‹ Virginie: tragédie en cinq actes et en versChapitre 9 sur 57 · ACTE I, SCÈNE V. ï · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE V. ï

Toi , (jue son père absent a nommé son époux , Conduis-la, chaste et Ubre, aux autels d'hyménée, Telle que notre amour le Tavait destinée :

Hâtons-nous : c'est as^ez , dans ces cruels momens, Que sa mère et les dieux entendent tos sermens. Hélas! des jours marqués par un sort plus prospère L'auraient vue à l'autel conduite par son père, Parmi les fleurs^ l'encens et les vœux empressés, Chercher son jeune époux... Mais ces jours sont passés. Qu'en secret , s'il le faut , elle te soit unie ; Sous l'abri de ton nom reçois ma Virginie. *~

ICILIUS

Oui, ce noble projet ranime mon espoir; Oui , pour la protéger je croîs à mon pouvoir. Si du peuple jamais l'honorable suffrage Aux succès du Forum excita mon courage; Si, tribun par son choix, par sa voix enhardi, De sa haute faveur mon cœur s'est applaudi, C'est lorsqu'à te sauver j'ai le droit de prétendre; Epouse d'un tribun, le peuple va m'entendre : Et puisque ta faiblesse implore mon secours , '^^-^ Je bénis les dangers qui menacent tes jours. y^

Hélas ! d'un tel espoir je m'étais trop flattée! Mais j'y renonce enfin... Malheureuse , insultée, Je dob de me» foyers ne plus franchir le seuil , Et te cacher mon front ^ous des voiles de deuil.

Ces voiles serviront à notre hymen austère.

Qu'il s'achève aujourd'hui, sans éclat, sans mystère.

i4 VIRfelNIE.

Gomme il sied aux Romains en ces jourè de dôilAéurs : Pourquoi pco^^ 1 autel de festons et èô fleUrs, Jeter des nœuds briUakis tz des Hû\M stïr ta tète P Rome esobiTe, en un mot^ n'a plus de joun dé fêté. Toi, qui me fus promise en des temps plus heureux , Oh! dans ton chaste amour, dans ton sein généreux, Laisse-moi déposer mes re^prets , mes souffrances. Peut-être quelque jour de Uobles espérances .^ . Oui, ne repousse pas uU cœur digne du tien, Et que la liberté trouve un double soutien.

.Y1R6INI£.

Eh bien! à ses autels qu^ Thymen nous rassemble ! Pour elle , s'il le faut , nous périrons ensemble.

VALÉRIE

Nos dieux protégeront Thymen dlcilius :

rirai dans son palais en instruire Appius , Et , d'un lâche Romain lui signadant l'offense , Eclairer sa justice et surtout sa prudoice.

IGILIUS4 Et moi, qhe2 des amîs ardens à me servir.

Cherchant d'autres secours que ceux du déceiuvir, Je reviens de Marcus confondre l'insolence.

Forcer dans le Forum son audace au silence , Et d'un commun respect environna enfin Celle qui de mon nom va couvrir son destin.

(n sort apiès avoir ramené Valérie et sa ûï^ dans lear maison.)

FIN nu PaBMISR AeTB.

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