Grandeur absolue des images
1 0 — Représentation grandeur nature.
Habituellement les objets représentés sont supposés derrière le tableau qui joue le rôle d’une fenêtre par laquelle on regarde un spectacle. Il résulte de là que l’image d’un objet placé dans un plan de front est toujours plus petite que l’objet. Représenter sur une toile un objet en vraie grandeur , c’est donc en réalité le faire plus grand que nature. Nous ne sommes pas choqués parce que nous plaçons la figure représentée à peu près sur le tableau même.
On est même conduit à représenter plus grand que nature pour donner l’impression que l’objet sort de la toile et s’avance vers nous.
2° — Nous pouvons représenter les objets aussi petits que nous voulons, à la condition qu’ils soient placés à une distance suffisante, c'està-dire que, soit par la perspective, soit par un autre moyen [perspective aérienne , § 265), nous donnions l'impression qu'ils sont à cette distance.
Par exemple, si le sol est horizontal, un homme représenté très petit doit avoir ses pieds relativement près de l’horizon. Si ses pieds sont notablement au-dessous ou au-dessus de l’horizon, il est nécessaire que nous indiquions par un procédé quelconque que le sol s'abaisse ou
s'élève en arrière de tableau; autrement dit, que nous sommes sur une montagne et 1 homme dans la plaine, ou inversement.
Or il est difficile de donner à son terrain une inclinaison déterminée à avance. L artiste est souvent forcé de répéter un objet que nous sommes enclins à supposer partout de la même hauteur, pour repérer ses distances sur le sol conventionnel de son tableau.