Ligament noir
1 0 — On sait de quelle importance astronomique est en théorie le passage de Vénus sur le Soleil; cependant il n’a jamais donné que des résultats médiocres, en raison de la difficulté de déterminer avec précision l'instant des contacts.
La planète apparaît en noir sur le disque solaire; il s’agit de déterminer l’heure où son contour est tangent intérieurement au contour solaire (figure schématique 29, en haut).
Une goutte noire apparaît entre la planète et le bord du Soleil au moment du premier contact interne, un ligament obscur avant le deuxième contact. On les attribue à l'irradiation.
Suivant cette théorie, la lumière solaire empiète sur le disque de la planète et déborde extérieurement, de sorte que ses limites sont non pas les circonférences en trait plein, mais les circonférences en traits interrompus (fig. 29, à droite). Au moment où le contact réel s’effectue, l’irradiation cesse de se produire aux points de contact; d’où la brusque
VISION MONOCULAIRE
disparition ou la brusque production du ligament, suivant qu’il s’agit du premier contact interne ou du second (position 1 et 2 dans la figure 29, en haut).
Si le phénomène est indépendant des instruments utilisés, il devient le meilleur soutien de la théorie de Plateau. Wolf et André ont montré
que sa manifestation dépend de l’instrument : l’instant de l’apparition du ligament noir n’est pas celui du contact réel des bords des deux astres.
2° — André et Wolf utilisent l’appareil suivant.
Le chariot d une machine à diviser porte un disque D figurant la planète. Il se meut devant un papier calque fortement éclairé par un réflecteur parabolique au foyer duquel est une lampe modérateur : cette aire lumineuse A figure la partie du disque solaire voisine du bord.
Le fond obscur du ciel est représenté par l’écran E.
On regarde de loin avec une lunette. L’expérience consiste à déplacer lentement le disque et à l’arrêter au moment du contact apparent; on détermine l’écart de la position ainsi déterminée avec la position de contact réel (indiquée par un contact électrique).
Voici les conclusions du mémoire.
Ln instrument bien dépouillé d’aberrations et de 20 centimètres d ouverture au moins, permet, par temps calme, d’apprécier le contact sans erreur sensible. L’erreur augmente vite quand l’ouverture diminue.
L aberration assombrit le filet lumineux qui sépare le disque de 1 écran; son effet agit en sens inverse de l’ouverture.
Le grossissement de l’oculaire a une influence négligeable.
VISION DES FORMES
Ainsi le phénomène qu’on attribuait à l’irradiation, a une tout autre cause. Le ligament noir est introduit par les défauts de l’objectif et par l’insuffisance dTrTouverture.
Champ visuel monoculaire.