‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 18 sur 392 · Aberration de sphéricité de l’œil · texte numérisé non relu

Aberration de sphéricité de l’œil

Nous supposons dans ce qui précède que les images formées sur la rétine sont parfaites, que l'œil est sans aberrations ; nous mesurons le pouvoir de résolution de la rétine dans ces conditions optima. Il est clair que si les images des sources ponctuelles sont non plus des points, mais des cercles de diffusion, malgré que la rétine conserve le même pouvoir résolutif propre, l’acuité visuelle sera diminuée. Cherchons donc si l’œil a des aberrations de sphéricité.

1° — Astigmatisme.

L’œil n’est généralement pas de révolution: il est optiquement assimilable à l’extrémité d’un des axes d’un ellipsoïde quelconque. Nous avons longuement étudié l’astigmatisme dans le cours d 'Optique Géométrique ; nous n’y reviendrons pas.

Nous savons qu’on peut le corriger très exactement au moyen de verres cylindriques : la correction est obtenue quand l’œil voit avec une égale netteté une série de traits tracés sur du papier, se coupant en un point et dont les azimuts sont quelconques.

Dans ce qui suit nous supposons l'astigmatisme corrigé. Si alors l’œil est sans aberration pour un point P de sa ligne visuelle, il peut avec une accommodation convenable faire converger sur la fovea tous les rayons émis par le point P qui sont admis par la pupille. Au point P correspond sur la rétine une image ponctuelle.

2° — Prenons pour objet un très petit point lumineux (trou de fine aiguille dans du papier noir). Plaçons-leau delà du punctum remotum (au besoin on utilise un verre convexe), ou en deçà du punctum proximum (au besoin on utilise un verre concave). L’image, généralement étoilée, est formée d’un certain nombre de pseudo-images (quatre à huit). Elle est variable d’un œil à l’autre et d’une personne à l’autre, variable suivant que la cornée est propre ou lavée par un battement de paupières. De toute manière elle indique des inégalités du cristallin. Tout le monde sait que les images des étoiles et des lumières lointaines sont rayonnées.

Si l’œil est parfaitement accommodé sur le petit trou, l’image est ronde et régulière, mais fort loin de se réduire à un point. Force est bien de conclure que l’œil n’est pas dépourvu d’aberration sphérique; autrement dit, quelle que soit l’accommodation, on ne peut pas amener

VISION DES FORMES

tous les rayons issus du point lumineux à se couper simultanément en un point de la rétine.

De plus, pour une intensité grande, l’image est entourée de ce qu’Helmholtz appelle X auréole de rayons capillaires, formée de lignes innombrables, extrêmement fines, de toutes les couleurs et dont les longueurs sont égales à un grand nombre de fois le diamètre du trou.

3° — On peut appliquer à l’œil les méthodes ordinaires pour déceler l’aberration.

Plaçons devant l’œil une lentille assez convergente et regardons un point P lumineux éloigné . Il nous est impossible d’accommoder dessus : les rayons émis par le point et admis par la pupille donnent une image P' en avant de la rétine, et un cercle de diffusion sur la rétine. Pour l’œil sans aberration l’image P' est ponctuelle ; il s’agit de savoir ce qu’il en est pour un œil ordinaire.

Par commodité utilisons une lentille plan convexe. Avec un diamant ou simplement à l’encre, traçons sur la face plane des traits rectilignes, parallèles, très voisins (à la distance l’un de l’autre d’une fraction de millimètres).

Nous supprimons ainsi, dans l’espace image de la lentille, les rayons qui se trouvent dans des plans sensiblement parallèles; si l’on veut, nous créons des plans obscurs.

Si les rayons se coupent rigoureusement en un point P', à ces plans obscurs correspondent en avant de la rétine d’autres plans obscurs dont les traces dans le cercle de diffusion sont des droites sensiblement parallèles.

On trouve ordinairement qu’autour de l’ombre centrale rectiligne, les ombres latérales sont courbes et tournent leur convexité vers l’ombre centrale. L’image P' de P étant sûrement en avant de la rétine, l’œil est sous corrigé : les rayons centraux ont leur image plus loin du cristallin que les rayons marginaux.

L’aberration augmente naturellement à mesure que la pupille se dilate.

4° — Courbure et torsion du champ.

A supposer que l’œil donne pratiquement des images ponctuelles, pour tous les points d’un plan de front, la question se pose de savoir : d’abord si ces images ponctuelles se font simultanément sur la rétine ( courbure convenable du champ , puisque la rétine est courbe); ensuite si les images sont semblables aux objets ( torsion du champ).

Là-dessus je ne connais pas d’expériences directes.

Tscherning a fait construire un œil artificiel aussi semblable que possible à l’œil moyen. La rétine est remplacée par un hémisphère en verre dépoli ; les humeurs sont constituées par de l’eau glycérinée. Pour l’image d’un quadrillage, il trouve une déformation en barillet qu’il attribue à la courbure de la rétine.

VISION MONOCULAIRE

Irradiation.

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