Obtention de l’émulsion
1° — Réaction in vitro.
On sait que pour reconnaître les solutions des bromures on y verse une solution d’azotate d’argent. On obtient du bromure d’argent par double décomposition.
Avec le bromure de potassium, on a la réaction :
Az03Ag -f- KBr == Az03K -f- AgBr.
On obtient ainsi un produit blanc jaunâtre, floconneux, insoluble dans l’eau, peu soluble dans l’ammoniaque, très soluble dans l’hyposulfi te de sodium ou le cyanure de potassium.
Abandonné à la lumière, il noircit peu à peu.
On vérifiera que 170 grammes (une molécule) d’azotate d’argent exigent
119 giammes de bromure de potassium, 98 grammes de bromure d’ammonium.
On augmente la sensibilité du bromure pour la lumière, en le mûrissant c’est-à-dire en transformant le précipité floconneux, en un produit granulaire. Les grains grossissent de quelques microns à 20 ou 40, quand on traite les flocons par l’eau chaude; la transformation est d’autant plus rapide que l’eau est plus chaude : à l’ébullition elle ne demande qu’une vingtaine de minutes.
2° — Emulsion.
Le bromure d’argent est employé en émulsion dans la gélatine. Nous revenons plus loin (§ 311) sur les propriétés de ce corps. Il nous suflira pour l’instant de savoir qu’il est soluble dans l’eau chaude ; par refroidissement les solutions contenant plus de deux ou trois centièmes se prennent en gelée. La gelée se dessèche par évaporation de l’eau et finit par donner un corps dur et cassant. Inversement la gélatine s’imbibe dans l’eau froide sans se dissoudre en quantité notable.
Voici comment on obtient l’émulsion de gélatinobromure : je schématise un peu le procédé.
Physique. — H. Bouasse. '/ 23
On prépare les solutions suivantes dans de l’eau à 50°.
Eau distillée
300 gr.
Bromure d’ammonium
18 gr.
Azotate d’argent 27 gr.
Gélatine 12 gr.
Eau distillée 150 gr.
On éclaire à la lumière rouge; on mélange les solutions ; le bromure se forme.
On chauffe 20 minutes à l’ébullition pour grossir les grains.
On ramène à 50°, on dissout 25 grammes de gélatine pour épaissir la solution. On verse dans une cuvette; l’émulsion se prend en gelée par refroidissement.
On divise la gelée avec une passoire faite d’un noueb.de canevas; on lave à l’eau froide les filaments obtenus pour chasser les sels solubles en excès. On égoutte.
Dans cet état, il est bon de laisser l’émulsion se ‘reposer une huitaine.
Pour l’utiliser, on la fond au bain-marie dans une espèce de cafetière. On l’étend sur des plaques de verre bien nettoyées et placées horizontalement. Elle prend par refroidissement. On dessèche les couches obtenues en mettant les plaques dans un séchoir que parcourt un courant d’air sec à la température ordinaire; on produit le tirage au moyen d’une lampe ou d’un bec de gaz placé à la partie supérieure du séchoir.
Les couches, telles qu’on les trouve dans le commerce, sont opaques et jaunâtres.
J'indique ces opérations pour fixer les idées. Mais il est préférable d’acheter les plaques toutes préparées; on en trouve ayant suivant l’étiquette des propriétés très diverses et pratiquement toujours les mêmes.