‹ Vision d'un siècleChapitre 3 sur 13 · PRÉFACE V · texte numérisé non relu

PRÉFACE V

samment aux attaques sourdes et, par instants, ouvertes de sectes ennemies, qui, toutes, s'inspirent de l'esprit juif et de la haine de Dieu. Ces sectes ont mis en œuvre les parties les plus hautes et les parties les plus basses des passions humaines, l'orgueil de l'esprit et la concupiscence des sens, ce qui d'ailleurs n'a rien en soi de contradictoire. L'orgueil de l'esprit et le goût des jouissances des sens ont été les procédés employés de préférence par les ennemis du Christ, à qui ils ont opposé la Déesse Raison et le culte du ventre.

Le monde européen, produit de la civilisation chrétienne, est en ces temps-ci en proie à cette double cause de corruption sociale. La France, en particulier, après plusieurs tentatives pour s'organiser et pour vivre sur les données de cette philosophie antisociale, semble être arrivée au terme de ses expériences. Après plusieurs essais d'organisation sur les bases nouvelles, elle se trouve, à l'heure où j'écris ces lignes, comme désemparée, rattachée on ne sait comment à quelques débris du passé, débris survivants des phases diverses de sa vie antérieure ; nation à demi déracinée, et qu'on ne sait comment replanter.

La constatation que j'énonce ici n'est pas le

fait d'un vieillard désillusionné et découragé, qui voit tout en noir, comme le soir assombri et triste d'une longue journée; non! C'est un cri général. Tout le monde sent et confesse : que la nation est à l'état de poussière sans cohésion, et qu'elle estlt rétablir sur sa base. Mais on sent aussi qu'elle s'y rétablira.

Ainsi j'arrive au terme d'une longue existence. Après avoir traversé toutes les phases d'un long espace de vie nationale, j'ai pu recueillir les souvenirs de ceux qui avaient connu les époques tragiques de la grande Révolution; et par moi-môme, à la faveur de circonstances inouïes, j'ai assisté à toutes les phases de cette extraordinaire période de la vie nationale coupée de révolutions successives, depuis l'année 1830 jusqu'au début de 1914, que je contresigne aujourd'hui.

Je voudrais, reprenant à rebours le môme chemin, mais cette fois par le souvenir, repasser par les étapes jadis parcourues. Je voudrais reproduire les modes de penser, les manières d'agir, les passions générales des âmes, de chacune des époques que j'ai traversées; retrouver dans mon souvenir les idées qui ont prévalu à ces dates diverses, les conceptions d'ordre poli-

PRÉFACE vil

tique et social, l'idéal enfin poursuivi durant Côtte longue suite de temps. Puissé-je, à travers ce long voyage, guidé par cette étoile de la France que j'ai toujours cherchée avec amour, retrouver à la fin la trame de sa noble destinée, qui, l'associant à la Providence, Ta signalée dans le passé comme l'instrument de Dieu. . . Gesta Dei per Francos!

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