‹ Viscéralgies, douleurs rhumatismales, goutteuses, nerveuses, maladies de la circulation lymphatique. Guérisons obtenues par la méthode curative externeChapitre 10 sur 14 · DÉVIATION DE LA COLONNE VERTÉBRALE · texte numérisé non relu

DÉVIATION DE LA COLONNE VERTÉBRALE

On attribue ordinairement la courbure ou flexion contre nature delà colonne épinière à un vice lymphatique constitutionnel. Cette cause organique est, il est vrai, le plus souvent principale, mais elle n’est jamais unique; il en

existe une autre dont l’action toute physique et incessante imprime la direction vicieuse à la colonne vertébrale.

Mon intention n’est pas de disserter sur les causes et la nature des déviations et déformations de la colonne vertébrale, ce ne serait pas ici le lieu ; je tiens seulement à justifier, par le rai onnement, une méthode curative de ces abjections qui satisfait à toutes les conditions recherchées, sans avoir les inconvéniens des procédés orthopédiques , mal à propos regardés comme omnipotens.

La diarhèse lymphatique et scrofuleuse ne doit être considérée que comme une prédisposition particulière aux déviations ou aux déformations de la taille , connues sous la dénomination générique de rachitisme ; mais la plupart des inclinaisons antérieures et latérales de la colonne vertébrale sont surtout déterminées par 1/négale répartition de la coutractilité dans les muscles destinés à mouvoir le tronc sur lui-même. ‘Si les fibres musculaires d’un côté sont dans un état de laxitéplus grande que celles du côté opposé, la colonne épinière sera entraînée par les muscles les plus forts dans la direction opposée aux muscles qui manquent de vitalité.

C’est pour contrebalancera ce défaut d’équilibre dans la contractilité musculaire, qui n’a pas échappé à l’observation des praticiens , que l’on a conseillé , pour remédier aux* déviations commençantes de la colonne vertébrale , l’emploi de la gymnastique : mais ce moyen ne pouvait avoir aucune action utile , au contraire.

La gymnastique n’a pour effet que de développer la force des organes qui sont dans lin état de santé parfaite ou dans des conditions favorables à leur exercice. Elle est très préjudiciable lorsqu’on l’impose à des organes naturellement faibles ou qui 11e reçoivent pas les élémens de réparation nécessaires au développement des forces qu’on cherche à y 1 appeler.

Et lors même que les muscles ne seraient pas dans des circonstances contraires à leur exercice, il faudrait encore que la gymnastique frit seulement appliquée aux muscles faibles ; car si l’accroissement de la contractilité est égal dans les muscles forts et dans les muscles faibles , ils se trouveront toujours dans le même rapport , et l’bn 11e remédiera aucunement à la cause déterminante de la déviation.

Quand il convient d’agir sur les membres, certes 011 peut exercer le plus faible en condamnant le plqs fort au repos j

mak aa îme 11 t\-y a pas moyen <b m ctuuitüfë aiüai i bkff (juc les m lise (es y soient doubles oü symétriques, en lis peut les exercer séparément; en général ils sont destinés à fonctionner de concert, et par la gymnastique ou ne peut arriver à un résultat satisfaisant, ceia est évident.

L’emploi des machines orthopédiques offre, dans la plupart des cas, des inconvéniens trop réels et bien connus; ces machines n’ont d’ailleurs aucune action sur les propriétés vitales, et ne peuvent être considérées comme des moyens proprement curatifs.

De ces courtes observations il faut tirer tout de suite cette conséquence, que l’on ne peut obtenir une modification favorable de la contractilité du tissu des muscles que par une action directe sur ces organes.

Je vais maintenant démontrer que la vaporisation et les frictions, qui constituent la méthode curative externe, remplissent toutes les conditions de succès requises pour combattre les déviations et déformations de la colonne épinière, 1° en neutralisant la cause organique (l’altération lymphatique) ; 2° en écartant la cause physique (la contractffîté inégale des muscles ) sans aucun secours mécanique; 3° enfin , en favorisant les efforts salutaires de la nature, si puissans pendant la période de croissance des corps organisés

vivans.

Il devrait suffire, pour établir L’heureuse efficacité de la médication externe dans les affections qui entravent le développement régulier de la colonne vertébrale, de rappeler l’observation de la guérison de M1U Ricard ( voyez plus haut); cependant je vais successivement rapporter quelques faits d’affections ayant pour cause principale une prédisposition lymphatique et une faiblesse concomittante du tissu musculaire.

Quand même la vaporisation et les frictions qui constituent la méthode curative externe n’auraient point de propriétés thérapeutiques spéciales contre les altérations lymphatiques ou scrofuleuses, ce qui au contraire est très positif, l’action combinée de ces agens physiques serait encore éminemment utile. Des moyens analogues sont tous les jours employés par les praticiens, en vue d’activer la circulation capillaire et d’exalter la tonicité fibrillairc ; il faut reconnaître que, sous ce rapport, rien ne peut être mis en parallèle avec la vaporisation et les frictions pratiquées de la manière qui a été indiquée dans l’Exposé de la méthode. Mais la médication externe jouit encore d’une vertu émi-

nente pour rendre aux fluides blancs les propriétés que la maladie leur a fait perdre. La promptitude des résultats obtenus dans les affections lymphatiques les plus graves confirme cette assertion.

Les enfans dont la peau est lisse , fine et blanche , qui ont les yeux bleus, les cheveux blonds , ont ordinairement une croissance assez difficile due à la prédominence du système lymphatique et nerveux. Chez la plupart de ceux que j’ai rencontrés dans ces dispositions peu favorables, j’ai toujours prescrit avec le plus grand avantage l’emploi de la vaporisation et des frictions balsamiques. Sur quatre enfans de la même famille , j’ai fait disparaître naguère dans l’espace de quelques semaines un cortège d’accidens scrofuleux qui affligeaient vivement leurs parens.

— Le fils de M. le prince de Schonburg, âgé de onze à douze ans, avait été, pendant quelque temps, confié aux soins d’un médecin orthopédiste, pour remédier à une faiblesse réelle de la colonne épinière, au bas de laquelle on remarquait une légère gibbosité et une déviation dont on avait beaucoup exagéré la gravité , puisqu’on avait prophétisé la formation d’un dépôt par congestion dans l’aine. Néanmoins , comme le médecin orthopédiste se bornait à livrer le malade à des exercices gymnastiques qui parurent , avec raison , peu en rapport avec le but que l’on se proposait , on retira le jeune prince de ses mains , et on s’adressa à un autre médecin orthopédiste qui se borna à prescrire l’emploi d’une ceinture propre à maintenir le torse. A cette époque, je fus consulté par M. le prince de Schonburg; j’examinai avec soin les accidens qui existaient dans la région vertébrale, et je m’empressai de rassurer sa tendresse paternelle contre les craintes qu’elle exprimait sur la nature du mal. Je me bornai à conseiller l’emploi de ma méthode curative externe , et je pratiquai moi-même la vaporisation et quelques frictions qui furent immédiatement suivies d’un accroissement notable des forces dont le jeune prince manifesta le sentiment dès la première opération. J’engageai à continuer régulièrement chaque jour les mêmes moyens et à persévérer dans leur emploi, ce qui a eu lieu. J’ai revu plusieurs fois le jeune prince et j’ai eu la satisfaction de reconnaître l’exactitude de mon diagnostic. Il ne s’est manifesté aucun des accidens fâcheux qui avaient été annoncés, et j’ai la certitude que

le développement des organes se fera sans encombre sous l’influence de la thérapeutique dont j’ai conseillé l’usage habituel comme précaution hygiénique.

Page 1