‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 15 sur 392 · Acuité visuelle · texte numérisé non relu

Acuité visuelle

1° — Avec quelle précision pouvons-nous distinguer les objets dans la partie la plus sensible de la rétine, c’est-à-dire quand leur image se forme près de la fovea ?

L'expérience montre d’abord que Vacuité visuelle dépend de l'éclairement; nous reviendrons là-dessus.

Supposons donc l’éclairement optimum.

Pour les meilleurs yeux, une étoile double cesse d’être résolue en ses éléments, si l’intervalle des astres constituants sous-tend un angle inférieur à une minute. La distance du second point nodal de l’œil à la rétine étant prise égale à 15 millimètres, une minute correspond à une longueur d’image sur la rétine de 4,4 microns environ. Les éléments anatomiques de la rétine au voisinage de la fovea ont 2 t x environ de diamètre : la possibilité d’une perception distincte est donc facilement expliquée.

On a proposé comme test de l’acuité, la séparation de traits noirs et blancs, d’épaisseurs égales pour préciser. Un œil excellent les distingue encore quand la somme d’un intervalle noir et d’un intervalle blanc

(période du dessin) sous-tend une minute. L’arc d’un degré vaut 17mm,45 à 1 mètre, l’arc d’une minute vaut donc 0mm,291. Pour voir la période du dessin sous l’angle d’une minute quand cette période est de 3mm,33 (ce qui est le cas de la figure 18), il faut placer le dessin à Um,44.

VISION DES FORMES

Il semble que la faculté de distinguer les traits (pouvoir de résolution) reste la môme quand varient les largeurs des noirs et des blancs, pourvu que leur somme demeure invariable.

2° — Tableaux de Snellen.

Dans la pratique oculistique on détermine l’acuité au moyen de tableaux typographiques ( dits de Snellen) placés à 5 mètres du malade.

Par convention l’œil est d’acuité 1 s'il voit nettement et distingue entre eux des caractères ayant 5' pour diamètre apparent; cet angle sous-tend lmm,45 à 1 mètre, 7mm,27 à 5 mètres.

L’œil est d’acuité a, s’il distingue à 5 mètres des caractères qui ont 7,27 : a millimètres de hauteur.

L’expérience montre que la lisibilité des lettres dépend de leur forme. La définition précédente de l’acuité ust vague; car il s’agit non pas seulement de voir les caractères, mais encore, pour les distinguer entre eux, d’en reconnaître le détail. Pour lire un caractère sous-tendant un angle de 5 minutes, l’œil doit séparer des points lumineux angulairement distants de moins de 5 minutes.

Un homme de lm, 75 de hauteur est vu à un kilomètre sous l'angle de 6 minutes : l’œil d’acuité 1 peut en distinguer certaines parties.

Quelques oculistes ont proposé de prendre pour mesure de l’acuité, le rapport inverse des surfaces des lettres (et non pas celui de leurs hauteurs, plus généralement de leurs dimensions linéaires). Dans ce système (non usité) l’œil d’acuité a distingue à 5 mètres des caractères dont la hauteur est 7,27 : \ja millimètres. La substitution d’un système à l’autre n’a aucun intérêt, puisqu’il ne s’agit que d’un mode de repérage des pouvoirs de résolution. Il n’en prendrait que si l’on avait à relier l’acuité à une autre variable.

On remplace parfois les caractères typographiques par des groupes de points de différentes grandeurs; le malade doit pouvoir les compter. L’inconvénient de ces procédés est que le malade finit par savoir le résultat par cœur.

3° — Variation de l’acuité avec l’éclairage et l’age.

L’acuité atteint une valeur quasi-limite pour un éclairement moyen , de l'ordre de 50 bougies-mètrerElle n’augmente pas quand l'éclairement augmente à partir de cette valeur moyenne ; elle diminue même quand vient l’éblouissement.

L’acuité diminue pour les faibles éclairements. On éclaire un texte avec une bougie; plus on éloigne la bougie, plus on doit se rapprocher pour le lire. C’est une expérience que le lecteur répétera.

L’acuité visuelle est voisine de 1, même un peu supérieure à 1 pour les enfants; elle reste telle jusqu'à quarante ans, puis décroît jusqu’au voisinage de 0,5 dans l’extrême vieillesse.

Nous supposons bien entendu l’œil sain et le mieux possible corrigé par des verres.

VISION MONOCULAIRE

15 bis. Éléments indépendants de la rétine.

1° — (Quelle que soit la constitution anatomique de la rétine, elle est sûrement formée d'éléments indépendants : la sensation est discontinue dans l’espace. On le démontre par l’aspect ondulé ou en damier que prennent des traits noirs et blancs, parallèles et rapprochés, quand on s’en éloigne, de manière que la limite de visibilité soit presque atteinte.

Les phénomènes s’expliquent en admettant que nous localisons la sensation dans tout l' élément, en raison de son éclairement moyen , et indépendamment de Vendroit précis de sa surface où tombe la lumière.

Pour fixer les idées, représentons les éléments (cônes) par un carrelage hexagonal (fig. 18 bis). Supposons qu’un trait lumineux F tombe dessus. Les éléments A sont moyennement plus éclairés que les éléments B. D’après notre hypothèse, le trait est vu comme l’indique la partie ombrée du carrelage, les éléments B paraissant plus sombres que les éléments A.

2° — L’expérience montre que la limite de visibilité d’un trou extrêmement petit no dépend que de l’m- Fig-. 18 -bis.

tensité I = eS, de la source

ainsi constituée, et non pas des facteurs (éclat intrinsèque s et surf ace S § 104).

Peu importe en effet la dimension de l’image, dès qu’elle est assez petite pour n’agir que sur un élément indépendant de la rétine.

La visibilité est en raison inverse du carré de la distance ; preuve que seule intervient la quantité totale de lumière reçue.

Si, par l’interposition de verres, on étale la lumière, la visibilité diminue beaucoup. La lumière, alors répartie sur un certain nombre d’éléments, peut être insuffisante pour les exciter.

Pour que deux points lumineux soient vus séparés, il faut que leurs images ne se fassent pas sur des éléments indépendants contigus.

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