M"^^ GALLI-MARIE
'est toujours le même accent d'étrangeté, j'allais dire defaiivagerie, si la peur du néologisme ne m'avait ^•^Nr-T-r^' retenu.
Il y a de la bohémienne dans cette bizarre créature.
Elle se sert de sa mauvaise voix, comme les musiciens de PExposition se servaient de leurs mauvais violons.
Et elle éclipse les cantatrices comme ils éclipsaient les virtuoses.
C'est quand elle reparaît après une absence qu'on l'apprécie mieux.
i52 Visages sans Masques
On a eu le temps de mesurer le vide qu'elle laisse.
N'essayez pas, par exemple, de la fourvoyer dans un salon ; elle y est gênée, dépaysée, médiocre.
Ce qui ne prouve rien contre elle.
Ce qui plutôt prouverait en sa faveur, en affirmant son tempérament exclusivement dramatique.
En voilà une, par exemple, qui ne créera jamais un emploi.
Est-ce qu'une autre pourrait jouer les Galli- Marié?...
A elle seule restera le secret de cet ensemble singulier et personnel où les qualités font valoir les défauts^ ou les défauts font valoir les qualités.
Car il ne faudrait pas lui retirer ses imperfections. Elle ne serait plus elle. Elle ne serait plus rien.
Il la faut telle quelle^ avec ses rugosités et ses aspérités.
Après cela, moi je vous dirai que j'aime mieux un églantier sauvageon que toutes les roses per-
vA/'"" Galli-Marié
le^tiuun^iwS que manipLKcnt les Conscrvaioircs de rhorticLilture, pour la plus grande gloire de la pommade française.