Lustres; lustre stéréoscopique. Effet de neige
On appelle surfaces lustrées les surfaces qui réfléchissent la lumière incidente et qui, d’autre part, diffusent comme les corps mats; chacun de leurs points envoie donc dans chaque direction deux faisceaux de lumière dont les intensités varient d’une manière très différente lorsque l’œil se déplace; de sorte qu’il est averti de l’existence de ces deux
IM A GE S A C CIDENTELLE S
faisceaux. Un chapeau haut de forme après un coup de fer présente une surface lustrée; de même une table polie et vernie.
Dans la vision binoculaire d’une surface lustrée, il arrive donc ordinairement que les deux yeux reçoivent, des mêmes points de la surface, des faisceaux d’intensités très différentes.
Cette circonstance devient la caractéristique des surfaces simultanément diffusantes et réfléchissantes.
Inversement supposons que les deux yeux reçoivent des faisceaux d’intensités très différentes : la sensation est interprétée comme le résultat de l’existence d’une surface lustrée. C’est le cas du lustre stéréoscopique.
On l’obtient quand, au stéréoscope, les deux images présentent les mêmes teintes, l’une claire, l’autre foncée,; en particulier quand l’une est blanche, l’autre noire.
L’image stéréoscopique miroite comme si elle était réfléchissante.
Le phénomène très curieux étonne la première fois qu’on l’observe.
L’importance théorique du lustre stéréoscopique est de montrer que nous avons conscience du rôle joué simultanément par les deux rétines et que la sensation binoculaire n’est pas l’addition pure et simple des sensations monoculaires. Mettre du noir devant un œil et du blanc devant l’autre n’équivaut pas à mettre du gris devant les deux.
Quand on regarde au stéréoscope des diapositives, on observe dans les blancs un lustre qui est connu sous le nom d’effet de neige. Il est dû comme le précédent à ce qu’on a conscience de l’existence de deux faisceaux lumineux; l’objet regardé envoie de la lumière et par transmission et par diffusion. Les grands blancs miroitent d’autant mieux qu’on éclaire au moyen d’un papier placé (naturellement au delà de l’épreuve diapositive) assez près pour qu’on en voie plus ou moins distinctement les particularités. Une route en plein soleil fait alors l’effet d’une rivière, ou paraît être recouverte de glace ou d’une neige miroitante.