Remarques préliminaires
I Dans les chapitres par lesquels débute cette troisième partie, je poursuis deux buts : expliquer au lecteur les opérations générales de la photographie, lui enseigner les lois générales de la photochimie.
II ne s agit pour moi d en faire ni un artiste photographe, ni un technicien des procédés photographiques. Mais je l engag’e à répéter les expériences fondamentales, à acquérir ce minimum de doigté dont l’absence est une gêne dans une infinité de cas, en particulier dans les laboratoires.
2°—' Le physicien n’a pas les préoccupations du chimiste; il s’inquiète médiocrement du detail des réactions. Les formules perdent pour lui une bonne part de leur intérêt; elles ne lui servent qu’à fixer les idées et à classer les réactions en groupes généraux. A travers leur détail, il cherche la loi qu’il soupçonne être la même dans tous les cas. Il veut savoir suivant quels processus fondamentaux les actions photochimiques se produisent, et non pas comment on appelle les corps qui en résultent. Assurément il ne méprisé pas lè rôle du chimiste; mais il trouve qu’en divisant le travail, on est mieux à même de le parfaire.
D autant que la besogne du chimiste est rendue difficile par la petitesse des masses sur lesquelles on opère et le nombre des corps qui interviennent. Ce n est pas le moindre enseignement que donne la photographie, de forcer a réfléchir sur 1 extreme division de la matière et sur l’admirable sensibilité des réactions.
3° — Me plaçant au point de vue de l’éducation générale, je me garderai d’insister sur des recettes qui peut-être fournissent des résultats plus parfaits, mais qui apportent dans un sujet simple une complication fort inutile. En feuilletant les traités de photographie (ils sont légion), on est ahuri de voir successivement recommander des teneurs qui varient de 1 à 10. Le débutant s effare, au lieu de conclure que la richesse des solutions n a guère d importance et qu’il n’y a pas à se gêner.
Par exemple, on conseille de développer les épreuves au charbon dans de l’eau tiède dont la température varie, suivant les auteurs, de 33° à 55°. Conclusion : sans prendre autre chose qu’un thermomètre de douze sous, développez dans de l’eau qui ne soit pas trop chaude.
Même remarque pour des opérations non essentielles. Le débutant ne manque pas après développement d’aluner ses plaques au gélatinobromure et de les clarifier à l’acide citrique. Si les brochures sur la photographie ne contenaient que l’essentiel, elles se réduiraient à une douzaine de brochures de quelques pages. Pour les remplir, il faut bien indiquer des opérations inutiles quand on ne cherche pas des résultats exceptionnels.
Le lecteur initié ne s’étonnera donc pas des lacunes voulues. Le débutant trouvera les opérations si simples qu’il aura la curiosité de les essayer; il réussira sans peine, non certes à créer des chefs-d’œuvre, mais à acquérir une idée précise des manipulations photographiques, en même temps qu’un outil nécessaire au physicien.