‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 22 sur 392 · Théorie de Descartes-Plateau · texte numérisé non relu

Théorie de Descartes-Plateau

1° — La théorie de Descartes-Plateau explique l’irradiation par la sensation sympathique : 1 excitation intense d’un nerf provoque la sensation des nerfs voisins; la sensation se propage d’un élément rétinien aux éléments adjacents.

Helmholtz s élève contre cette théorie qui est au moins inutile. L’expérience journalière montre la possibilité de percevoir isolément les excitations très voisines. Quand on excite la peau en la piquant, on ne sent la douleur qu’en un point. Si la douleur locale est vive et per-

Pbysique. — H. Bouasse. 3

VISION DES FORMES

sistante, elle gagne les parties proches : mais alors faut-il parler de sensation sympathique on de lésion généralisée?

2° — Outre les arguments qu'on verra plus loin en faveur de la théorie de Képler (§ 20), Plateau énonce une proposition exacte mais qui est la condamnation de sa propre théorie : Deux irradiations voisines s affaiblissent mutuellement. C'est un autre énoncé du phénomène que nous étudions au paragraphe précédent.

Voici quelques expériences (fig. 28).

Sur un carton blanc, on peint en noir un triangle équilatéral. On l’éclaire fortement et on r(igarde en se plaçant à quelques mètres. Les

Fig. 28.

côtés se montrent courbes; ils présentent leur convexité à l’intérieur. Au milieu de chacun d’eux l’irradiation fait empiéter le blanc sur le noir, tandis que les sommets noirs maintiennent en leur voisinage une grisaille apparente.

La théorie de Plateau exigerait que les sommets fussent mangés.

On regarde la partie droite de la figure 28 en se plaçant à quelques mètres. La bande blanche du milieu paraît plus étroite que les deux autres. En effet, les bandes latérales s’élargissent au dépens du fond, ce que ne peut faire la centrale : c'est au contraire les lignes noires minces qui s’élargissent.

Helmholtz demande avec raison comment il se peut que les parties de la rétine qui se trouvent dans l’image d’une ligne noire et qui, d’après la théorie de Plateau, sont excitées des deux côtés, aient une excitation somme toute moindre que si elles ne l’étaient que d’un seul. La théorie de Plateau ne peut expliquer qu’on aperçoive un trait noir sur champ éclairé lorsque le trait est plus étroit que la largeur de l’irradiation; nous avons vu ($ 21) que la théorie de Képler s’applique fort bien à ce cas.

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