‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 239 sur 392 · Expérience de Fechner · texte numérisé non relu

Expérience de Fechner

On regarde une surface blanche S.

Brusquement on obture l’un des yeux (l’œil droit par exemple) : la surface paraît un peu plus sombre. Du reste l’obscurcissement est très faible, si faible qu’il est insensible pour beaucoup d’observateurs.

On recouvre l’œil droit d’un verre gris; on recommence l’expérience. On obture l'œil droit : la surface paraît nettement plus claire.

Il existe évidemment un optimum pour le gris du verre employé : s’il

VISION DES INTENSITÉS ET DES COULEURS

est trop clair, nous venons de dire que le résultat change de signe; s’il est trop foncé, il importe peu que l’œil soit recouvert d’un obturateur supplémentaire. On recommande un verre laissant passer environ 5 p. 100 de la lumière incidente. On réalise au mieux l’expérience en plaçant devant l’œil le système de deux disques évidés noircis (fîg. 228) qu’on fait tourner; on modifie leur décalage jusqu’à diminuer la lumière incidente dans le rapport voulu (§ 164).

L’explication du phénomène est dans une erreur de jugement.

Le gris vu par l’œil droit nous paraît faire partie de la couleur de la surface S; quand nous le supprimons en recouvrant l’œil, il est naturel que la surface s’éclaire.

La preuve qu’il en est ainsi est dans le changement du résultat lorsque nous plaçons devant l’œil droit armé du verre gris, un papier cachant la surface. Quand on ouvre l’œil, le blanc de la surface S augmente un peu. C’est qu’alors la lumière vue par l’œil droit n’est plus localisée sur la surface S : l’erreur de jugement devient impossible.

Celte figure correspond à la page 332.

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