Position des sensations fondamentales dans le planPQR
1° — Il s’agit de placer dans le plan PQR les points S4, S2, S3, figuratifs des sensations fondamentales. La seule condition théorique à laquelle ils doivent satisfaire, est d’être en dehors de la courbe sur laquelle se rangent les couleurs simples (fig. 200) : le triangle S422E3 contient en effet tputes les sensations possibles. Cette condition laisse évidemment place à la plus grande indétermination.
De ce que la courbe des couleurs simples ne se réduit pas à trois segments de droites, résulte que, où qu’on place les points S4, S2, S3, cet taines sensations sont possibles qui ne peuvent être obtenues par le mélange des couleurs. En effet leurs points figuratifs sont en dehors de tout polygone ayant des couleurs simples à ses sommets. '
Autie conséquence : si, par commodité, nous disons que les sensations fondamentales sont rouge , verte , et bleue , il n’en est pas moins vi ai que toutes les couleurs excitent simultanément les trois sensations, mais en proportions très différentes.
Toutefois comme les sensations colorées possibles ne différent qu exceptionnellement des sensations obtenues par l’addition de couleurs simples ou complexes, il est probable que le triangle S4E-2S3 ne diffère pas beaucoup, du triangle POR.
~ ^es couleurs qu'on ne peut produire immédiatement par la lumière extérieure , étant toutes plus éloignées du blanc que les couleurs spectrales, doivent être plus saturées : les couleurs spectrales qui sont pourtant les couleurs objectives les plus saturées que nous connaissions, doivent être un peu mélangées de blanc subjectif.
Si 1 on découvre un instant les yeux accommodés sur un objet lumineux et qu on les referme, on continue à percevoir une image dite accidentelle , qui peut être de grandes intensité et durée, si l’objet est très lumineux. Nous reviendrons plus loin sur les circonstances de ces phénomènes, nous les signalons ici parce qu’ils permeTtent d’obtenir des sensations plus saturées que celles engendrées par les couleurs spectrales puies. L expérience consiste à fatiguer l’œil par la vision prolongée d une couleur spectrale pure intense ; on projette alors limage accidentelle sur la couleur spectrale pure complémentaire; c est dire que, tenant 1 œil ouvert, on regarde un fond uniformément éclairé par la complémentaire.
Aux points fatigués de la rétine, on perçoit une couleur plus saturée qu’aux points de la rétine environnants. Donc les couleurs objectives les plus saturées (couleurs spectrales pures) ne produisent pas, dans 1 œil non fatigué, la sensation la plus saturée possible. Nous n’obtenons
VISION DES INTENSITÉS ET DES COULEURS
celte sensation qu’en rendant d’abord l’œil insensible à la couleur complémentaire.