,

C'est une joie De voir folâtrer et courir, A travers le réseau de soie, Sa veine où coule le saphir;

Puis il babille,

Marche, frétille, Et fait craquer son brodequin De satin.

Mais du bal surtout le folâtre

Est idolâtre.

Quand il entre dans un salon,

Les Andalouses

Sont jalouses ,

cil AIMTHK XV. ' ;)|.î

El la fée Urgolc, dit-on , Jette de dépit, le voyant paraître, Par la fenêtre La pantoufle de Cendiillon.

Sous sa robe, Qui le dérobe.

Tous les regards le vont cliorcli'-r; Et sur ses traces, Les Lovelaces Veulent march'.T.

L'homme viue blase Un sot ennui.

Tombe en extase " Si, près de lui Ce pied qu'aflble L'esprit malin.

En passant frôle Son escarpin.

Don Juan lui-uiéme

L'eût supplié.

C'est un poème.

Ce petit pié 1

On le courtise,

On l'adonise, El devant lui sages et fous

Sont à genoux:

Le bal fini, quand il dépose

Son soulier rose.

Il est rempli de billets doux.

î.o T) novoî^ilwv îS.'iO, D('j;iz('l ciVm la

31 i vinciMF OKJAZET.

Doiiairirrc de Bn'onne; puis ce pauvre lliéàtrc (lu Vaudrvilh; , (jui, avaul l'adniinislralion de Aï. Boyer, ne laisail depuis (|uelijuc leuips <ju ouvrir et fermer ses portes, ce pauvre Vaudeville vint à sondjrer, el Déja/el l'ut encore obligée de retourner en province.

Enfui iM. Lecourt , après plusieurs mois de l'ermeture, après de nombreux procès, obtint de M. Barocbe, alors ministre de l'intérieur, un nouveau privilège pour ce théâtre.

Un des premiers actes administralils de M. Lecourt fut de s'assurer du concours de; Déja/.et, et le 30 mars 1851, ils signaient ensemble d'un commun accord ce traité :

a Entre les soussignés :

» Achille Théodore Lecourt , directeur privilégié du » théâtre du Vaudeville, demeurant à Paris, rue Vip vienne, n' 36;

» Et mademoiselle Virginie Déjazet, artiste drama- » tique , demeurant également à Paris, passage SauJ » nier, n» 7, d'autre part;

niiMMTUK XV. :u:;

M A L'ié convenu cl aiiùlé ce «iiii siiil :

» M. Ix.'court cii'pTagc maclLMiioiscllo Dcjazcl au lluVitic » (lu Vaudeville pour quatre mois, qui couuucnceronl à » partir du jour de l'ouveiturc.

» Les conditions de cet engagement sont celles .sui- » vantes:

» 1° Mademoiselle Déjazet devra jouer cinq fois par » semaine.

y) 2° Mademoiselle Déjazet se l'ournira de costumes de )» ville de nos jours. Tous autres costumes, ainsi que tous » les travestis, lui seront fournis par le théâtre.

» 3" Chaque fois (|u'elle jouera , mademoiselle Déjazet M recevra un jeton dont l'importance variera selon le » chillrede la recette.

» Pour une recette au-dessous de DOO francs, le jeton » sera de 100 francs.

» Pom- une recette de 900 à' 1,200 f., le jeton sera dcl2;i

— 1,000 à 1,700 — l'JO

» Et ainsi de suite, dans la même proi>ortion, ju>qua » 375 fr., ma.vimum Oxé.

» Bien que le laLleau ci-contre ne mentionne que des

3M VinciNlF nKJAZFT.

Douairirrr (Ir firi'ninc; \nm cr, pauvre ihcàtro lin Vnndrvillt; , (|iii, avant radminisiralinn ilc M. nnyer, ne faisait dopnis (|U('l(jU('. Icinps qu'ouvrir el fermer ses parles, ce pauvre Vaudeville vint à soinjjrer, cl Déja/et fui encore obligée d«' relonrnrr en jirovince.

Enlin M. Lccnnrl , après plusieurs mois de fermelure, après de nombreux procès, oblinl de M. Laroche, alors ministre de rinlérieur, un m^uveau privilège pour ce lliéàlre.

Un des premiers acles administratifs «le -M. Lecourl fui de s'assurer du concours de Déjazel, el le 30 mars 1851, ilssignaienl ensemble d'un commun accord ce traité ;

« Entre le- .-'ni->i,:.'nés :

» Achille Théodore Lccoint , directeur privilégié du » théâtre du Vaudeville, demeurant à l'aris, rue Vi- )» vienne, n' 36;

» Et mademoiselle Virginie Di'jazet , artiste drama- » tique , demeurant également à Paris, passage Saul » nier, n® 7, d'autre part;

niIMMTUK W. Mli

M A él<-' convenu ol aiTL'fé ce qui siiil ;

M M. Locourl ciVpMgc mademoiselle Uéjazel au lliealie )) du Vaudeville pour quatre mois, qui commenceront à » partir du jour de l'ouverture.

» Les conditions de cet engagement sont celles sui- » vantes :

)) 1" Mademoiselle Déjazet devra jouer ciufi fois par » semaine.

» 2° Mademoiselle Déjazet se l'ournira de costumes di' M ville de nos jours. Tous autres costumes, ainsi que tous » les travestis, lui seront fournis par le théâtre.

» ;r Chaque fois qu'elle jouera , mademoiselle Déja/.et » recevra un jeton dont l'importance variera selon le » chifl'rede la recette.

» Pour une recette au-dessous de !)U0 francs, le jeton » sera de 100 francs.

» Tour une recette de 900 à l,200f.,lcjctonscradci2;i

— 1,000 à 1,700 — lUO

— 1,900 à 2,000 — 2'iO

» Et ainsi de suite, dans la même proiH>rlion, jusqu'à » 375 fr., maxinmm ûxé.

» fiien (juc le tableau ci-contre ne mentionne que des

3IC Mi{(:iMi-: Di:.r\/.KT.

»> (lilTcrenccs lomlcs de vin.i;t l'nincs par jeton , il ost coii- »» \(MUique cetto somme .se fiarliomu'iM.L'aciioissoiiuMil » du jelon à partir de \,liW fr. devia être do 20 p. lOO » sur toute somme intei-médiaire, cesl-à-duc de 20 cen- » limes par franc.

M 4" Ces jetons seront payés par (•ha(]ue soirée cl après » cliaque ropr('scnlalion.

» "»• Pondant le cours ou après l'ex pi ration du piésonl » onjjragomont, à son choix, mademoisolle Uôjazet aura » droit à une reprcscnlation à son bénéfice que M. Le- » court lui assure à deux mille francs, siins préjudice du » surplus, auquL'l elle participera par moitié au delà de » quatre mille francs.

>» ()• Mademoiselle Déjazel recevra à titre d'indemnité » une somme de mille francs par (juinze jours de répé- » lilions, quinze cents franco pour trois semaines, et deux » mille francs pour un mois.

» 7" Mademoiselle iJéjazet recevra un appointemcnt » fixe de mille francs par mois, qui sera paye à chaque fin « de mois, et ne pouira être suspendu qu'après un mois » entier constaté de maladie.

p 8* Pendant toute la durée de son engagement et à

0 chaque foi» qu^elle jouera, mademoiselle Déjazet aura

droit à une loge des premières du premier rang, numé-

» rolée.

p 0" Il est expressément entendu que Pengagcmenlquc » conlracle madcmois^îUe Déjazul de jouer cinq fois par V semaine fait contracter à M. IvCcourtroljligation de lui » fournir l'occasioii de louer ce nombre de fois. Si donc,

CIIACITIU-: XV. 317

» aulicmeiil que par sou fait, iii;ul(Miioisello nc'jazct » jouait un nombre de fois moindre, M. Lecourt lui de- » vrait néanmiiins un jeton pour cliacune des repruseii- )) talions manquant au nondjre de cinq, et le cliifFre » de ces jetons sera calculé sur la base des plus fortes » recettes du mois.

» 10" Mademoiselle Dcjazet, pendant la durée du pré- » sent engagement, ne pourra jouer à l'aris <|u'à quatre » bénéfices à son choix, à la condition expresse que ces » bénéfices auront lieu un des joms de congé par elle » réservés.

» Fait double à Paris, le trente mars 1851.

» ApprouNé l'écriture J

» A. Licou UT.

» V. hl.JA'/KT. »)

Kii v(MLii lie col eimaueinenLcllc roiitia ilune [Kiiii la troisicun; luis au Vaudeville.

Le 1" octobre l S'il, jour de la réouverture, elle créa Ouistiti ; le 1 i novembre , Quand on ra cueillir la Noisette ; enfin, le 8 janvier lSo2, les Rcves de Mullirus, de MM. Mélesville et Carmoucbe. Ces trois pièces, très-faibles, ne méritaient pas d'être interprétées parDéjazel. Néanmoins, son engagement fut

318 vinr.iMi-: péjazet.

riMi(>u\elépuiii'dcu\ ans auxniùiiicscoiulilioiis, ci Li'on Onzlan, le spirilucl auteur de la Tempête dans it)i verre deau, du Coucher (rnne Étoile, de lu Main droite et la Main gauche^ écrivit pour Déjazel les Paniers de la Cowtesse. Ce petit acte, joué pour la juTuiière fois le n novembre 1852, fut la dernière création de ractrice sur le tliéâlrc de la place de la Bourse.

A partir de cette époque, Bouffé, qui était Tassocié de M. Lecourt, se mit à taquiner Déjazet à tous propos, en lui distribuant des rôles indignes de son talent. Un jour il la convoqua par bulletin pour entendre une revue de Clairville dans laquelle il voulut la forcer à jouer la Cbanson. Or la Chanson se bornait à chanter un air de facture et le couplet linal. Déjazet refusa.

Bouffé lui écrivit une hittre blessante, dans laquelle il menaçait >a [u-nsionnaire d'un [)rocès, si elle persistait dans son refus, et lui disait (juc l:i Imputation des artistes était chose bien éphémcrcet facile à détruire... qu'c//e?//>n7^ar(/6'/...

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