‹ Virginie DejazetChapitre 86 sur 92 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

retint, en lui disant qu'il avait lui-même encore besoin de secours.

DéjazetyheureusedesavoirClaudeGiraudhorg de danger, car tout le monde alors le croyait sauvé^ Déjazet, qui ne pouvait plus rendre aucun service, regagna sa voiture et courut raconter au foyer des Célestins toutco qu'elleavaitvu*

Le soir même, pendant la représentation, un régisseur annonça au public que Giraud était enfin délivré. Jamais annonce ne fut accueillie par d'aussi bruyants et enthousiastes applaudissements.

Eugène Déjazet partagea l'émotion et la joie de sa mère. Cette scène, dont il fut témoin, l'avait tellement impressionné, qu'il ne dormit pas de la nuit et se mit à jeter sur le papier le scénario d'une pièce en trois actes, ayant pour héros et pour titre : Giraud le puisatier.

Huit jours après, il avait écrit complètement la pièce, fait la musique nouvelle, et distribué

344 VmGINiy DKJAZET.

les rôles. Sa mère devait jouer le capitaine Robinet, et Vernier, le premier comique des Célestins, un artiste que les Parisiens applaudiront un jour, eût créé le rôle du puisatier. On comptait sur un grand succès d'argent, car la pièce était très-touchante, et la musique avait cette fraîcheur, cette suavité, cette originalité mélodieuse, qui sont les qualités remarquables des charmantes compositions d'Eugène Déjazet. On parlait surtout d'une ronde et d'un chœur qui produisaient un effet immense. Les répétitions se poursuivaient avec ardeur et plaisir de la part des artistes, ce qui est toujours un bon augure, mais la mort du pauvre Giraud vint empêcher la représentation de l'ouvrage.

Déjazet raconte elle-même, dans deux lettres écrites à l'une de ses amies, l'événement qui fil défendre la pièce de son fils.

Lyon, 28 mai i 854.

« Hier, ma chcrc amie, au milieu d'une répétition gé- » nérale à grand effet, défense nous est arrivée déjouer

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