‹ Virginie DejazetChapitre 89 sur 92 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

» faire dans la crainte d'être reconnue. Bien cachée dans » un coin noir, j'ai appelé sur ce pauvre martyr toutes » les bénédictions du ciel. Sa pauvre mère était à genoux » près de sa tête; son costume n'annonçait pas l'aisance, )> eUe pleurait dans un gros mouchoir bleu; ses lanues » sont tombées une à une sur mon triste cœur ! . . . Pauvre » femme! elle Ta suivi, dit-on, jusqu'au cimetière, moi » je suis rentrée avec l'âme brisée, je jouais le soir!....»

Il est un fait que Déjazet ne dit point dans cette lettre , c'est qu'elle lit venir la mère de Giraud et l'aida de sa bourse.

Déjazet clôtura ses représentations à Lyon par une bonne œuvre, elle joua le 31 mai, au bénéfice de l'association des artistes dramatibues, et revint reprendre quelques mois de vacances sous les délicieux ombrages de sa maison de plaisance de Seine-Port.

C'est là qu'entourée de son fdsEugène, d'Hermine sa fille, et de Jeanne sa petite-fiUe, elle se livre aux joies de la famille ; c'est là qu'elle reçoit les visites de ses véritables amis, c'est là que le bon docteur Carrier, un des plus babiles

praticiens de nos jours ; Cuchelet, son ami depuis trente ans, et ce titre est l'éloge même du caractère, du cœur et des précieuses qualités de Cuchetet ; Vanderburcb, un homme d'esprit, un historien, un savant, quoique vaudevilliste ; Danthoine, peintre distingué, homme du monde ; Adam, le célèbre compositeur, l'une des gloires de l'Institut; Battaille, le jeune professeur du Conservatoire, le chanteur aimé, le comédien remarquable de l'Opéra-Comique ; Albert, l'acteur sympathique et passionné que les habitués de l'Ambigu et de la Gaîté regrettent encore ; c'est là, c'est à Seine-Port, que ces natures d'élite viennent tour à tour s'enivrer du charme de la conversation intime de l'aimable châtelaine.

C'est à Seine-Port que Déjazet se retirera quelque jour, loin du bruit de la grande ville, si, travailleuse infatigable, elle consent à se reposer jamais.

Mais fort heureusement pour le public, ce jour est encore distant; le 21 juin 1855, à la première représentation du Sergent FrédériCj

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