‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 214 sur 392 · Définition imprécise du blanc subjectif · texte numérisé non relu

Définition imprécise du blanc subjectif

Le blanc objectif est la lumière que nous envoie le soleil. Pour des raisons évidentes de masse et de continuité, nous devons considérer sa composition comme invariable, abstraction faite de l’action de l’atmosphère. Là-dessus pas de contestation possible.

Nous appelons blanc subjectif une lumière qui- nous donne la sensation de blanc : définition éminemment arbitraire et indéterminée.

Si le blanc subjectif est caractérisé par des rapports entre les sensations fondamentales invariables et indépendantes de l'intensité absolue, le point W figuratif du blanc est lui-même invariable dans le triangle des sensations S1 S2 S3. En vertu du phénomène de Purkinje, il est donc variable dans le triangle P Q R où les points P, Q, R, sont considérés comme fixes; autrement dit, une lumière blanche pour certaines valeurs des intensités, cesse de l’être pour la même composition relative mais pour des intensités différentes.

Au contraire d’après les expériences d’Helmholtz, le point W serait invariable par rapport aux points P, Q, R, considérés comme fixes; autrement dit, si nous réalisons du blanc avec des radiations ayant certaines intensités, la couleur résultante reste encore blanche quand nous faisons varier les intensités dans le même rapport. Le blanc subjectif serait donc caractérisé par une composition invariable; conséquemment il serait représenté dans le plan des sensations par un point variable.

Résumons les deux thèses : le blanc correspond à des rapports déterminés des sensations fondamentales, donc à des rapports variables des excitations; le blanc correspond à des rapports déterminés des excitations, donc à des rapports variables des sensations.

La thèse d’Helmholtz est la conséquence de la théorie empirique d’acquisition des notions usuelles. En définitive ce que nous appelons blanc , c’est la couleur du papier sur lequel nous écrivons (qui par parenthèse n’est jamais blanc). Nous l’appelons blanc à midi comme au crépuscule, c’est-à-dire pour une composition peu différente de la lumière solaire, mais pour des intensités relatives qui le sont beaucoup. Nous l’appelons encore blanc vu au clair de la lune.

Nous groupons ainsi sous le même nom de blanc des sensations en définitive très différentes par leurs intensités, et, en raison du phénomène de Purkinje, par les rapports des actions sur les trois sortes d’appareils récepteurs.

Cependant nous avons conscience de l’imprécision de cette appellation. Aussi quand le peintre veut représenter un homme lisant le journal au clair de la lune (? !), peint-il le papier en bleu (ton froid ), - obéissant instinctivement à la loi de Purkinje; seul un poète pour qui le monde extérieur n’existait pas (à l’exception des bouteilles), ose parler du « clocher jauni » par la lune. Pour donner l’impression du plein soleil, le peintre use de tons chauds, c’est-à-dire tirant sur le jaune.

Il semble donc que si le langage habituel nous fait appeler blanc des

VISION COLORÉE

lumières d une composition déterminée, nous devons conserver ce terme pour des lumières produisant suc les appareils récepteurs des sensations dans un rapport déterminé : ce qui n’est pas la même chose, en raison du phénomène de Purkinje.

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