‹ VisagesChapitre 9 sur 23 · LE CULTE DES HÉROS · texte numérisé non relu

LE CULTE DES HÉROS

L'amour des héros est vieux comme la première histoire racontée par celui qui inventa le langage. Leur culte se confond presque avec celui des dieux, dont il est, même dans ses moments les plus médiocres, une imitation plus ou moins lointaine. Les hommes aimèrent toujours ces incarnations sublimes qui les représentent, les simplifient et les expliquent.

Mais l'habitude, — précisément pour simplifier, — de prendre les héros dans une situation haute et surhumaine et de leur faire accomplir les actions essentielles où se témoignerait leur âme devint la fâcheuse coutume de les présenter exceptionnels, puis inhumains, automates enfin. La mauvaise littérature avec eux triompha : leur facile grandeur de parade, leur fausseté foncière finit par devenir tellement odieuse qu'on les bannit des oeuvres d'art relevé. On ne les toléra

plus que comme personnages dans des ouvrages Imaginatifs où leurs passions, presque abstraites, n'offrent plus qu'un intérêt documentaire ou n'éveillent qu'une émotion de pensée, sans rapport avec les joies et les peines d'un cœur vivant, ainsi que dans Salammbô.

Mais le dix-neuvième siècle abandonna le culte de l'héroïsme. Par une dégradation successive et comme insensible, le nom qui jadis avait désigné les demi-dieux s'appliqua aux bourgeois, aux hommes du peuple, aux plus menues personnalités de ce monde nivelé et vulgarisé, et ceci à propos de leurs plus négligeables manifestations.

La vogue et le succès s'en vont vers les œuvres qui reflètent la platitude environnante. Le goût s'est modelé selon les exigences de la vie courante ; et le besoin d'idéal romanesque est satisfait lorsqu'on lui a donné en pâture la représentation d'un homme comme nous pourvu qu'il ait un peu plus d'argent et davantage de perversité. Chose bizarre qui règne ainsi, dans le domaine idéal, celui qui se distingue seulement par son vice ou sa fortune, comme si cette double et méprisable aristocratie, toute fortuite, était seule demeurée sur les ruines de toutes les autres.

Une singulière dissociation s'est ainsi établie entre les écrivains : tandis que les premiers, rompant résolument avec les conventions, même acceptables, de l'intrigue, se vouaient à la pure pensée : tels Poë, Baudelaire, Mallarmé, et tant d'autres, les seconds se faisaient les fidèles peintres de l'existence quotidienne. Entre leurs deux domaines s'ouvre une large lacune que comblent à peine quelques isolés parmi lesquels est sans contredit le premier Elémir Bourges, dont le nom somptueux et sourd évoque, au seul prononcer, de confuses images de mystère, de souveraineté, de tristesse, de chutes éclatantes et merveilleuses.

Avec une modestie exceptionnelle, que confirment sa vie retirée et son horreur de la réclame, Elémir Bourges présente ses livres au public en des préfaces sans tapage où il avoue son admiration pour les grands tragiques anglais : Shakespeare et ses contemporains. A l'entendre, il est leur " écolier " qui s'efforce de les imiter et serait bien heureux d'y être parvenu. Avec une élégante abdication d'originalité que lui seul peut se permettre il tâche à confirmer ce qu'il

annonce par de longues réminiscences de ses auteurs favoris.

Ainsi l'inceste entre Otto et sa sœur dans le Crépuscule des Dieux est-il emprunté à Anabella et Giovanni. Pour que l'équivoque cesse complètement d'ailleurs ont-ils lu de ce drame anglais des passages qui leur donnent la révélation d'eux-mêmes et de leur mutuel amour ? Curieux artifice, et si hardi ! Ainsi la scène de M. Chus amenant sa femme au prince Floris dans Les Oiseaux s envolent et les fleurs tombent, rappelle-t-elle, jusque dans les nuances de son développement psychologique et quelquefois dans les images employées la fameuse scène du Volpone de Ben Jonson.

Et cependant les deux livres d'Elémir Bourges que nous venons de nommer et qui ont formé, avec celui : Sous la hache, beaucoup moins important, son œuvre complète, jusqu'à La Nef possèdent l'originalité que recrée la beauté pure.

Ben Jonson, Webster, Ford, Beaumont, Fletcher, malgré leur culture et leur érudition, peuvent être considérés comme des sortes de Barbares. En effet, ce qui modifie l'essence fruste d'une âme, c'esbbien moins que l'éducation personnelle la longue hérédité du raffinement. Les dramaturges anglais superposèrent à leur brutalité

native un appareil élégant qui n'y mordit point. Il ne leur resta que de la préciosité. Ecrivant pour un public violent, ils lui fournirent les émotions les plus extérieures. Ce qu'on est convenu d'appeler horrible, comme l'adultère, le meurtre, l'inceste, la contagion, fit le sujet de leurs pièces. Même quand le drame devenait intime, les images restaient encore d'une immuable superficialité sanglante. C'est en accumulant les détails criminels qu'ils crurent arriver à produire l'émotion artistique. Comme ils maniaient génialement l'image, ils y parvinrent.

Elémir Bourges, en reprenant de pareils sujets, les a traités d'une façon complètement différente. C'est en moderne qu'il a vu les choses. Son émotion, même quand elle est brutale, est accompagnée d'une pensée haute et sereine. Dans les moments les plus terribles un style impeccable et magnifique, tramé d'images d'un absolu lyrisme, recouvre et transfigure le sang versé ou l'ignoble pourriture.

Un pessimisme serein et grandiose plane sur ces scènes et leur confère la valeur d'une synthèse complète de la vie humaine.

Le Crépuscule des Dieux raconte l'exode d'une famille princière allemande, chassée par l'exil et venant à Paris pour achever dans le crime, les larmes, la honte et le vice une dynastie épuisée. L'archiduc Charles d'Esté, traîne dans un hôtel truqué comme un théâtre, à l'Opéra où il montre sa figure fardée, au Bois où le mènent des équipages surannés et ridicules, une existence hagarde d'avare et de perverti, tandis qu'autour de lui ses fils, sa famille tourbillonnent dans le vertige de la démence et de la fin des races.

Elémir Bourges a la vision des décadences. Tandis que le tourmenté Jean Lombard peint celle des peuples dans des fresques de tons simplifiés, et symboliques, l'auteur de Sous la hache décrit celle des puissantes familles, agonisantes de luxure, de complication et de barbarie.

Mais, pour un écrivain tel que lui, si haute que soit la spécialisation à laquelle il se livre, elle ne reste jamais qu'une spécialisation, et c'est insuffisant. L'œuvre vraiment représentative pour lui devait être à la fois héroïque et générale. Il écrivit Les Oiseaux s'envolent et les fleurs tombent.

" Nos récents chef s-a" œuvres > en effet) annonce-t-il dans la préface, avec leur bon scrupule de naturel^ leur minutieuse copie des réalités journalières nous ont si

bien rapetissé et déformé l'homme, que j'ai été contraint de recourir a ce miroir magique des poè'tes, pour le revoir dans son héroïsme , sa grandeur, sa vérité. ''

La similitude que ces trois termes : héroïsme, grandeur, vérité présentent à son esprit est tout à fait caractéristique. Le rôle de héros est en effet celui où l'homme peut être le plus grand et le plus vrai, où le conflit des devoirs, des passions, des désirs se présente avec le plus de force et se résout avec le plus de beauté.

Floris, de proscrit devenu prince, perd successivement sa mère, sa sœur, ses deux femmes et se suicide après des tempêtes, la famine et toutes les désolations qui peuvent prosterner l'humanité :

Oui, dit-il, le rêve universel des êtres s'est réalisé pour moi seul. Pauvre, je suis devenu riche... torturé d'amour, celle que j'amais, pâle déesse inaccessible, est descendue jusqu à moi... j'ai marché tout vivant dans un prodige, j'ai habité le palais enchanté, l'île heureuse qui fuit toujours... Et c'est au sein du bonheur même que j'ai été le plus malheureux ! Pourquoi ? par le vice naturel de notre cœur, sans nulle cause extérieure, par a fatalité qui pèse sur tout ce qui est humain et terrestre. Et maintenant, malade, hanté de spectres, lourd de

remords, de douleurs, de crimes, sorte de tombe de moimême, quai-je à faire quà chercher enfin le soulagement suprême, la mort, F anéantissement?

Synthèse de l'insatisfaction humaine, Floris s'avance en premier plan sur ce théâtre splendide. Autour de lui se groupent les figures de sa mère Maria-Pia, de son père le grand-duc Fédor, brutal et fou, d'Isabelle, sa première femme, angélique et douce et qui meurt d'amour pour lui, de sa belle-sœur Josine, qu'il aime sans se l'avouer et que plus tard il épouse, de Giano le sculpteur haletant de vanité, rival d'un moment, et de sa sœur aveugle Tatiana, " froide comme le marbre, suave comme une rose ".

Mais tandis qu'il poursuit sa vie de magnificences et de désastres, le regardent marcher à l'abîme deux juges qui connaissent la vanité de tout : son secrétaire Wassili Manès, un savant brûlé à tous les feux de l'érudition et du doute, et son frère José-Maria, archevêque de Myre, qui, tourmenté de scrupules, a quitté la mitre pour la bure érémitique. En deux discours sublimes de forme et de profondeur, ils résument l'impression de tout le livre et de toute la vie. Le savant passe en revue la science humaine universelle, le progrès et l'illusion métaphysique,

en ricane et avoue son scepticisme absolu. L'archevêque, averti mystérieusement de la mort de Floris, adresse à la divinité, Idée, Etre et Néant confondus, une prière écrasée d'adoration.

Sous l'éclat de la torche héroïque s'accusent mieux les visages. Chaque saillie morale ou intellectuelle est amenée à la valeur qui convient. Cette lumière vacillante et brûlante sculpte des faces plus belles d'être ainsi simplifiées.

L'homme ordinaire est un composé de mille consciences. En outre le conflit des forces dont il est la résultante l'entraîne dans trop de directions pour ne pas annuler sa marche. La vie reprend, de son étreinte d'inertie et de médiocrité, celui qui veut lui échapper. Le savant continue à accumuler des connaissances qu'il sait vaines ; le roi enlise ses volontés d'ambition dans de piètres diplomaties ; l'amoureux accepte les partages et les trahisons ; l'artiste retombe de l'ineffable dans le triste filet des formules que tolère un goût temporaire : tous continuent à suivre la ligne du cercle infranchissable au lieu de s'évader par l'impraticable tangente idéale à l'extrémité de laquelle ils entrevoient l'absolu. A peine ont-ils le temps de s'arrêter une seconde pour enivrer leurs yeux de regret.

Le roman héroïque immobilise ces attitudes. Il

saisit le moment éternel, celui qui seul vaut d'être observé et crée ainsi d'inoubliables figures.

C'est par un procédé grossièrement analogue que l'écrivain habituel déforme la réalité. Seulement, comme il fait dans un être un certain choix de détails typiques à l'aide desquels il fabrique un nouveau personnage, il l'a déformé, parce que ce choix, pour être exact, n'en est pas moins arbitraire. La dominante d'un individu n'est pas plus vraie que le détail. Elle est seulement plus fréquente. Comme nous avons en nous toutes les possibilités, le rôle d'un réaliste logique serait, dans l'étude de notre cœur et de nos actes, de ne pas, dût-il ennuyer, négliger une seule chose dans son récit. Il y a dans Tartarin un être fin, généreux ou terrible, négligé aux dépens du Tartarin bouffon. Facile distinction, injuste préférence !

Le trait caractéristique d'un individu étudié par ces méthodes a été créé par l'habitude et l'exercice, comme le maniement de l'épée gonfle le bras. C'est donc un hasard et un accident si vous n'êtes pas un grand capitaine et si j'ai négligé les aptitudes que j'avais à devenir assassin.

Le romancier héroïque ne se trompe pas. Ses types sont absolument généraux. Ce sont essentiellement des hommes, avec des passions

et des qualités, que, selon les circonstances, développe ou arrête l'état particulier où ils sont nés.

Vous n'avez pas connu Floris, mais tout roi porte au fond de l'âme une sorte de miroir de lui-même, qu'il ne consulte qu'aux heures profondes et où il contemple une image semblable au Grand-Duc de Russie. Et Manès parle en chaque savant et un José-Maria palpite au cœur de tous les prêtres.

J'ai parlé de procédés. Que voilà un terme pauvrement approximatif! J'ai parlé de romanciers héroïques. Ce sont des manières de s'exprimer provisoires et misérables.

En réalité, on n'apprend point à faire un roman héroïque, comme on s'approprie la manière d'un écrivain courant. Des méthodes circulent, on gonfle de petits carnets, on recherche des épithètes inattendues. Et l'on arrive à réaliser l'idéal ordinaire qui est de faire un livre assez neuf par certaines expressions et certaines trouvailles pour raviver le goût des lecteurs, mais surtout assez semblable aux précédents pour avoir l'air de les continuer.

Mais on n'apprend pas le génie : il faut presque en avoir pour créer d'immortelles figures essentielles. Celui qui voudrait écrire de telles œuvres

pourrait en adopter l'affabulation, mais, par un phénomène ironique et vengeur, ses créations traîneraient sur des trônes toute la sottise et l'inertie du vulgaire. Il généraliserait et magnifierait la médiocrité. Les personnages des livres de Bourges sont des héros dans le sens absolu du terme comme au même titre sont éternels les événements au milieu desquels ils évoluent. C'est en effet au coeur de ces péripéties que peut grandement se déployer la passion, gémir la douleur, s'afficher le crime, hurler la faim, ricaner le doute, l'âme prier et s'anéantir.

Ce génie spontané et grandiose d'images à la façon d'un dramaturge de l'époque d'Elisabeth ou d'un prophète biblique est servi par le talent le plus solide et le plus raffiné. Elémir Bourges, au même point que Mallarmé lui-même, a l'amour de l'écriture, de la beauté formelle. Il recommence jusqu'à la pleine perfection. Ses phrases ont une apparence à la fois d'ampleur et de simplicité sous laquelle un examen attentif découvre une trame savante et jusqu'à deux ou trois plans successifs d'intentions, de profondeurs et de spéciales harmonies à faire le bonheur et l'envie d'un lettré amoureux de style.

Je cite au hasard : Josine se balance dans le jardin de Sabioneira :

Elle passait comme un oiseau, toute noire et aérienne, sur le gouffre éclatant du couchant ; et F ombre oblique de son vol s allongeait démesurément parmi les champs de chrysanthèmes jaunes. Un sphinx de marbre solitaire les gardait, du haut de son piédestal.

On ne peut aller plus loin, non seulement dans le rendu du mouvement, mais encore, par la longueur choisie et graduée des mots, dans la suggestion de tout ce que ce balancement sur un beau ciel, et son ombre, présente à l'œil et à l'esprit de contrastant, d'alternatif et d'impondérable.

Et ce finale magnifique qui termine Les Oiseaux s envolent et les fleurs tombent :

Alors José-Maria se tut, et pâle, haletant, sinistre, comme emporté au loin par un esprit, il attachait ses yeux sur la mer profonde. Les feux des collines ne brillaient plus. Seule, la flamme de recueil formait encore au milieu des eaux un grand brasier rougeoyant et sombre. Des vols de corneilles marines, chassées, par F importun flamboiement, de cette roche où elles gîtaient, tournaient, tournaient autour, sans se lasser, et Varche-

vêque les voyait, — mélancolique image de la vie et des générations des hommes, — surgir soudain et passer vite, toutes noires sur ce fond de feu, puis s engloutir dans les ténèbres.

Il n'est pas là-dedans une syllabe qui ne concoure à parachever l'impression de désespoir, de vanité et de terreur qui résume tout ce récit. Et l'ampleur bossuétique des périodes donne à ce morceau une sublimité définitive et supérieure.

De la récente apparition de La Nef, on ne peut guère parler comme il conviendrait, puisque l'ouvrage n'est pas terminé. Les conclusions que l'on en tirerait au point de vue de l'évolution qu'il témoigne risqueraient de ne pas s'appliquer exactement à une suite peut-être différente.

Cependant, une chose reste évidente : c'est l'agrandissement de la conception héroïque jusqu'à ses extrêmes limites. Il ne s'agit rien moins que de l'humanité même, non plus réduite aux proportions d'une foule, — fût-elle princière, — mais purement elle-même ici symbolisée en la personne de Prométhée, le porteur de feu, le représentant idéal du progrès universel.

Et voici qu'autour de lui, avec une audace admirable, Elémir Bourges, s'élevant au-dessus de l'idée de la succession des âges, a groupé le peuple de tous les dieux, de tous les démons et de toutes les énergies essentielles du monde, depuis celles qui ont frappé le plus immédiatement les imaginations des races primitives jusqu'à celles, obscures, profondes, abstraites, que la méditation des penseurs a retrouvées sous leurs apparences les plus diverses, dans les abîmes de l'inconscient et du destin : Matière, Esprit, Erynnies, Mères de Goethe, Parques, Fantômes : et les formes du chaos et les souffles de l'Invisible.

Spectacle sublime que celui de Prométhée se débattant au milieu de ces forces ennemies ! Un vent de justice se lève gonflant les voiles de la Nef. Abordera-t-elle ? Sombrera-t-elle ? Continuera-t-elle une perpétuelle et vaine navigation ? On ne le sait, puisque l'œuvre n'est pas achevée, et puisque jusqu'ici les oscillations entre l'abattement et l'espoir sont toujours égales. Mais qu'importe une conclusion intellectuelle à une épopée lyrique qui porte en soi-même sa signification ? qu'importent les désirs du spiritualisme à la pensée idéaliste ? Qu'importent les sentiments aux peseurs de forces ? Le pessi-

miste Manès deviendra-t-il optimiste, ou indifférent, ou restera-t-il ce qu'il est ? Encore une fois qu'importe tout cela qui n'est qu'intentions et théories, lorque nous sommes en présence de la plus belle œuvre peut-être de l'époque ? La Nef s'ouvre sur un prologue d'une grandeur et d'une magnificence wagnérienne et continue sur un ton eschylien, sans jamais défaillir un instant, sans jamais cesser d'être, avec l'étincellement d'images surhumaines, un inépuisable prétexte à l'émotion de pensée.

Le sujet de La Nef 'est le plus élevé qui pouvait tenter un poëte et personne d'autre aujourd'hui n'était capable de le traiter, ni probablement de l'aborder. C'est un chef-d'œuvre de la littérature universelle.

La tradition des écrivains de race se perpétue chez Elémir Bourges. De tous ceux qui se servent de la langue française, il est celui qui rappelle le plus le maître Flaubert. Pareillement il a ce génie natif que, pour lui donner plus de force, il comprime dans l'armature de la phrase délimitée et suggestive.

Plus peut-être encore que Flaubert, il con-

temple sereinement et de haut, le monde où il n'est pas descendu et qu'il décrit avec une connaissance impeccable, une largeur inaccoutumée, une beauté complète et parfaite ; et il garde, derrière la façade somptueuse de ses décors héroïques, une âme jalousement et inexorablement solitaire, ascétique et princière.

Page 1